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Méthanisation : Produire de l’électricité, de la chaleur et du fertilisant à partir de vaches et de cochons

A Tence, l’unité de méthanisation à la ferme du Gaec des Beaudor fonctionne depuis mai 2015 et donne entière satisfaction à ses 4 associés.

Jean-Julien Deygas et Dominique Troupenat devant le post-digesteur.

La petite unité de méthanisation à la ferme du Gaec des Beaudor à Tence fonctionne depuis mai 2015. Dimensionnée et adaptée à cette exploitation de 120 ha de SAU, de 95 vaches laitières et d’un atelier de porcs naisseur d’une centaine de truies, l’unité dispose d’une puissance de 35 kilowatt électrique et génère potentiellement une production de 864 kilowatt par jour ; une unité qui pourrait alimenter 70 foyers (hors industrie) par jour en électricité, c’est pourtant l’une des plus petites unités de méthanisation que l’on trouve sur le marché.


Produire de l’énergie à partir des effluents d’élevage

Avant de se lancer dans l’aventure, la famille Deygas souhaitait créer une activité diversifiante sur le Gaec et la méthanisation permettait d’aller dans ce sens tout en apportant un petit complément de revenu. “Sensibles aux énergies renouvelables, on se posait la question de produire de l’énergie à partir des effluents d’élevage. Et c’est la société Agréole Développement qui a été l’initiateur de la réflexion” indique Jean-Julien Deygas.Après avoir effectué la visite d’une unité simil aire en Haute-Saône, les Deygas ont lancé l’étude de faisabilité réalisée par les soins d’Agréole Développement.“L’étude a révélé qu’il y avait suffisamment d’intrants pour faire fonctionner l’unité et les feux étaient au vert d’un point de vue économique” explique Dominique Troupenat gérant d’Agréole Développement1 et de Cap Energie Sud2.Cette unité de méthanisation fonctionne avec les effluents d’élevage du Gaec des Beaudor (6 -7 m3 de lisier de bovins, 1,5 m3 de lisier de porcs, 2-3 m3 de sérum) et 200 kg de déchets de céréales émanant de l’entreprise Boillon (63). Toutes ces matières passent dans une pompe hâcheuse et un séparateur de phases en vue de séparer la fraction liquide de la fraction solide.


De la litière pour les vaches

La phase solide est recyclée en litière pour les vaches laitières du Gaec. “Les vaches apprécient énormément le confort de ce paillage ; il forme un tapis très confortable, absorbant et non glissant et son odeur est rassurante. Auparavant nous avions toujours quelques vaches qui se couchaient dans les couloirs, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. En plus, on avait pas suffisamment de paille, nous devions en acheter près de 60 tonnes” explique Jean-Julien Deygas.Quant à la phase liquide obtenue du séparateur, elle est envoyée dans le méthaniseur. Elle pénètre d’abord dans un premier digesteur (filtre anaérobie) pour y rester 3 jours à une température de 38°C. Ce digesteur produit du biogaz. La digestion finale s’effectue dans le post digesteur où la matière est chauffée à 38°C durant une vingtaine de jours.


Le Gaec obtient du biogaz et le digestat

A l’issue de ce processus de méthanisation qui dure une trentaine de jours, le Gaec obtient deux produits : le biogaz et le digestat.L’unité produit 220 000 m3 de biogaz par an utilisé pour l’alimentation d’un co-générateur qui produit de l’électricité (35 kilowatt électrique livrés à ERDF et vendus à EDF via un contrat sur 15  ans, au tarif de 22 cts le kilowatt) et il produit aussi de la chaleur.“La chaleur ainsi produite nous permet de chauffer le process (digesteur et post-digesteur). Un réseau de chaleur a été installé pour chauffer la porcherie, en remplacement du chauffage au gaz. Le surplus de chaleur permet de sécher la phase solide du lisier. Le digestat généré par l’unité est épandu sur l’ensemble de la SAU du Gaec, sur les prairies et les cultures (15 ha de céréales et 15 ha de maïs).Pour ces éleveurs, le digestat n’a que des qualités : “Il est en grande partie désodorisé ; c’est important pour le voisinage ; nous habitons un secteur où l’habitat est diffus, aussi épandre du lisier pur était un handicap. Le digestat présente un véritable intérêt agronomique puisqu’il concentre les éléments fertilisants”. “Les analyses réalisées sur le site (par un bureau d’étude indépendant) ont révélé un gain de +0,5 point d’azote entre le m3 entrant et le m3 sortant du méthaniseur. On exprime 100% du potentiel méthanogène de la ration. Cette unité pilote fonctionne très bien” indique  Dominique Troupenat.

Véronique Gruber


1-Bureau d’études dans le domaine de la méthanisation

2-Installateur

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