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Hors sol
Poules pondeuses et vaches laitières, deux productions complémentaires pour la famille Devidal

Le Gaec du Signon à Chaudeyrolles en Haute-Loire a choisi les poules pondeuses pour diversifier son exploitation initialement orientée en vaches laitières.

Poules pondeuses au Gaec du Signon à Chaudeyrolles

La veille, 6 000 poules sont arrivées à Chaudeyrolles sur l'exploitation du Gaec du Signon. Bien installées dans un bâtiment de 1 200 m2 qui donne sur un parcours de 2,4 ha, elles l'occuperont durant 13 mois. Et rapidement, elles se mettront au travail, à savoir pondre un œuf par jour. À l'intérieur les poules vivent sur caillebotis, avec des pondoirs au centre du bâtiment et des perchoirs pour passer la nuit en hauteur. Un bâtiment aux normes bio.
Ces pondeuses ne sont pas les premières à intégrer cet élevage. La famille Devidal, Joël et Nicole les parents, et leurs deux fils Grégory et Thomas, ont construit ce poulailler en 2011 à l'occasion de la création du Gaec lors de l'installation de Grégory et sa mère. Jusqu'alors le père était exploitant individuel et son épouse conjoint collaborateur, et à tous les deux ils élevaient des vaches laitières. L'arrivée de Grégory et 3 ans plus tard de son frère Thomas les ont contraints à se lancer dans une production complémentaire. Ils ont aujourd'hui 80 montbéliardes qui produisent en bio 380 000 litres de lait et une trentaine de génisses pour le renouvellement, et un petit troupeau d'une dizaine de vaches allaitantes, sur une surface totale de 150 ha dont une vingtaine en céréales et maïs. Notons que les éleveurs entrent dans la démarche AOP Fin Gras du Mézenc pour valoriser au mieux les produits issus du troupeau allaitant.

5 à 6 heures de travail quotidien

Pour diversifier leur exploitation, le choix du hors sol s'est imposé compte tenu de la forte pression foncière locale. Après une visite dans un élevage dans le secteur, le choix des poules pondeuses leur a paru intéressant. Ils ont commencé avec 3 000 poules, mais à l'entrée du 4ème associé, ils ont doublé la surface du bâtiment et du nombre de poules.
Fonctionnel, avec son système de ventilation automatisé et son tapis pour ramasser les œufs, l'atelier n'en demande pas moins entre 5 et 6 heures de travail quotidien. "Je compte 2h matin et soir pour le ramassage des œufs, mais il faut ajouter du temps de surveillance, essentiel pour éviter tout problème sanitaire ou technique" explique Joël Devidal. "Un petit problème sur une journée a de lourdes conséquences. Il faut parfois un mois pour retrouver une ponte normale". On comprend mieux toute l'attention que l'éleveur apporte à la surveillance de ses pondeuses. "Un cheptel fragile" selon lui. S'il s'occupe des poules, il ne va pas vers les vaches pour éviter de faire entrer des problèmes sanitaires au poulailler. Il insiste notamment sur le problème des salmonelles qui font l'objet d'une surveillance aiguë.

Un bon complément de revenu

Le bâtiment est aux normes bio, et il subit un nettoyage complet entre chaque bande ; un travail important qui demande de tout démonter et qui occupe les 4 associés sur un mois. Autres temps forts et chronophages pour cet atelier, c'est l’arrivée des poules dans les bâtiments, et la ramasse en fin de cycle. Pour ces deux étapes, les associés font appel à de la main d’œuvre voisine pour être une dizaine quand les poules arrivent et de 12 à 15 quand elles repartent. 13 mois de présence des poules, 1 mois de vide-sanitaire avec un nettoyage en grand, puis entrée d'une nouvelle bande : pas de répit pour l'atelier ni pour l'éleveur.
Le Gaec du Signon ne travaille pas en intégration. Avec l'appui de la société Val Soleil, les associés achètent les poules -denrée rare surtout en cette période de confinement non pas dû à la Covid-19 mais à la grippe aviaire- qui entrent à 17 semaines à un prix de l'ordre de 7€, et en fin de cycle repartent pour 3 cts du kilo soit 6 cts la poule, sauf si elles vont rejoindre d'autres de leurs congénères dans un poulailler de particulier. Le dernier lot vient de la Drôme, l'an dernier de Bretagne…
Côté charges, le poste le plus important est l'achat de l'aliment bio spécial, soit 13 000 €/mois, quelques frais vétérinaires mais relativement faibles…
Chaque jour, si tout va bien Joël ramasse quelques 6 000 œufs qu'il dépose dans des alvéoles soigneusement rangées sur des palettes que l'acheteur vient récupérer deux fois par semaine. Les œufs déclassés (trop gros ou pas assez, ou avec un défaut) sont écoulés en direct à la ferme. Le cours de l’œuf se situe aux alentours de 15 cts l'unité."Le prix de l'aliment est indexé sur le prix de l’œuf" souligne l'éleveur, "ce qui permet d'avoir un prix rémunérateur". Pour ce Gaec à 4, l'atelier poules pondeuses trouve pleinement sa place sur l'exploitation et représente "un bon complément de revenu, avec un roulement d'argent régulier".

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