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Ministère
Marc Fesneau à l’Agriculture, une promesse de continuité

Après Jacques Mézard, Stéphane Travert, Didier Guillaume et Julien Denormandie, c’est au tour de Marc Fesneau de devenir ministre de l’Agriculture sous la présidence d’Emmanuel Macron.

Marc Fesneau, ministre de l'Agriculture.

Ancien député Modem, élu rural de la Beauce, ancien cadre de chambre d’agriculture, la nomination de Marc Fesneau est perçue comme une promesse de continuité et d’«ambition maintenue» pour l’agriculture par les professionnels du syndicalisme majoritaire. Seule vraie différence avec Julien Denormandie, Marc Fesneau est un pratiquant et fervent défenseur de la chasse.
Cela fait quelques années que son nom circulait dans le Landerneau agricole, mais il avait été à chaque fois devancé, par Stéphane Travert, Didier Guillaume, puis Julien Denormandie. C’est cette fois chose faite. Marc Fesneau a finalement été nommé Rue de Varenne, avec un intitulé de poste légèrement modifié : ministre de l'Agriculture et de la « souveraineté alimentaire». Ancien président du groupe Modem à l'Assemblée nationale, Marc Fesneau était depuis 2018 ministre en charge des relations avec le Parlement. Il remplace Julien Denormandie.
Comme Julien Denormandie, Marc Fesneau est un bon connaisseur du secteur agricole et pour les professionnels agricoles, l’arrivée de Marc Fesneau est le signe d’une volonté de continuité, notamment par son projet technique et proche du secteur agricole. Sa nomination est le «signe d'une ambition agricole maintenue», confie à Agra presse le président des Chambres d'agriculture France Sébastien Windsor, pour qui Marc Fesneau est un connaisseur des «enjeux techniques» de l'agriculture. Le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, se dit lui «satisfait» de la nomination de Marc Fesneau qu’il «apprécie» et qui «connaît bien les sujets d’agriculture et d’alimentation».

Défenseur de la chasse
Le nouveau ministre est par ailleurs un défenseur de la chasse, qu’il pratique ; en 2018, il a même cosigné une tribune de défense de la chasse à courre. C’est d’ailleurs Marc Fesneau qu’Emmanuel Macron avait envoyé au dernier congrès de la FNC au printemps pour y présenter son programme. Il proposa notamment une réforme du dispositif des dégâts de gibier, ou « un accès plus rapide au permis de chasse ». « Très satisfait » de sa nomination, le président de la fédération de chasse du Loir-et-Cher Hubert-Louis Vuitton revendique des « contacts amicaux » avec lui : « il pourra être un pont entre les chasseurs et l’agriculture. Nous pourrons compter sur lui », prédit-il.
De ce fait, la nomination de Marc Fesneau ne devrait pas être pour plaire aux vegans et aux anti-spécistes. Et ses déclarations passées ne les rassureront pas. Dans un portrait dressé par le journal Challenges pour les élections régionales 2020, qu’il perdra lourdement (4e place), Marc Fesneau disait vouloir mener un combat contre « les végans et les antispécistes, ceux qui comparent les élevages de poulets à des camps de concentration SS. Ce sont des fous dangereux qui ont perdu le sens commun ».

Un élu rural défenseur de la ruralité
Marc Fesneau est un élu rural, et défenseur affirmé de la ruralité. Après avoir grandi à Paris, Marc Fesneau s'est installé à Marchenoir, commune de quelque 600 habitants de la Beauce dont sa famille est originaire. Elu conseiller régional du Centre en 2004, maire de Marchenoir en 2008, et tête de liste du MoDem pour les régionales de 2010, il est promu la même année secrétaire général du parti. « Il a gardé un ancrage local. Il continue de venir chasser, même si c’est moins souvent », assure Hubert-Louis Vuitton. « Il est resté très proche des gens et de la ruralité », abonde Didier Delerue, président de la FDSEA du Loir-et-Cher, interrogé par Agra presse.
Marc Fesneau est aussi un homme réputé influent dans l’Assemblée, ce qui lui a valu d’être nommé ministre des relations avec le Parlement. Il a été élu dès 2010 secrétaire général du Modem. Elu député en juin 2017 avec le soutien d'En Marche, il était devenu président du groupe MoDem à l'Assemblée. Sa popularité s'était étendue chez les « marcheurs », analyse l’AFP : en 2018, il récoltait 86 voix lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, bien au-delà de celles des 46 députés MoDem, face à Richard Ferrand (LREM).
Sa personnalité reste encore assez peu connue du grand public. « Il a de la finesse politique et sait aplanir les conflits », salue le député Jean-Louis Bourlanges, interrogé par l’AFP quand son collègue Erwan Balanant estime «difficile de lui trouver des défauts». Un élu d'opposition juge ce bon vivant «assez sympathique» mais allant «un peu au gré du vent». «Pas un capitaine Fracasse», admet-on dans les rangs de la majorité. Localement, Didier Delerue le perçoit comme quelqu’un « qui n’a pas pris la grosse tête » et qui « n’hésitait pas à passer un coup de fil quand il voulait comprendre un dossier ».

Premier déplacement
C’est d’ailleurs non loin de ses terres qu’il a effectué son premier déplacement de ministre de l’Agriculture, dans le Cher, département touché par la sécheresse printanière. Il y a expliqué que la « question de la souveraineté alimentaire » n'était pas «résolue», dans la lignée de son prédécesseur. Evoquant la guerre en Ukraine, Marc Fesneau a souligné que cette crise vient «rappeler qu'on a besoin de produire. La question quantitative n'est pas une question qui est derrière nous. La question de se nourrir n'est jamais une question derrière soi et les dérèglements climatiques viennent poser des questions quantitatives qui ne sont pas des petites questions», a-t-il estimé. «Ce n'est pas chez nous que le problème va se poser là, mais parlons aux Egyptiens, à l'Algérie, à la Tunisie», qui peuvent se poser la question «de savoir s'ils vont pouvoir se nourrir», a-t-il ajouté, rappelant la nécessité d'«assurer la production et en même temps d'œuvrer en direction de l'environnement». Des déclarations qui collent, pour l’instant, avec la promesse de continuité que laissait présager son profil. Reste à savoir « quelle est la feuille de route qui lui sera fixée par le président de la République », glisse un parlementaire.
 

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