Aller au contenu principal

Se former et se remettre en cause : les clés…

Le Gaec des Saules à Vieille-Brioude, converti à l’agriculture biologique, a ouvert ses portes jeudi 31 octobre, en lien avec la Chambre d’agriculture, pour parler techniques culturales et d’élevage.

La présentation de l’exploitation et de son système de production s’est fait par ateliers.

■Le Gaec des Saules s’est converti à l’agriculture biologique à partir d’octobre 2015 pour les surfaces et d’avril 2017 pour les animaux, une conversion en non simultané. Depuis qu’ils ont fait le pas dans la démarche, les 3 associés, Gérard Chantel et son épouse Anne-Marie, et Aurélie Nicolas leur fille, sont en perpétuel questionnement pour optimiser leurs productions. Pour Gérard, la conversion «c’est une remise en cause sur la totalité de l’exploitation».  Jeudi 31 octobre, ils ont donc ouvert leur ferme dans le cadre de Innov’Action, opération de communication auprès des agriculteurs et agricultrices autour de la technique et des pratiques.
À Vieille-Brioude, sur les terres de la famille Chantel, ils étaient une soixantaine d’agriculteurs venus de tout le département, à participer aux différents ateliers proposés et animés par les techniciens de la Chambre d’Agriculture et les associés du Gaec. Ainsi, par petits groupes, les participants pouvaient s’informer sur les pratiques du Gaec sur la production animale, un troupeau d’une soixantaine de vaches laitières montbéliardes en 2019 (74 en 2018) et leur renouvellement, avec un focus sur la production laitière. Dans un champ après un maïs ensilage, un autre atelier s’intéressait aux pratiques culturales avec les expériences, les questionnements et les objectifs des exploitants. Et enfin, les techniciennes Bio répondaient à toutes les questions sur l’agriculture biologique et la phase de conversion, à qui était intéressé.
«Rien n’est jamais acquis…»
Au fil des échanges, on retiendra qu’en agriculture biologique, et en agriculture tout court, «rien n’est jamais acquis» comme le souligne Gérard Chantel. S’il est parti en bio, c’est au départ suite à une réflexion conduite à partir de 2008 au sein de son entreprise laitière de collecte Sodiaal dans laquelle il est administrateur. L’entreprise recherchait alors du lait bio. Convaincu de l’intérêt à aller dans cette voie, il fait le pas encouragé par l’entrée de sa fille au sein du Gaec. Leur décision prise, les associés ont multiplié les formations pour adapter au mieux leur système. «En 5 ans, ma fille et moi avons dû suivre au minimum 40 jours de formation…» lance Gérard, persuadé qu’il faut en passer par là car «il faut être de plus en plus technique». Aurélie s’est orientée vers l’élevage en cherchant à privilégier le préventif et l’immunité des animaux dès la naissance. 
Gérard lui, va s’intéresser aux cultures avec pour objectif de viser l’autonomie de l’exploitation. «Le bio, c’est 0 engrais, 0 phyto, et des concentré bio plus cher qu’en conventionnelle…» souligne gérard, c’est pourquoi, les agriculteurs ont revu leurs rotations et leurs techniques culturales.
Pour exemple, ils ont quasi supprimé le labour et n’en font plus que tous les 6/7 ans pour casser les prairies, alors qu’avant ils labouraient tous les ans. Ils ont réduit les surfaces en maïs et ont tenté un mélange avec du lablab (sorte de haricot) qui permet de diminuer les besoins en eau. Si l’exploitation irrigue, Gérard Chantel a constaté une économie d’eau de 50% avec ces nouvelles orientations. Il pense même supprimer le maïs dans quelques années. Sur l’exploitation, le chargement est passé de 1,3 à 1 UGB/ha… De formation en formation, d’essais en expérimentations, les associés se remettent régulièrement en cause trouver les meilleures solutions en tenant compte des réalités climatiques, des sols, des besoins du troupeau… 
Côté production, cette année, ils ont choisi de décapitaliser pour mieux faire face à la sécheresse, et souhaitent à terme, un effectif moyen de 50 à 60 laitières. La production moyenne par vache est passée de 7 500 l en conventionnelle à 6 000 l aujourd’hui. Ils produisent 400 000 litres de lait (600 000 l auparavant)  ; du lait valorisé à 474 €/tonne en moyenne.
Journée d’échanges
Lors de cette journée Innov’Action, les participants ont pu échanger avec les associés du Gaec et avec les techniciens spécialisés de la Chambre d’agriculture pour avoir un éclairage sur nombre de points techniques. Les questions étaient nombreuses et variées tant sur les méthodes culturales, que sur l’atelier laitier. Mais chacun a tenu à souligner qu’une conversion à l’agriculture biologique, «ça se prépare, ça s’anticipe…» et qu’il faut constamment se former et s’informer pour faire évoluer et adapter son exploitation. Et c’est cela qui semble intéresser encore et toujours les associés du Gaec des Saules toujours en recherche d’innovations techniques.

