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Forêt
"Non la forêt française n'est pas en danger !"

Dans les secteurs les plus boisés de notre département, certains s'offusquent de coupes de bois dite "à blanc" ou "coupe rase". Est-ce une pratique de gestion forestière acceptable ? Réponse des spécialistes de la forêt privée.

Coupe rase en forêt

Depuis quelques temps, la forêt française fait l'objet de vives critiques relayées par certains médias nationaux. D'après René Roustide, membre du conseil d'administration du syndicat Fransylva Haute-Loire, ces critiques sont "infondées". Et "à présent, c'est véritablement la gestion des forêts qui se trouve attaquée..." indique René Roustide qui rappelle, comme l'ont fait ses homologues dans un communiqué national le 29 mars dernier (voir dans cette page), que " la forêt française n'est pas en danger ; elle n'est pas menacée de déforestation comme le sont d'autres forêts étrangères" et d'ajouter : "le domaine de la forêt privée est encadré par la réglementation française".

Encadré par la réglementation

"Lorsqu'une coupe rase est effectuée, cela a certes un fort impact paysager et la principale crainte de la population locale c'est que le propriétaire laisse en l'état sans se préoccuper de sa parcelle. Or, la réglementation l'oblige à assurer le renouvellement de ses peuplements. Je rappelle que lorsqu'un propriétaire procède à une coupe à blanc sur une surface de plus de 1 ha, ce dernier est tenu de replanter dans les 5 ans sous peine d'une amende de 1800€ha. D'ailleurs pour inciter au reboisement, il faut savoir que notre syndicat a proposé d'abaisser cette surface à 0,5 ha" souligne René Roustide.
Loin de penser que la coupe à blanc est une hérésie, René
Roustide rappelle même qu'elle est l'issue d'une technique sylvicole. "Il existe 2 techniques sylvicoles : la futaie régulière qui consiste à réaliser des éclaircies au fil des années et qui se termine toujours par une coupe à blanc pour replanter ensuite. La futaie irrégulière*est perçue comme idéale mais complexe à conduire". Alors " non la coupe rase n'est pas anormale ; elle est juste un peu exagérée en ce moment" concède-t-il "mais la solution serait peut-être de faire des coupes progressives à quelques années d'intervalle".
Quant au président de Fransylva 43, Philippe Beignier, qui parle de coupe de renouvellement pour désigner les coupes rases, il rappelle "qu'un arbre pousse, grossit et au fil du temps, les parcelles nécessitent des éclaircies et parfois il s'impose de réaliser des coupes définitives. Ces dernières font donc partie du cycle de la vie d'une forêt".

"La nature n'est pas une photo !"

"Chaque fois que cela est possible, les propriétaires forestiers favorisent la régénération naturelle mais lorsqu'elle ne peut se faire pour différentes raisons (changements climatiques, mauvais entretien), nous sommes obligés de passer par de la coupe définitive suivi d'un reboisement" explique Henri Battie, propriétaire forestier et président de la société Coforêt. Ce spécialiste évoque par ailleurs une méconnaissance de la nature par la société en général voir même par les habitants des communes forestières : "Certaines personnes pensent que la nature ne doit pas changer. Or, c'est une idée fausse car la nature change tous les jours. La nature n'est pas une photo ! On pourrait même dire que sur le plan écologique, les coupes définitives offrent une diversité de végétation plus importante que ce que l'on pourrait trouver sous une sapinière".

* Sa gestion consiste essentiellement à prélever périodiquement l'accroissement de manière à conserver un volume de bois sur pied constant et à conserver une structure d'âge équilibrée.

 

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