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METEO
Les pluies de printemps font du bien aux cultures

Mars chaud et avril-mai pluvieux et frais ont pesé sur les cultures. Bilan hydrologique et état des lieux à mi-juin.

Il y a du mieux mais prudence!

Il y a du mieux mais prudence! Un chiffre symbolise l'amélioration
en ce qui concerne les nappes d'eau souterraine : au 1er juin,
49 % « seulement » des réservoirsaffichaient un niveau inférieur à la
normale contre 77 % un mois plus tôt, d'après les tout nouveaux chiffres
publiés lundi 18 juin par le Bureau de recherche géologique et minière
(BRGM). Mais ce dernier s'empresse d'expliquer que les niveaux restent très hétérogènes d'une région à l'autre. Si on observe un retour supérieur à la normale dans deux régions (sud de la Loire côté atlantique et Provence
Alpes Côte d'Azur), un retour à la normale dans plusieurs autres et un déficit très important dans deux zones (Centre Loire et Garonne toulousaine), une bonne partie du Nord Bassin parisien - Normandie, de l'Alsace et du sud de l'embouchure de la Garonne reste en dessous de la normale. La nappe des sables du Maine ou de la craie de Touraine ainsi que
les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
sont les plus déficitaires. Côté tendance, le BRGM précise qu'en cette « période pré-estivale 2012, sur l'ensemble du territoire, un tiers des niveaux (32 %) est orienté à la hausse et une grande partie (38 %) confirment une relative stabilité. 30% des indicateurs présentent cependant des niveaux qui sont encore en baisse ».
« On ne parle plus de sécheresse de surface ou agricole mais attention, la
sécheresse hydrologique, même si la situation s'est améliorée, n'est pas résolue.
On reste encore en dessous de la moyenne » affirme Cyrille Duchesne,
prévisionniste pour Météo Consult -La Chaîne Météo. Pour ce spécialiste,
on a une bonne idée de l'amélioration de la situation des nappes en
constatant que, normalement, à cette époque de l'année, on devrait plutôt
constater un début de baisse des nappes sur l'ensemble du pays, ce qui
n'est pas le cas. « Encore une fois, oui, il y a bien une amélioration, mais de
court terme. Pour le plus long terme et pour un retour à la normale pour
l'ensemble des nappes, il faudra encore un à deux hivers bien arrosés, notamment sur le Bassin parisien. Et en particulier avec des quantités d'eau importantes entre novembre et mars, période la plus propice aux rechargements des nappes », insiste Cyrille Duchesne.

État des cultures

Du mieux aussi pour les cultures mais la prudence reste de mise. Côté maïs,
les « semis précoces de fin mars sont très beaux et ceux, plus tardifs, sont
très hétérogènes avec des peuplements assez moyen » estime-t-on du côté de l'Association générale des producteurs de maïs. Il n'y a pas d'inquiétude
pour le moment et le potentiel est préservé. Globalement, les semis
ont débuté avec un peu de retard et sont un peu lent à démarrer, ce qui
signifie une récolte probablement légèrement décalée par rapport aux
dernières années. On ne constate pas non plus une pression excessive du
côté des ravageurs, le gel d'hiver ayant assaini correctement les sols. La seule crainte actuelle est le ver gris, en attaque.
Côté blé, le dernier bulletin publié par l'association générale des producteurs de blé constate qu'à « l'heure actuelle les conditions climatiques rendent peu probable un déficit hydrique pénalisant, au moins dans les régions les plus précoces ». Là où le gel a endommagé les cultures, on constate un « peuplement épis proche de la normale.

Dans les autres régions, les peuplements et les biomasses sont aussi satisfaisants. La trajectoire du rendement moyen français se situe donc
aujourd'hui au-dessus de la récolte 2011, et au moins au niveau de la
moyenne des 5 dernières années ». Trois éléments d'incertitude, qui ne
sont pas levés à la mi juin, tempèrent ce tableau : un risque sur la fertilité
des épis, lié aux faibles températures, parfois couplées à des rayonnements bas, au moment de la méïose et de la floraison des blés; un risque toujours
présent de haute température en cours de remplissage, qui peut pénaliser
la composante « poids de mille grains ». Inversement, la poursuite
des conditions actuelles permettrait d'atteindre des poids de mille grains
très satisfaisants, et d'accroître de quelques quintaux le rendement
moyen ; enfin, une incidence des maladies de fin de cycle (septoriose,
fusarioses) sur le rendement et la qualité des blés, dans un contexte climatique favorable à leur développement.
Cependant, hors grandes cultures, certaines filières ont déjà payé un
lourd tribut à cette fin d'hiver début de printemps atypique. Les vignerons
du Var garderont un très mauvais souvenir du mois de mai 2012 et ceux
de la région de Gruissan (Aude) maudiront le début de mois de juin. Dans
les deux cas, des averses hyper violentes de grêle ont détruit de très
randes surfaces de vignes.
L

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