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Dégâts de gibier
Le sanglier, la bête noire des agriculteurs

Face à une situation qui s’envenime sur plusieurs communes de Haute-Loire, la FDSEA dénonce la non maîtrise de la population de sangliers par les chasseurs. les dégâts sont importants et les indemnisations insuffisantes. Les agriculteurs sont excédés, et le président de la FDSEA lance un ultimatum.

Entre agriculteurs et chasseurs, le problème du sanglier attise la tension.

Le torchon brûle entre les chasseurs et les agriculteurs, et l’objet de la discorde est une fois encore le sanglier et les dégâts qu’il occasionne.Dans les maïs, dans les céréales, dans les prairies, dans les semis… et désormais toute l’année, ce nuisible fait des dégâts considérables dans certains secteurs de Haute-Loire, toujours les mêmes ; des communes épinglées comme points noirs (voir carte ci-contre).
Alors dans les campagnes, les agriculteurs sont excédés tout comme les responsables professionnels, à l’instar de Gilbert Guignand qui estime aujourd’hui le dialogue rompu avec les chasseurs (voir encadré).
Quant au président de la Fédération Départementale de la Chasse, Louis Garnier, il minimise le problème.Dans ses propos rapportés par notre confrère La Tribune-Le Progrès, il estime que «la réalité est toute autre : les dégâts ont baissé d’un tiers par rapport à 2011 !».Ce à quoi, la section Chasse de la FDSEAapporte quelques explications.Sur la période 2010/2011 (de juillet à juin) les indemnisations suite aux dégâts sur les cultures liés aux sangliers étaient de l’ordre de 185 000 € soit un chiffre multiplié par 4 en 5 ans.Si en 2011/2012, ces indemnisations baissent d’un tiers, elles sont néanmoins bien trop importantes encore par rapport à une situation que l’on pourrait qualifiée de «normale».
Pour pallier ces problèmes récurrents, depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis 3 ans, des solutions ont été proposées : battues de destruction autorisées par l’administration au printemps, tirs de nuit en été, ouverture anticipée au 15 août… réunions avec chasseurs et agriculteurs, courriers de la FDSEAà la Fédération de Chasse… Mais il faut bien constater que les problèmes perdurent.

Plusieurs points noirs
Les agriculteurs pointent donc plusieurs problèmes ou dysfonctionnements. L’agrainage, pourtant réglementé, est encore pratiqué de manière illicite, et de sérieux soupçons portent sur des lâchers de sangliers. La protection des cultures, théoriquement du ressort des chasseurs, est trop souvent insuffisante par manque de moyens ou de volonté des ACCA. Et en terme d’indemnisation, les agriculteurs ne s’y retrouvent pas.L’estimation des récoltes perdues se fait sur pied, or en cas d’achat de substitution, il faut rajouter le coût du travail et du transport, le surcoût pour des aliments achetés plus tard.Autre frein, et de taille, c’est le montant minimum de l’indemnisation fixé à 76 €. Et pourtant, 76 €, cela correspond à environ 4h20 de remise en état manuelle de dégâts, 7 400 m² de remise en état légère de prairie sans semis, 3 570 m² de resemis de céréales, 2 054 m² de dégâts de fourrage sur des prairies permanentes, 927 m² de dégâts sur des orges à 40 qx de rendement… autant dire des dégâts loin d’être minimes.
Dans un contexte conjoncturel difficile avec des hausses des charges sur les exploitations, le non respect de leur travail met les agriculteurs dans une colère «noire» ; noire comme la couleur des sangliers qui les hantent.

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Ultimatum

Gilbert Guignand président de la FDSEA lance un ultimatum aux chasseurs : «Pendant quelques années, les responsables de la FDSEA, sans être naïfs, ont accepté de discuter et d’échanger avec les chasseurs, en participant aux Comités de Massifs.On s’est vite aperçu qu’entre les décisions prises et leurs applications sur le terrain, les écarts se creusent.Sur certaines communes, les chasseurs n’ont plus aucun respect pour nous et notre travail.
Alors, aujourd’hui, sauf si les chasseurs changent leur fusil d’épaule et acceptent de faire un pas en avant, il est inutile de se revoir.Ce serait du temps perdu. S’ils restent sur leurs positions, à savoir faire de l’élevage de sangliers sur nos terrains, on retirera nos terres aux ACCA».

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