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Maurice Imbert président de la section porcine de la FDSEA
«Les fondamentaux des marchés ne sont plus respectés»

Maurice Imbert président de la section porcine de la FDSEA fait le point sur la situation au 21 août. Alors que le cours du porc se redresse, le prix des céréales atteint des sommets, le marché est complétement bouleversé, les charges d'exploitation augmentent encore… "bref on ne sait plus".

Maurice Imbert Président de la section porcine de la FDSEA.

«On ne sait pas… Les fondamentaux des marchés ne sont plus respectés. Tout est bouleversé.Le phénomène est un peu nouveau et entraîne une psychose…» des mots très fort pour le président de la section porcine de la FDSEA, Maurice Imbert, qui invite tous les acteurs de la filière, les professionnels, la grande distribution, les consommateurs, les pouvoirs publics à réagir.
C’est la panique sur le marché de la céréale.Les acheteurs ont passé ou passent des contrats, avec un acompte, sans savoir quel prix ils devront payer.Des coopératives ont proposé des tarifs différents aux éleveurs en fonction de leur date d’achat, et ce à quelques jours près. Les éleveurs qui fabriquent leur aliment à la ferme, ne connaissent plus le prix de revient de l’alimentation de leurs animaux compte tenu de la flambée des cours des matières premières et de leur fluctuation.Ceux qui achètent des aliments voient chaque semaine s’envoler les tarifs annoncés. Et côté vendeur, c’est pareil. C’est un flou total.

Spéculation
Maurice Imbert est amer : «Aujourd’hui pourtant, la récolte est terminée.On connait donc les stocks disponibles.Alors, cette situation… c’est spéculatif».Comment explique-t-on cette situation ? C’est dû à la flambée des prix des matières premières et de la sécheresse qu’ont connu la Russie et les Etats Unis.Mais le président reste dubitatif : «Il y a beaucoup d’intox».
Cette situation est catastrophique pour l’élevage, toutes espèces confondues.Et même, Maurice Imbert va plus loin, c’est tout le travail réalisé depuis 20 ans sur le département dans le cadre de la valorisation de nos filières de qualité qui est aujourd’hui remis en cause.Avec le cours des céréales qui s’envole, les éleveurs préfèrent vendre leur production plutôt qu’autoconsommer.Les producteurs de Lentilles pourraient avoir tendance à se tourner aussi vers les céréales aux rendements plus sûrs.Et les éleveurs de porcs, déjà mis à mal par des crises successives, la mise aux normes de leurs bâtiments, la pression environnementale… sont pris à la gorge et nombre d’entre eux ont envie d’arrêter. «En 2011, l’augmentation des coûts de production s’est élevé à + 30 000 € pour un élevage de 100 truies.Cette année avec une hausse de 80 €/t de céréales (700 t pour 100 truies), la note monte à plus de 50 000 €. Voilà en chiffres la réalité» souligne Maurice Imbert.
Seul coin de ciel bleu dans ce paysage, ce sont les cours du porc qui s’affichent en vert.«Depuis une dizaine de jours, la barre psychologique des 1,50 €/kg de carcasse au cadran a été franchie.C’est une bonne nouvelle, mais malheureusement cela ne suffit pas à absorber la hausse des charges».
Néanmoins, le président de la section porcine se refuse à baisser les bras.Il continue le combat et insiste sur la nécessité de faire «un gros travail de communication.Communication auprès de la Grande distribution, des consommateurs et bien sûr des pouvoirs publics pour trouver des solutions».Mais il est très clair : «On ne veut pas de prêts de trésorerie ; on n’a pas fini de payer ceux de 2007.On veut que la hausse des coûts de production soit répercutée sur nos prix de vente». Et de pointer une situation antagoniste : «actuellement, on manque de cochons.Pendant cette période de grande consommation, on n’a plus de porcs dans nos élevages…». Maurice Imbert attend aussi de la PAC, une réelle prise en compte des productions en difficulté, avec des mesures de soutien.

Quelles solutions peuvent-être mises en place pour contrer le problème de la hausse des prix des matières premières dans lalimentation des porcs ? Réponse en vidéo.

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