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Besnoitiose
Une maladie qui gagne du terrain : il faut agir contre la besnoitiose !

Inquiet de l’aggravation de la situation vis-à-vis de la besnoitiose en Haute-Loire, le Groupement de Défense Sanitaire veut agir pour protéger les élevages.

Répartition des foyers besnoitiose en elevage laitier (dépistage janvier 2021)

La besnoitiose est de plus en plus présente dans les élevages bovins de Haute-Loire aussi bien laitiers qu’allaitants. Certes, les éleveurs et les vétérinaires la repèrent plus facilement aujourd’hui qu’il y a quelques années, mais le nombre de cas augmente indéniablement. La preuve en est la hausse du nombre de plans d’assainissement mis en place par le Groupement de Défense Sanitaire suite à des cas cliniques ou des résultats positifs.
Cette maladie (voir descriptif en page 11), jusqu’ici concentrée dans les Pyrénées, les Alpes du sud, le sud du Massif-Central, semble avoir gagné du terrain. La principale explication réside dans l’introduction d’animaux infectés au moment d’achats. Une fois installée dans un élevage (la maladie se transmet d’animal infecté à animal sain par piqûre d’insecte : taons principalement mais aussi mouches des étables), la transmission aux cheptels voisins peut se faire au moment du pâturage notamment si les animaux pâturent " côte à côte ". La contamination entre troupeaux est néanmoins minime lorsque l’on garde une distance de 5 à 10 m entre les cheptels au pré.
Ce constat inquiète les responsables du GDS qui ne veulent pas laisser faire et veulent agir tant qu’il en est encore temps. En effet, même si les éleveurs sont déjà mis à contribution actuellement pour la lutte contre la BVD, la besnoitiose n’attend pas pour progresser.

Une stratégie de lutte en trois points

1- Maîtriser les achats d’animaux
Comme pour beaucoup de maladies animales, les achats constituent la principale voie d’introduction de la besnoitiose dans les élevages. Depuis 2017, le GDS propose aux éleveurs le " kit intro " qui permet  de tester en plus des maladies à lutte obligatoire (IBR, BVD), la besnoitiose, la paratuberculose et la néosporose.
Ce " kit " d’analyse a été négocié par le GDS pour les éleveurs à 30.5 €HT / animal (contre 18.5 €HT pour analyser seulement l’IBR et la BVD).
Aujourd’hui, seulement 30 % des animaux achetés sont testés avec ce kit. Et les résultats ne sont pas bons. Sur 100 animaux achetés actuellement, 3 sont positifs à la besnoitiose. Depuis des années, le GDS avertit par courrier les éleveurs qui ont des résultats d’achat positifs (pour la besnoitiose mais aussi pour les autres maladies). Depuis un mois, en plus du courrier, l’éleveur est contacté par un technicien du GDS en cas d’introduction d’animaux positifs pour gérer ces situations.
Le conseil d’administration du GDS a donc décidé, pour protéger les cheptels, de rendre obligatoire la réalisation du " Kit intro " sur les animaux achetés de plus de 6 mois. Cette mesure est en cours de préparation et sera certainement applicable au début de l’été 2021. Ce kit intro obligatoire ne concernera pas dans un premier temps les mises en pension.
Le GDS est en cours de discussion avec le laboratoire Terana pour baisser encore le prix de ce kit intro.
Enfin, les responsables d’estives collectives sont aussi sollicités en ce moment pour adapter les règlements sanitaires d’estive pour mieux gérer le risque de transmission de la besnoitiose.

2- Organiser la surveillance des troupeaux
Il faut préciser que les outils de surveillance de cette maladie (analyse sérologique ou PCR) sont très récents. Depuis un an, un kit d’analyse sur lait de grand mélange est disponible. Cette analyse permet de réaliser à moindre frais un premier repérage des cheptels laitiers infectés.
Inquiet de la situation qui se dégrade, le conseil d’administration du GDS a décidé de réaliser et de financer, dans les élevages laitiers adhérents, une analyse lait de tank besnoitiose. Les résultats sont connus depuis fin janvier 2021 et 60 élevages sur 1 250 élevages laitiers sont positifs (voir carte de répartition des foyers). Tous les éleveurs avec un résultat positif ont été contactés par un technicien du GDS (voir paragraphe sur l’assainissement). Les éleveurs avec un résultat négatif ont aussi été prévenus par sms, mail ou courrier.
Cette surveillance de lait sera poursuivie tous les 6 mois.
Le GDS souhaite organiser la même surveillance sur les cheptels allaitants. Une analyse de mélange de sang est en cours de validation et sera, on l’espère, disponible pour 2021-2022. Aujourd’hui, l’analyse est individuelle, ce qui engendre des frais d’analyse important malgré les accords tarifaires que le GDS négocie avec le laboratoire Terana (6 €HT/animal). L’analyse de mélange permettra de réduire le coût d’une surveillance.
Il est difficile d’estimer la proportion de troupeaux allaitants positifs mais elle sera au moins égale à celle dans les élevages laitiers (4 % de cheptels positifs).