Questions à… Yannick Fialip

«Il n’y a pas qu’un modèle d’agriculture»


Quel est l’objectif d’Innov’Action ?
Yannick Fialip, Président de la Chambre d’Agriculture de Haute-Loire : C’est un moment d’échanges entre agriculteurs sur les pratiques agricoles un peu novatrices. Ces dernières années, nous avons mis en avant la robotisation sur une exploitation à St Géron, la méthanisation à Tence, les innovations en production ovine au Monastier… Et cette année, nous avons choisi l’agriculture biologique.
Que souhaitez-vous mettre en avant à travers l’exemple de cette exploitation ?
Y.F. : Sur cette exploitation en bio depuis 2 ans, nous voulons mettre en avant les pratiques des exploitants sur les cultures et sur l’élevage, pour sortir un revenu. Nous voulons aussi montrer les passerelles qui existent entre agricultures biologique et conventionnelle. Il n’y a pas qu’un modèle d’agriculture. L’agricuture est de plus en plus diversifiée, y compris dans les systèmes en bio.
Quel est donc le rôle de la Chambre d’Agriculture ?
Y.F. : La Chambre réalise les analyses techniques et le suivi des systèmes d’exploitations. Elle apporte aussi une expertise écionomique tout en tenant compte des souhaits et des envies des exploitants. Elle a un rôle de conseil.  
Propos recueillis par S. Marion

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout La Haute-Loire Paysanne.

Les plus lus

François Terrier jeune agent de remplacement avant de s'installer en Gaec au Mas de Tence
Agent de Remplacement avant de s'installer
Dans le cadre de son stage d'installation, François Terrier a choisi d'être agent de remplacement au Service de Remplacement de…
Pink Lady du Gaec de Berthouzis à Lapte remporte les titres de Championne Espoir et Meilleure Mamelle Espoir au Sommet 2021.
Des éleveurs altiligériens fiers des performances de leurs laitières au Sommet
Peu nombreuses, les 6 prim'holstein de Haute-Loire n'ont pas démérité à l'image de Pink Lady du Gaec de Berthouzis Championne…
Rencontre entre les représentants de l’État et les agriculteurs sur le Gaec du Bois Redon.
Échanges constructifs entre les agriculteurs et le Préfet sur le Gaec du Bois Redon
Le Préfet de Haute-Loire Éric Étienne était en visite le 12 octobre à Saint Beauzire sur le Gaec du Bois Redon. Au menu des…
Entreprise Sabarot
Sabarot dresse un bilan catastrophique pour les lentilles de France
Sabarot fait le point avec ses agriculteurs partenaires, sur les récoltes de lentilles françaises. Les inquiétudes du début d’été…
Nathalie Grégoire est vice-présidente du syndicat départemental aubrac. Elle vient de suivre une formation pour être juge de concours.
L’Aubrac, tête d’affiche du Sommet de l’élevage
Aubrac La race Aubrac retrouve avec impatience et grand plaisir le Sommet de l’Élevage et les grands espaces du Zénith d'Auvergne…
Isabelle Merlin et Ludovic Alvergnas avec leur saucisse sèche primée d'une médaille d'argent.
Une médaille d’argent pour le Gaec Lou’Vergnas
À Laussonne, dans le village du Montet, Ludovic Alvergnas et Isabelle Merlin élèvent des bovins viande et des porcs, et assurent…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site de la Haute-Loire Paysanne
Consultez les revues de la Haute-Loire Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la Haute-Loire Paysanne