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MSA Auvergne : Dans le contexte de crise : «La MSA Auvergne ne lâche pas le terrain»

La MSA met en place des mesures d’urgence pour accompagner les agriculteurs. Echange avec Philippe Panel et Jean-Marie Passarieu, président et directeur général de la MSA Auvergne.

Philippe Panel et Jean-Marie Passarieu, «la MSA est en première ligne pour accompagner les agriculteurs ».

La crise agricole n’épargne pas les agriculteurs auvergnats. Quel est votre ressenti sur le terrain ?

Philippe Panel : Notre agriculture subit en effet un contexte extrêmement dégradé, lié à une conjonction de problèmes sanitaires, d’évènements climatiques et de crises de marché. Toutes les filières sont affectées. Et les conséquences pour les exploitants et les salariés de l’agriculture sont graves. En 2015, 30 % des déclarations de revenus professionnels des exploitants au réel faisaient état d’un revenu inférieur à 4 248 € par an, contre 18% en 2014. Cette année en Auvergne, on compte près de 50% des agriculteurs qui ont un revenu inférieur à 4 248€, soit 10 400 agriculteurs sur 21 000… Un constat qui renforce le rôle de proximité, de veille et d’information des 1061 élus MSA auprès des agriculteurs de la région. Leur mission d’accompagnement est appuyée au quotidien, sur le terrain, par une cellule pluridisciplinaire de prévention,  composée de professionnels de la MSA : travailleurs sociaux, médecins, conseillers et professionnels de la santé sécurité au travail. Son objectif (ndlr : la cellule) est de détecter les agriculteurs en difficulté pour mieux analyser les situations et mettre en place un plan d’action. Un numéro spécial crise agricole est également à disposition de nos ressortissants : le 04.73.43.75.75. Mais depuis avril dernier, seulement 200 appels ont été enregistrés sur toute l’Auvergne…Les agriculteurs en difficulté n’osent pas appeler ; pourtant il est important qu’ils soient identifiés par nos services sociaux pour être orientés vers les conseillers qui examineront des solutions.


Justement, quelles mesures propose la MSA à ses ressortissants ?

Jean-Marie Passarieu : Plusieurs mesures déjà mises en place en 2015 sont reconduites en 2016. Parmi elles,  la suppression complète de l’assiette minimum de la cotisation d’assurance maladie maternité Amexa, qui a de plus été abaissée de sept points. Elle a été reconduite pour les revenus 2016 et prolongée en 2017 pour les exploitants qui ont un revenu inférieur à 4 248€ en 2015 et 2016. Autres mesures : la prise en charge de cotisation dont ont bénéficié plus de 5 000 agriculteurs d’Auvergne, représentant près de 2,8 millions d’euros (voir tableau) ; la possibilité d’opter pour un report des cotisations sociales pour tous les agriculteurs ayant dégagé un très faible revenu en 2015 ; la possibilité également de requérir un échéancier pour répondre aux problèmes de trésorerie. En Auvergne, 2 000 ont été activés pour un montant de créances de plus de 2 millions d’euros.

Philippe Panel : À la MSA Auvergne nous avons toujours répondu favorablement aux exploitants qui sollicitaient un échéancier. Et aujourd’hui encore, ils peuvent en bénéficier s’ils en font la demande.

La MSA est-elle partie prenante du Pacte de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles annoncé par Manuel Valls le 4 octobre dernier ?

Jean-Marie Passarieu : Oui puisque trois mesures sociales du pacte positionnent la MSA comme interlocuteur privilégié pour accompagner les agriculteurs. Première mesure : la MSA élargit à l’ensemble des agriculteurs en difficulté son dispositif «Rendez-vous Prestations MSA». Ce dispositif étendu aux actions proposées par les autres acteurs du monde agricole (aide à la reconversion professionnelle, formation, etc.), permet au ressortissant de bénéficier d’un point complet des droits sociaux dont il peut disposer et qui peuvent être actionnés. Deuxième mesure : les conditions d’accès à certains droits et prestations sont assouplies. C’est le cas par exemple de la prime d’activité peu adaptée aux situations des agriculteurs en déficit mais qui, sur la base des nouvelles règles édictées par le Pacte de consolidation, devrait être accessible à de nombreux exploitants. En Auvergne, près de 30% des agriculteurs perçoivent ou ont perçu la Prime d’activité…Enfin troisième mesure : le financement du service de remplacement pour les agriculteurs en situation d’épuisement professionnel (burn-out). L’État a décidé d’allouer une enveloppe de 4 millions d’euros dont la gestion est déléguée à la Caisse nationale MSA. Mais à ce jour nous ne connaissons pas la répartition et les conditions de mise en œuvre de cette mesure.

Philippe Panel : Effectivement nous ignorons les contours de cette aide au remplacement, mais son annonce montre toutefois que l’agriculture a été  reconnue comme une autre catégorie professionnelle pouvant émarger aux risques psycho-sociaux. Dans les faits, des actions de soutien existent déjà, elles vont être renforcées par cette aide financière supplémentaire.


Le dispositif d’écoute pour les agriculteurs en situation de détresse (09.69.39.29.19) est-il toujours activé ?

Philippe Panel : Mis en place en 2014 il est toujours accessible 24h/24 et 7j/7. Près de 300 appels par trimestre sont recensés au plan national. Ce service « Agri écoute » permet de dialoguer anonymement avec des écoutants formés aux situations de détresse et de souffrances. La MSA fait appel pour cela aux compétences d’associations partenaires, spécialisées dans la démarche d’écoute. La plateforme « Agri écoute » est totalement complémentaire  du numéro spécial crise agricole que nous avons mis en place à la MSA Auvergne à destination des assurés.Enfin dans notre volonté d’être présents sur tout le territoire, nous avons tissé un partenariat  avec les Maisons de Service au Public dont le personnel, mis à disposition par les collectivités locales est un interlocuteur relais de proximité pour orienter et faciliter la mise en place de rendez-vous physique avec un conseiller MSA. Malgré la baisse des moyens de la MSA Auvergne on augmente ainsi notre présence et notre proximité sur le terrain via ce type de partenariat.

Propos recueillis par C.Rolle

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