3- Assainir les troupeaux infectés
Dans les cheptels infectés (laitiers avec analyse positive ou élevage avec signes cliniques confirmés par une analyse), les techniciens du GDS contactent les éleveurs et leur proposent un accompagnement technique. Le plan d’assainissement est volontaire. L’objectif est de discuter avec chaque éleveur, en lien avec son vétérinaire, de la possibilité d’assainir leur troupeau. Malheureusement, il n’y a ni vaccination, ni traitement possible des animaux infectés.
Le plan d’assainissement s’appuie donc sur la gestion de lots d’animaux positifs (possible en allaitant), un calendrier de réforme des infectés (plus ou moins long en fonction du nombre de bovins atteints)… Dans les cas extrêmes, le GDS propose aussi la réalisation de biopsies de peau sur les animaux positifs permettant de détecter les plus contaminants et à réformer en priorité. Cette analyse a été mise au point très récemment suite à une expérimentation menée par les GDS et l’école vétérinaire de Toulouse.
Si l’éleveur adhérent s’engage dans un plan d’assainissement, le GDS Haute-Loire finance les frais de prélèvement à 100 %, les frais d’analyse à 50 %. Une aide à la réforme des animaux positifs de 100 € provenant du fonds de solidarité national peut être attribuée si les délais de réforme sont respectés.

Qu’est-ce que la besnoitiose ?

La besnoitiose bovine est une maladie spécifique des bovins, émergente en France et en Europe. Elle est due à un protozoaire parasite, Besnoitia besnoiti, qui se transmet de bovin infecté à bovin sain via notamment des insectes hématophages comme les taons ou les stomoxes.
L’infection par ce parasite conduit le plus souvent à une forme asymptomatique. Cependant, chez une petite proportion des sujets atteints, des signes cliniques apparaissent.
Comment la maladie se transmet et se propage-t-elle ?
Cette maladie se transmet essentiellement par voie sanguine (mouches du bétail, taons, seringues…). Elle n’est pas transmissible à l’homme.
Du fait de la transmission par les insectes hématophages, c’est une maladie plutôt saisonnière, sévissant à la belle saison. Plus de 80 % des cas cliniques sont identifiés entre juin et septembre. De nombreux bovins touchés par la besnoitiose parviennent à maitriser l’infection par réaction immunitaire et deviennent alors porteurs latents sans en exprimer les symptômes. Ceux qui ne maitrisent pas l’infection vont développer la maladie dans des délais très variables, allant de 15 jours à plusieurs mois voire plusieurs années.
Un syndrome fébrile type grippal, suivi d’œdèmes et de sclérodermie terminale
Après une incubation de 6 à 10 jours, trois phases se succèdent :
. Phase fébrile, 3 à 10 jours : très forte fièvre (40 à 42°c). Le bovin malade est très essoufflé, a les yeux et le nez qui coulent. On peut la confondre avec une grippe.
. Phase des œdèmes, 1 à 2 semaines : la fièvre disparaît mais des œdèmes apparaissent : yeux gonflés, testicules ou mamelles enflés, peau chaude, douloureuse, démarche raide.
. Phase de sclérodermie : l’œdème disparaît progressivement, la peau dans les régions atteintes s’épaissit, se plisse et se cartonne. Les poils tombent. Les animaux atteints présentent des difficultés pour se déplacer, s’amaigrissent progressivement. Cette phase chronique peut amener à la cachexie et à la mort de l’animal.
Cela entraîne la stérilité totale de 2/3 des taureaux, une chute de la production laitière et peut même provoquer la mort dans les cas les plus graves. Les jeunes bovins entre 2 et 4 ans sont les plus sensibles et la clinique est plus sévère sur les mâles, chez qui la mortalité peut atteindre 10 %.
Une lutte difficile contre la maladie
Le contrôle de cette maladie parasitaire dans un élevage infecté est difficile car il n’existe pas de traitement satisfaisant pouvant blanchir l’animal. De fortes doses d’anti-infectieux (type sulfamides) en tout début de maladie permettent de limiter les symptômes. Mais, même après traitement, l’animal reste une source de contamination pour le troupeau. Il faudra le réformer.
Il n’y a pas de vaccin enregistré en Europe.
La seule action préventive réalisable est la lutte contre les insectes piqueurs avec des produits à pulvériser ou à verser sur le dos. Cependant, on se heurte de plus en plus à la résistance de ceux-ci aux molécules insecticides.
Pour les élevages sains, il faut impérativement contrôler les introductions afin de ne pas acheter un animal porteur.

 

 

 

 

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