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Loup : Deux jours de mobilisation à Mende et des avancées « historiques »

Jeudi 26 et vendredi 27 juillet, les syndicats agricoles ont uni leurs forces pour deux jours de manifestations contre le loup, aux abords de la préfecture lozérienne.

Jeudi 26 juillet au matin, 1500 brebis sont entrées dans Mende. La veille, elles avaient fait le chemin 
du Mont Lozère jusqu’aux hauteurs de la ville.

Cette dernière semaine, les agriculteurs lozériens se sont réunis pour manifester contre le loup et contre le parc à loups de Sainte-Lucie. Jeudi, 1 500 brebis du groupement pastoral du sommet de Finiels, descendues tout droit du mont Lozère, ont parcouru les rues de la préfecture lozérienne pour prendre sur les boulevards de la ville, devant la préfecture du département. « Si la préfète ne peut protéger nos brebis sur le mont Lozère, nous les amenons en ville pour qu’elles soient en sécurité», a insisté Olivier Maurin, coprésident de la FNDP (fédération nationale de défense du pastoralisme) et membre du groupement pastoral du sommet de Finiels.

Situation devenue incontrôlable
«Sur le mont Lozère, nous avons déjà subi trois attaques depuis le début de l’été. La situation est devenue incontrôlable dans tous les massifs de France. Mettre les troupeaux en ville pour les protéger, voilà le pastoralisme que veulent les instances qui protègent le loup». Ce jeudi, ils étaient plus de 300 à écouter et à acquiescer ce discours. Des agriculteurs, pour la plupart, mais aussi des amis ou des éleveurs d’autres départements venus soutenir l’action des agriculteurs lozériens. «Les éleveurs ont besoin de reconnaissance, explique Christine Valentin, présidente de la chambre d’agriculture. Nous devons arriver à pouvoir protéger nos troupeaux pour maintenir notre production, notre élevage, nos paysages et pour pouvoir lutter au quotidien contre les incendies».
Un discours contre le loup, qui se retrouvait sur beaucoup de lèvres mais qui ne doit pas faire oublier les raisons pour lesquelles les agriculteurs étaient présents à Mende ce jour-là : la gestion des parcs à loups. En effet, suite à la découverte de traces de loups baltes dans le département (voir encadré ci-contre), les agriculteurs étaient réunis pour demander une complète transparence de la gestion de ce type de parcs.
Jeudi, après avoir bloqué pendant plusieurs dizaines de minutes les entrées et les sorties de la ville, ils ont obtenu la venue en Lozère dès le lendemain de Stéphane Bouillon, préfet de la Région Aura et coordonnateur du plan loup.

Plus de quatre heures de négociations
Vendredi à 14 h, les responsables syndicaux ont donc pu rencontrer le préfet coordonnateur à Mende. « Les brebis et les tracteurs sont en stand-by, non loin de la ville pour intervenir si jamais les négociations s’enlisent », prévenait alors Vincent Bonnet, président des Jeunes agriculteurs de Lozère. Pourtant, à l’exception d’une opération escargot sur les boulevards de la ville, les agriculteurs n’ont pas eu, vendredi, à employer les grands moyens. Dans les locaux de la préfecture mendoise, FNDP, CR 48, FDSEA 48, JA 48 et Confédération paysanne de l’Aveyron ont négocié avec les représentants de l’État pendant un peu plus de quatre heures.
Au terme de la rencontre, plusieurs décisions ont été actées et retranscrites dans une convention. Elle prévoit notamment la venue de la brigade anti-loups de l’ONCFS sur le département pour la semaine du 6 août, la formation des lieutenants de louveterie à « l’accompagnement des éleveurs et à la protection de leurs troupeaux », l’instruction de façon interministérielle dès septembre de la demande d’autorisation de tirs renforcés dans le parc national des Cévennes et l’envoi des prélèvements effectués au parc scientifique de Sainte-Lucie aux laboratoires Antagene et Forgen. Excepté la Coordination rurale lozérienne, tous ont signé cette convention pourtant beaucoup ont regretté le fait que la capture immédiate des deux loups baltes ne soit pas inscrite « mais l’action menée cette semaine est inédite» insiste Olivier Maurin. Elle montre que même si les agriculteurs ont des différences, ils ont pu s’accorder sur un sujet aussi important». Rendez-vous est donné en septembre, avec le préfet coordonnateur pour faire un point sur la situation. Et les agriculteurs l’affirment déjà « s’il y a encore besoin, nous serons là, nous manifesterons de nouveau en septembre».

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