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Lait
Maintenir les prix du lait dans la durée

La section laitière de la FDSEA et le groupe lait des JA de Haute-Loire se sont réunis le 30 août pour faire le point sur la conjoncture actuelle et les perspectives.

La conjoncture laitière 2023 est plutôt favorable mais la section reste prudente en raison de la poursuite de la hausse des charges et de la baisse de la production.

"Nous nous trouvons dans une conjoncture favorable avec des prix orientés à la hausse et cette tendance doit absolument se poursuivre car les producteurs font toujours face à une augmentation de leurs charges (électricité, carburant...)" a signalé le président de la section laitière Eric Richard en ouverture de la réunion du 30 août au Puy-en-Velay. C'est pourquoi, la section laitière réclame, auprès des entreprises et coopératives laitières qui collectent sur le territoire départemental, d'appliquer un prix de base minimum de 450€/1000 L pour l'année 2023. Or "si la coopération, à l'image de Sodiaal, montre une certaine volonté à tirer les prix du lait vers le haut depuis 3 ou 4 mois, ce n'est pas le cas de certaines entreprises privées comme Lactalis et Savencia... Deux entreprises qui refusent de signer des accords avec leurs OP" souligne le président de la section. Et de reprendre : "Si l'on veut conserver notre modèle français d'exploitation à taille humaine, nous devons maintenir les prix du lait sans suivre l'évolution à la baisse actuelle des prix allemands par exemple ; rappelons que l'an dernier, les éleveurs allemands étaient payés 120€ de plus que leurs homologues français...".
"Aujourd'hui, Bercy pousse pour que le consommateur retrouve du pouvoir d'achat, mais il ne faut pas que cela se fasse en défaveur des agriculteurs !" lance Julien Duplomb, président du groupe lait et secrétaire général JA 43.
Pour suivre encore de plus près l'évolution des prix du lait et faciliter les comparaisons entre entreprises à l'échelle de la région, le président de la section lait a annoncé la création imminente d'un observatoire des prix pratiqués par les différentes entreprises et des prix payés aux producteurs
 

Baisse de la production
La prudence est donc de rigueur d'autant que cette année les fourrages ont été certes récoltés en quantité mais sont de moindre qualité ; quant au maïs, ce sont de bien faibles récoltes sans qualité qui ont été ramassées dans notre département. Ajoutons à ce bilan annuel, une tendance de fond qui est d'ores et déjà palpable : le changement climatique qui ne joue pas en la faveur de la production laitière.
La profession se montre par ailleurs inquiète pour l'avenir de la filière laitière en France, en raison d'une baisse de la production qui se poursuit. Cette dernière affiche une régression en volume de -2,5% par rapport à 2022. Et d'après une étude prospective conduite par le Cniel, si cette tendance se poursuit, la France ne sera plus autonome en lait en 2027, ce qui gênera le fonctionnement des outils industriels de transformation du lait en place. "A plus long terme, c'est l'investissement dans nos exploitations qui va poser problème. La hausse des coûts des matériaux et des bâtiments d'élevage décourage les agriculteurs à investir, ce qui ne va pas permettre de contrebalancer cette baisse de production" indique Julien Duplomb.

Directive IED : le statut quo est demandé
Eric Rchard a fait un point sur le dossier brûlant de la directive sur les émissions industrielles (IED) suivi de très près par la FNPL au niveau national. La commission européenne projette d'étendre la directive relative aux émissions industrielles aux exploitations bovines de plus de 150 UGB ; une intention très mal perçue par la profession qui redoute la nécessité d'accroître les capacités de stockage des effluents des exploitations et une multiplication des contrôles sur les outils de stockage. Même si le Parlement européen a voté l’exclusion des élevages bovins de la directive IED, rien n'est encore véritablement joué sur ce dossier ! "Pour un élevage qui produit 1 million de litres de lait par an, l'application d'une telle directive représenterait un surcoût de plus de 10 000€ sans compter les investissements. C'est aussi des contraintes administratives supplémentaires. Il faut à présent conduire une action de lobbying auprès des parlementaires européens pour que notre position soit entendue ; sur ce sujet, nous réclamons le statut quo" souligne Eric Richard. Prochaine étape : un trilogue entre le Parlement, la Commission et le Conseil européen pour évoquer cette directive.
Cette réunion a également permis d'informer les producteurs sur les récentes évolutions du site "infolabo"* qui a été récemment toiletté. Enfin, le plan de filière bovins lait 2023-2027 mis en place par la région AuRa est ouvert ; pour tout renseignement sur les aides possibles, constactez la Région ou votre FDSEA.

* portail internet qui permet l'accès aux résultats d’analyses.

 

Rendez-vous au Sommet !
Dans le cadre du prochain Sommet de l'Elevage, l'interprofession laitière organise une soirée raclette mercredi 4 octobre. Objectif : mettre en avant le lait de montagne lors de cer événement incontournable et partager un moment convivial.

 

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