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Fait divers
Veau mutilé à Chaniat, un éleveur en détresse

Samedi matin, un veau a été retrouvé mort et mutilé sur une parcelle de la commune de Chaniat. Un véritable choc pour l’éleveur ! ATTENTION : image choquante

veau mutilé

Samedi 5 décembre en début de matinée, François Rouy, éleveur allaitant installé en individuel à St Hilaire, se rend sur l’une de ses pâtures située à une vingtaine de kilomètres, à Lentre sur la commune de Chaniat. Et ce jour-là, c’est une vision d’horreur qu’il a dû affronter... «J’ai d’abord entendu une vache qui meuglait, elle appelait son veau. J’ai tout de suite pensé que son veau de 3 jours à peine était passé par dessous la clôture. Ce sont des choses qui arrivent lorsqu’ils n’ont que quelques jours». Effectivement, le veau était bien dans le fossé mais sans vie et de surcroît mutilé.  «L’oreille du veau avait été sectionnée comme ses organes génitaux et sa langue. Au début j’ai pensé à un chien errant et puis lorsque j’ai vu les boyaux intacts non déchiquetés, j’ai compris que c’était l’œuvre d’une lame tranchante ! J’ai appelé mon collègue agriculteur dont le bâtiment se situe à proximité qui a confirmé ce que je pensais. Ensuite j’ai contacté la gendarmerie».
Sur demande de la gendarmerie, François Rouy a d’abord envoyé les photos du veau, avant de voir débarquer sur les lieux une brigade, en compagnie de vétérinaires et de la criminelle.  «Sur place, la criminelle a confirmé que ces actes de cruauté n’était pas l’œuvre d’un animal. Des prélèvements ont été faits sur le veau et l’enquête a démarré» ajoute-t-il.

« C’est plus qu’inhumain »

«On n’élève pas des animaux pour qu’ils finissent ainsi ! C’est plus qu’inhumain. Ces personnes ne tuent même pas pour se nourrir...» lance l’éleveur en détresse. Après une attaque pareille, «c’est stressant. Je ne dors pas bien. Et puis, ces gens-là pourraient même me menacer personnellement» indique-t-il avec abattement.
François Rouy regrette que, depuis les premiers cas de mutilation constatés en France, l’enquête s’enlise. «Les éleveurs s’organisent, font des rondes sur leurs parcelles. Et dans nos campagnes, cela risque de mal finir. Je redoute des débordements. Depuis, mon voisin surveille un peu ma parcelle mais on ne va tout de même pas travailler jour et nuit, ni même embaucher des vigiles pour éviter ce genre d’horreurs !». Selon lui, «cela dure depuis trop longtemps à présent. Les gendarmes n’ont que des moyens limités et les malfaiteurs ont un coup d’avance sur eux. Et puis, c’est à l’État français de protéger nos animaux».
Si une cellule spécifique a été créée au niveau national par la direction générale de la gendarmerie nationale, l’éleveur, qui a porté plainte le 7 décembre dernier, regrette de ne pouvoir bénéficier d’un soutien psychologique spécifique. «On mutile des animaux et après on va parler de bien-être animal. C’est honteux !». L’éleveur espère que l’enquête permettra de confondre les auteurs de ces actes d’une rare cruauté.

 

Il a dit...
Thierry Cubizolles, président de la FDSEA

«C’est le deuxième cas de mutilation que nous constatons en Haute-Loire. Le mode opératoire est très surprenant et difficile à expliquer. Jamais on aurait penser que cela puisse arriver dans nos villages tranquilles et jusqu’alors préservés de certaines formes de violence. On espère à présent que l’enquête en cours sur Chaniat aboutira. Dans ce contexte, j’appelle à la vigilance de tous, des agriculteurs et de leur voisinage. Si vous êtes témoin de mouvements suspects la nuit comme le jour autour de pâtures ou de bâtiments, n’hésitez pas à contacter les services de la gendarmerie. On connait les vols dans les exploitations, désormais on est concernés par les attaques d’animaux ! Même si la majorité des cheptels vont entrer dans les bâtiments en cette période hivernale, certains sont élevés en extérieur durant toute l’année. Les éleveurs qui conduisent leur cheptel en plein air doivent redoubler de vigilance et devraient peut-être envisager de s’équiper de caméras, à l’image des détenteurs d’équidés.»                     

 

 

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