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Installation
Julien Gérenton est heureux : ses brebis, blanches ou noires, sont

Julien Gérenton, installé à St Vincent, vient de réceptionner son troupeau de brebis Blanches du Massif central  qui arrivent du Puy-de-Dôme. Les choses sérieuses commencent…

Julien Gérenton devant son troupeau de brebis

 Installé depuis le 31 novembre 2018, Julien Gérenton affiche aujourd’hui un large sourire devant son troupeau de près de 200 brebis qu’il vient d’acheter. Cette fois, c’est parti "je suis éleveur" dit-il car le parcours a été long et sinueux.
À 36 ans, le jeune homme est près du but. Même si tout n’est pas encore calé, il a réceptionné la semaine dernière une troupe de 174 brebis Blanches du Massif-Central gestantes. Elles doivent agneler d’ici un mois, une échéance particulièrement attendue par Julien et Christelle sa compagne. Elle n’est pas agricultrice mais aide-puéricultrice en formation d’aide soignante, et elle soutient son conjoint dans son projet ; mieux, elle apporte son aide à l’occasion, notamment au moment des mises-bas… prévoit-elle avec humour et un certain plaisir.
De nombreux contre-temps
S’il n’est pas fils d’agriculteurs, Julien est néanmoins issu d’une famille rurale : "mes grands parents étaient du milieu agricole et habitaient ce village", Ceneuil sur la commune de St Vincent. Avant de réaliser son rêve, Julien Gérenton a travaillé 18 ans comme mécanicien auto. Mais son projet, il l’a mûri au fil des ans tout en élevant quelques brebis pour le plaisir.
En 2016, il passe le BPREA et se lance dans l’aventure. Une aventure semée d’embûches et de contre-temps, qui ne parviendront pourtant pas à entamer sa motivation.
À plusieurs reprises, il a étudié la reprise d’exploitations. Trop petit donc pas viable, trop gros donc trop cher… Puis les choses se sont faites progressivement. Un ancien agriculteur le contacte pour lui proposer 15 ha en location, puis une agricultrice Christiane Jouve prend sa retraite et lui propose de reprendre son exploitation laitière avec 42 ha et les bâtiments dont un poulailler qui sera alors transformé en bergerie. Aux vaches, il préfère les moutons… Les choses semblent s’accélérer, pourtant, le jeune agriculteur devra encore patienter en raison de problèmes administratifs… et si, tout va bien, son installation sur cette exploitation devrait être officielle d’ici janvier 2021.
Entre temps, il a mis à profit ces longs mois pour se former. Il fera un stage à Vorey chez Roland Veyrac un adhérent à l’APIV (Association de Producteurs de Viande Indépendants), ce qui lui permettra de bénéficier d’un bon parrainage et de rencontrer les animateurs de cette association, qui pourront alors lui apporter conseils et aides. C’est ainsi, qu’il aura l’opportunité d’acheter ce troupeau de BMC auprès d’un éleveur du Puy-de-Dôme confronté à un incendie de son bâtiment. "C’était une opportunité à ne pas louper" lance-t-il, appuyé par Christian Pantel qui confirme que "c’est un très bon troupeau et qu’un agnelage imminent permettra à l’éleveur de rentrer de l’argent d’ici 6 mois".
Un projet réfléchi
Avec l’aide des techniciens, Julien Gérenton a affiné son projet. En plus des BMC, il a réservé 50 agnelles Noires du Velay (coup de cœur pour cette race). Il bénéficie du Plan de filière régional pour l’achat de béliers, et signe un contrat d’achat aidé de 50 agnelles par an sur 3 ans. Il met en place un système de conduite en 3 agnelages en 2 ans et va commercialiser ses agneaux avec Greffeuille sous Label Rouge agneau Laiton. "Une garantie pour commercialiser et valoriser ses produits". Notons que pour optimiser sa production, il va, selon les recommandations du label, faire du croisement Charollais. Pour l’alimentation de son troupeau, ayant beaucoup de terres labourables, l’éleveur pense être autonome en fourrages.
Ses brebis rassemblées à proximité du poulailler-bergerie, Julien Gérenton mesure le chemin parcouru pour en arriver là, pour atteindre le but qu’il s’était fixé. Et en regardant dans le rétroviseur, même s’il démarre seulement, il prouve que sa détermination et sa patience ont fini par payer, et que tous ces méandres l’ont aidé à mieux préparer son installation et à s’entourer de techniciens et d’éleveurs sur lesquels il a pu s’appuyer. Et maintenant, il attend ses premiers agneaux…

 

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