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Lait
Pourquoi la production laitière en montagne a dévissé ?

Le nombre de producteurs de lait en montagne a baissé en dix ans de 17 à 33 % selon les territoires. Le Cniel appelle à un sursaut ; il en va de l’avenir économique, social et touristique de ces zones dont l’activité est bien souvent drainée par le lait.

Prim Holstein au pré

Dans les Alpes, les Vosges, le Jura, les Pyrénées ou le Massif central, partout le même constat, en dix ans, la production laitière a été sacrifiée par un nombre croissant d’agriculteurs au profit de la production allaitante. Question de rentabilité, d’astreinte de moins en moins compatible avec un mode de vie " normal ", de conditions d’exercice de l’activité rendues plus difficiles par le relief, la météo, les difficultés de recrutement mais aussi de manque de perspectives…
Si les raisons sont multiples, le cocktail est détonnant car la menace de disparition de l’activité laitière en montagne n’appartient plus aujourd’hui au domaine de la science-fiction. En 10 ans, le nombre de producteurs de lait a baissé de 17 à 33% selon les départements dans le Massif central, le Jura et les Alpes. Dans les Pyrénées, plus de la moitié des producteurs ont abandonné leur activité, entraînant progressivement le démantèlement de l’intégralité de la filière.

Accélération de la déprise

En parallèle, le volume de lait produit a également chuté. La baisse la plus sensible se situe dans le Massif central. Les diminutions vont de 5 à 20% selon les départements sur la période 2014-2018, après de fortes chutes déjà enregistrées entre 2008 et 2014. Les Alpes du Sud constatent une chute de 22% sur 2014-2018, après une baisse de 7% sur 2008-2014. " Prise en étau entre une conjoncture internationale défavorable et un marché intérieur morose, la filière laitière de montagne se situe à un point de rupture ", analyse le CNIEL dans un communiqué de presse.  La topographie particulière de la montagne engage d’une manière générale des coûts de production et de collecte plus élevés. Afin de réduire ses coûts et de renforcer la visibilité et les spécificités de sa production, la filière laitière de montagne a multiplié les accords de collecte entre entreprises, ce qui évite d’engager plusieurs camions, non remplis au maximum de leur capacité, passant au sein de la même commune pour collecter des producteurs assez proches.  Malgré les efforts, le surcoût est évalué, en 2019, à 14 €/1 000 litres de lait collecté en moyenne.

Une rémunération moindre

Selon l’Observatoire des coûts de production du Cniel, la différence entre le prix de revient du lait de montagne et le prix conventionnel final payé ne permet pas de rémunérer un éleveur à hauteur de deux SMIC mensuels. Les subventions publiques ne permettent pas de combler l’écart. Pour les 1000 litres de lait produits, 114 euros manquent sur le prix réellement perçu par l’éleveur pour lui octroyer un revenu mensuel équivalent à deux SMIC. En moyenne, le niveau de revenu par exploitant est d’environ 17 000 euros annuels en zone de montagne en Auvergne contre 24 900 euros en plaine sur la période 2008-2018.
Ce niveau est équivalent pour les autres massifs (Alpes et Jura-Vosges). Cet écart est cependant amoindri par l’impact positif de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), prévue par la PAC 2014-2020. Elle a permis d’augmenter de manière significative les revenus. En 2014, le résultat courant moyen avant impôt était 1,5 fois supérieur après ICHN.

65 000 emplois directs ou indirects menacés

" La disparition de la filière laitière de montagne porte en elle un risque économique, social et politique très lourd. Environ 65 000 emplois directs et indirects dépendent de son dynamisme économique. Une baisse annuelle constante d’environ 5% du volume de lait collecté pendant 5 ans se traduirait par la perte d’environ 10 000 emplois, impactant ainsi indirectement près de 29 000 personnes ", alerte le Cniel.

Données Cniel

 

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