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Sanitaire : Mieux diagnostiquer les avortements chez les petits ruminants, c’est essentiel

Un protocole de prélèvement et d’analyse standardisé a été mis en place en Haute-loire ; il est financé à 100 % par le GDS pour ses adhérents.

Dès 4 avortements en une semaine, il faut agir et prévenir son vétérinaire.

En cas de vague d’avortements, l’éleveur doit régair rapidement. Lors d’une mise bas, il doit prévenir son vétérinaire au bout de 4 avortements en moins d’une semaine. C’est le signal pour déclencher des prélèvements et des analyses complémentaires.
Les traitements d’urgence doivent être entamés en parallèle selon la suspicion clinique en attendant les résultats des analyses (utilisation de tétracyclines en général).
Un protocole de prélèvement et d’analyse standardisé a été mis en place en Haute-Loire afin de mettre toutes les chances du côté de l’éleveur et du vétérinaire pour identifier ou écarter des causes infectieuses. Il est financé à 100 % par le Groupement de Défense Sanitaire. L’objectif est double : élucider plus de situations mais aussi éviter de conclure trop vite et de se lancer dans des vaccinations inutiles par exemple.

Sans avorton, pas de solution !
Pour avoir toutes les chances d’identifier ou d’écarter des causes infectieuses, il faut prélever proprement et le plus rapidement possible les avortons. Pour ça, l’éleveur doit conserver l’avorton dans un endroit propre et de préférence au froid (à 4°C idéalement) en attendant le passage du vétérinaire.
Dans le cadre du protocole GDS, le vétérinaire réalise les prélèvements suivants :
- sur l’avorton, un échantillon de cerveau et le contenu de l’estomac ;
- sur 2 brebis ou chèvres avortées depuis moins de 48 h, une prise de sang et 2 écouvillons vaginaux.
Le laboratoire départemental met à disposition des vétérinaires des kits de prélèvement prévus spécialement à cet effet pour acheminer l’ensemble par la poste ou par transporteur dans de bonnes conditions.
Même si tous les cas ne sont pas expliqués, analyser les avortons multiplie par 10 les chances de diagnostiquer une cause infectieuse.

Quelles analyses pour quelles maladies ?
Une fois les prélèvements au laboratoire départemental, les analyses sont, elles aussi, standardisées et se réalisent en 2 temps pour optimiser les coûts.
1ère étape : recherche des causes d’avortement les plus fréquentes (en plus de la brucellose) : Chlamydiose, Fièvre Q et Toxoplasmose.
2ème étape : s’il n’y a pas de résultat sur les premières recherches, recherche de Salmonellose, Border Disease et Campylobacter.
Cette recherche méthodique doit permettre de mieux orienter les éleveurs et les vétérinaires même si d’autres maladies peuvent être exceptionnellement en cause (Listeria, Mycoses…).
Dans le cas où il n’y a pas d’avorton, le vétérinaire a la possibilité de faire un prélèvement vaginal sur 2 femelles avortées (dans les 48 heures suivant l’avortement) mais seules la Fièvre Q et la Chlamydiose pourront être recherchées.

Une prise en charge intégrale de ce protocole
Dans une situation d’avortements répétés, dans la mesure où le protocole de prélèvement est respecté par le vétérinaire et l’éleveur, le GDS finance, pour ses adhérents, l’intégralité des prélèvements (collecte d’organe sur l’avorton et écouvillonnage de 2 femelles avortées) et 67 % des frais d’analyses. Le Conseil Général de Haute-Loire complète avec une aide de 33 % sur les analyses. Le GDS assure le tiers payant et rien ne reste à votre charge en dehors de demandes particulières et des soins sur les animaux avortés. Pour mémoire, une recherche complète représente en moyenne 150 € HT.
En cas de protocole incomplet, le GDS et le Conseil Général ne participent pas au frais de prélèvements et d’analyses.

Suites à donner
Selon le diagnostic, plusieurs réponses sont possibles. Dans la majorité des cas, une vaccination du troupeau est envisageable (Fièvre Q, Chlamydiose, Toxoplasmose, Border disease…).
Il ne faut pas oublier les causes non infectieuses. Seulement 50 % des avortements seraient d’origine infectieuse. D’autres facteurs sont en cause.
Les maladies métaboliques en fin de gestation peuvent être source d’avortements ou de mortalités autour de la naissance. Il s’agirait de la majorité des cas non infectieux. Les situations les plus fréquentes impliquent un déficit énergétique et/ou protéique avant la mise bas. Ce déficit entraîne une mortalité dans les premières heures de vie, soit par un défaut de maturation du fœtus (baisse de sécrétion d’hormones), soit par une faiblesse générale du fœtus (hypoglycémie, hypothermie conduisant à la mort).
Cette mauvaise gestion de la fin de gestation entraîne aussi des infections à bactéries septicémiques des vaches qui contaminent les fœtus via les échanges placentaires. Mais dans ce cas, il y peu de chance de mettre en évidence ces germes au laboratoire.
Certaines carences marquées des mères en oligo-éléments entrainent aussi de la mortinatalité (morts dans les 48 h) : sélénium, iode notamment.
Bien évidemment, les causes traumatiques sont aussi à prendre en compte.


J. BACHELLERIE - GDS Haute-Loire

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