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Mobilisation pour exhorter le Président à mettre ses discours en actes

La FNSEA et les JA appellent leurs adhérents à une mobilisation pour bloquer les raffineries, à partir de dimanche 10 juin. Réactions de Yannick Fialip et Anthony Fayolle.

Anthony Fayolle et Yannick Fialip se disent déçus mais pas démobilisés.

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a annoncé le 31 mai le blocage des raffineries «dans toute la France» à partir du 10 juin en réaction aux «incohérences» soulevées par le projet de loi Agriculture et Alimentation mais aussi en rapport avec la hausse attendue des importations d'huile de palme, Total ayant été récemment autorisé par l’État à exploiter une bioraffinerie à La Mède, fonctionnant à l'huile de palme. Les JA ont confirmé ce mouvement de blocage qui doit démarrer le 10 juin et se poursuivra sur au moins trois jours, voire davantage en fonction de la réponse du Gouvernement.
«Certes, ce projet instaure un nouveau code de la route plus favorable à une négociation des prix qui tienne compte des coûts de production des agriculteurs», souligne un communiqué. «Mais avant même qu'un début de traduction concrète soit perceptible par les paysans, de nouvelles charges sont déjà annoncées et plusieurs signaux sont émis d'une concurrence toujours déséquilibrée avec des produits importés». Le blocage va concerner «dans l'ensemble de nos régions (...) des sites stratégiques, symboles des distorsions de concurrence que nous subissons», précisent les deux syndicats.

Blocage à Cournon
Pour notre région Auvergne-Rhône-Alpes, les agriculteurs ont choisi de viser 3 sites stratégiques, 2 sur Lyon et 1 sur Clermont-Cournon. Concernant la Haute-Loire, FDSEA et JA invitent un grand nombre d’agriculteurs à se joindre au mouvement de protestation. Un déplacement en bus est prévu pour le site de Cournon pour une présence en alternance entre les différents départements voisins. La Haute-Loire assurera le créneau du lundi 11 juin à 11 heures jusqu’au mardi 12 juin à 12h. Par ailleurs, pour les agriculteurs de l’est du département, il est prévu d’assurer un appui aux collègues qui seront sur Feyzin.
La mobilisation, qui, nous le rappelons, commence dimanche se poursuivra jusqu’à mercredi.

La loi sur les EGA, élément déclencheur
Yannick Fialip président de la FDSEA et Anthony Fayolle président des JA, attendent une bonne participation de leurs adhérents, même si, comme ils le soulignent, «cette période n’est pas très propice, compte tenu des travaux à réaliser sur les exploitations». Néanmoins, ils insistent sur la nécessité d’attirer l’attention du Gouvernement sur la gravité de la situation dans laquelle se trouve l’agriculture aujourd’hui, toutes productions confondues. Et surtout, ils veulent rappeler à M. Macron et à son Gouvernement les enjeux qui se cachent derrière les négociations de la future PAC, les multiples accords internationaux de libre-échange, et bien entendu le vote de la Loi sur les États Généraux de l’Alimentation…
«Les responsables syndicaux nationaux se sont beaucoup investis dans ces États Généraux de l’Alimentation, pour faire des propositions cohérentes afin d’améliorer le revenu des agriculteurs. Et les discours d’Emmanuel Macron à la clôture de ces EGA avaient donné beaucoup d’espoir notamment sur les prix des produits agricoles…» commence Anthony Fayolle, suivi par Yannick Fialip pour qui les premières conclusions avaient «suscité beaucoup d’espoir chez les agriculteurs». Et voilà pourquoi, aujourd’hui, après le vote à l’assemblée Nationale, le constat semble amer. «Les seules avancées obtenues, et encore tout n’est pas fini il faut attendre le vote du sénat…, sont la référence aux coûts de production fournis par France Agrimer dans la fixation des prix des produits agricoles pour les contrats des producteurs via les OP ou les interprofessions» souligne le président de la FDSEA, et «les évolutions sur les promos, et les marges arrières…» ajoute le président des JA. Pour tous les deux «on n’est pas allé assez loin». Ils déplorent la position du Gouvernement qui a «fléchi face aux lobbys de certaines ONG environnementalistes» selon Yannick Fialip ou qui n’a pas su «rééquilibrer les rapports de force entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs» selon Anthony Fayolle.
Les deux syndicalistes se disent déçus de cette loi et ses très nombreux amendements «qui ne préservent pas le revenu des agriculteurs par les prix et de surcroît ajoute des contraintes sur le plan environnemental et sur le bien-être animal par exemple». Non opposés à un modèle agricole français plus respectueux des attentes sociétales, les agriculteurs ne pourront pas supporter de nouvelles charges, par ailleurs alourdies par des hausses des carburants et autres intrants, sans garanties sur les prix de leurs produits. Et Yannick de poursuivre se tournant à la fois vers le Gouvernement et vers le Grand public : «la coupe est pleine. Les agriculteurs ont ras-le-bol des critiques. Faites-nous confiance».

Il faut passer aux actes
Les deux présidents départementaux répondent donc à l’appel de la FNSEA et de JA national pour cette mobilisation, car pour eux tout n’est pas fini. Ils restent vigilants et veulent alerter le Gouvernement  : «Quand Macron est au pied du mur, il a du mal à passer aux actes» insiste Yannick Fialip. Alors c’est bien ce message que le syndicalisme veut porter la semaine prochaine pour exhorter le Président de la République à concrétiser les messages de ses discours, à aller au bout de ses idées. Par exemple, les deux responsables disent que si on veut que les agriculteurs vivent de leurs productions, que les consommateurs mangent des produits de qualité produits sur notre territoire, il faut alors «acter» le fait de devoir payer plus cher les produits agricoles. Et le président de la FDSEA insiste : «Monsieur Macron, il faut protéger les agriculteurs pour protéger les consommateurs des importations alimentaires qui ne respectent pas les règlementations minimum». Le mot de la fin reviendra à Anthony Fayolle qui, à l’analyse de cette loi sur les EGA, regrette la pusillanimité du Gouvernement :  «quand on fait les choses à moitié, on mécontente tout le monde».

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