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Chambre d'Agriculture
Une conjoncture plombée par l'explosion des charges

Chambre d'agriculture 43 Le tour des questions d'actualité et les conséquences de la réforme de la PAC 2023-2027 sur les exploitations de Haute-Loire, au cœur de la session du 24 septembre.

Session Chambre agriculture sept 2021

Réunie en session le 24 septembre, la Chambre d'agriculture de Haute-Loire a passé en revue les grands sujets de l'actualité agricole avant d'évoquer le thème central du jour : la réforme de la PAC 2023-2027 (voir ci-dessous). "2021 a été une année correcte en quantité de fourrage. C'est une charge morale en moins pour nos exploitants car il y a du stock dans les exploitations. Une bonne année pour la récolte de maïs s'annonce aussi. Alors certes, les agriculteurs ont dû jongler pour récolter cet
été ; d'ailleurs ils n'ont pas hésité à travailler les nuits, les dimanches... Ceci montre toute la résilience et la capacité à s'adapter des agriculteurs" a indiqué Yannick Fialip, président de la Chambre d'agriculture.

Des prix qui n’augmentent pas et des charges qui explosent

La conjoncture a également été marquée par une année difficile pour la Lentille Verte du Puy avec une production et des rendements qui n'ont pas été à la hauteur des espérances. "C'est une vraie inquiétude et nos industries agro-alimentaires ont des difficultés à fournir le marché".

Si les prix des produits agricoles restent globalement stables, certaines productions souffrent plus que d'autres, c'est le cas de la viande bovine et du porc. Dans le même temps, les exploitations font face à une explosion de leurs charges (hausse du prix des matériaux, du coût de l'énergie, des aliments,...).
Yannick Fialip redoute que les revenus soient en berne. Pour aider les exploitations agricoles à sortir la tête de l'eau, il a annoncé l'ouverture de formations en vue de contenir les charges. Une thématique qui montre à quel point "l'autosuffisance alimentaire reste un sujet primordial" souligne le président Fialip.
Le président de la Chambre régionale d'agriculture, Gilbert Guignand a fait part de son inquiétude concernant les filières longues en agriculture biologique (lait, œufs...) qui voient leur prix baisser. "On a fait face à une injonction de produire en bio de la part des politiques et aujourd'hui, il semble que nous ayons atteint un seuil en termes de consommation de produits biologiques. Si l'on perd l'écart de prix entre un produit bio et conventionnel, cela ne sera plus intéressant de produire en bio. Et augmenter les aides, ce n'est pas la solution !". "Le bio est passé de mode. On est à présent passé au consommer local, qui lui-même passera de mode aussi ! Il faut être conscient que l'adaptation des exploitations devra être permanente et beaucoup plus rapide qu'auparavant" a souligné Gilbert Bros ancien président de la Chambre d'agriculture.

Accompagner les agriculteurs

Alors que le changement climatique se fait sentir dans le quotidien des exploitations de notre département, la Chambre d'agriculture propose un accompagnement spécifique pour adapter les systèmes de production tout en optimisant les revenus ; ainsi les agriculteurs installés depuis moins de 5 ans peuvent suivre la formation "Bon diagnostic carbone" qui permet entre autres d'accéder au marché du carbone pour la vente de crédits. "Notre agriculture est plutôt excédentaire en carbone, il y a un véritable marché dans ce domaine-là" a indiqué Yannick Fialip. 20 agriculteurs volontaires sont recherchés pour participer à cette formation.
En 2022, la Chambre d'agriculture proposera, en partenariat avec Cerfrance Haute-Loire, la formation certifiante Certicréa pour les porteurs de projets d'entreprises agricoles et ainsi mettre toutes les chances de réussite de leur côté.
La session a ensuite détaillé la mise en oeuvre du Conseil Stratégique Phyto (CSP), qui découle de la séparation de la vente et du conseil (en vigueur depuis le 1er janvier 2021), et la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) qui donne lieu à des formations collectives (niv 1) ou à un accompagnement individuel (niv 3).

 

PAC 2023-2027 et ses conséquences sur les exploitations de Haute-Loire

En fin de session, les élus de la Chambre d’agriculture se sont penchés sur l’impact de la future PAC 2023-2027 sur les exploitations du département avant d’entrevoir les premières pistes d’adaptation possibles.
«En 2018, nous étions déjà inquiets pour cette future PAC qui prévoyait une baisse de budget des deux piliers. Entre temps, le syndicalisme et les chambres d’agriculture se sont mobilisés pour qu’il n’y ait pas de baisse de budget ; ce que l’on a obtenu... Dans le cadre du plan de relance, on a même eu une petite hausse sur le second pilier. Cette PAC, on a voulu la garder avant tout économique. La PAC donne de la durabilité et de la visibilité aux exploitants. Elle sert de stabilisateur de revenus. On s’est également fixé comme objectif de contenir la volonté de verdir la PAC, un objectif en partie atteint... même si au niveau européen on entend des voix en faveur d’une politique agricole beaucoup plus verte jusqu’à proposer des schémas qui visent à perdre la souveraineté alimentaire !» a indiqué Yannick Fialip qui ajoute un point important pour la Haute-Loire : le maintien d’un second pilier fort avec un budget stable pour l’ICHN.
Claire Raynal, de la Chambre régionale Aura, a ensuite pris la parole pour présenter les principaux axes de la PAC. En termes de calendrier, l’intervenante a signalé l’activation des mesures PAC en 2023 ; 2022 correspondant à une année de finalisation et d’adaptation des administrations.
À partir d’un certain nombre d’hypothèses retenues sur la future PAC, 3 ingénieurs références.  Chambre d’agriculture (Claude Roche, Fabrice Vassort, Philippe Halter) ont présenté des simulations, à partir de cas-types.
Objectif : mesurer l’impact de la réforme sur les revenus des exploitants en filière bovin lait, bovin viande et ovin viande et tracer quelques voies d’adaptation. Au bilan, les simulations révèlent que le niveau des aides PAC devrait être maintenu ; la baisse des aides couplées animales devrait dans l’ensemble être compensée par la hausse des aides découplées.
Les ingénieurs ont testé plusieurs solutions pour lesquelles les agriculteurs pourraient opter en vue d’optimiser leur revenu et les aides PAC ; semer des légumineuses fourragères devrait par exemple permettre de «gagner en autonomie, optimiser la PAC, adapter ses pratiques face au changement climatique, être plus résilient et maintenir voire améliorer l’efficacité économique du système». En système laitier, substituer des UGB femelles par des UGB mâles (cas d’un Gaec spécialisé en lait) ne présenterait pas un intérêt marqué. En bovin viande, la date d’extraction des effectifs primables au 1er janvier plutôt qu’au 15 mai aurait peu d’effet sur les aides PAC dans les systèmes étudiés, mais une date plus tardive pourrait être plus favorable...  Quant aux élevages de veaux sous la mère utilisant des races laitières (primées jusqu’alors en allaitant et en laitier à l’avenir), ils risquent de constater un manque à gagner parfois conséquent.
Les autres pistes soulevées consistent à développer l’engraissement (de génisses en système broutards, de bœufs en système génisses Fin Gras du Mézenc, de taurillons en système génisse limousines «Lyon» ou encore alourdir les taurillons en système taurillons et génisses limousines «Lyon»). Des pistes qui semblent plus ou moins intéressantes selon les types d’exploitations et la valorisation des animaux.
 
 
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