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Journée technique pour toutes les agricultures

Six Ateliers Tech&Bio sont organisés en Haute-Loire le 17 septembre prochain au Gaec du Fultin à Dunières.  Mickael Vacher responsable du Pôle Bio au Bureau de la Chambre d’Agriculture vous invite à participer.

Des essais seront visibles lors de la journée Tech&Bio, comme ici avec au premier plan du Teff Grass et à l’arrière le sorgho Pipper.

Les chiffres annoncent plus de 500 exploitations en bio en Haute-Loire. Selon vous, où en est l’agriculture biologique sur notre département ?
Mikaël Vacher, élu Chambre d’Agriculture en charge du Pôle Bio : Nous avons connu un gros développement de l’agriculture biologique en Haute-Loire ces dernières années, notamment en lait avec la demande de Sodiaal qui recherchait des producteurs pour sa filière en lait bio. Aujourd’hui, l’agriculture biologique a un poids important sur le département avec 12,5 % des exploitations ; c’est un essor considérable. Pendant longtemps les exploitations en bio, c’était des structures qui ne s’étaient pas beaucoup développées en surfaces et en volumes. Mais maintenant, on retrouve des exploitations bien dans la moyenne des fermes de Haute-Loire. Ça a été un gros changement. Je note aussi que depuis 2016, on a beaucoup de jeunes qui se sont lancés en Bio ; la grosse majorité des exploitations Bio est tenue par des jeunes. Et même au moment de leur installation, les jeunes se posent la question du Bio, alors que ce n’était pas le cas avant. Je me rappelle, quand je me suis installée en 2008, personne ne s’interrogeait sur le Bio. Aujourd’hui, on s’interroge, on y va ou pas selon que l’exploitation est compatible ou pas, mais on y réfléchit.
Quels sont les freins qu’on rencontre aujourd’hui pour passer ou s’installer en Bio ?
M.V. : Le principal frein, c’est la vente du produit. Il faut avoir un débouché, ce qui est relativement facile en production laitière grâce à des entreprises demandeurs. Sur les autres productions, c’est plus compliqué, notamment en viande bovine où on n’a pas un marché suffisamment organisé pour pouvoir passer des contrats et vendre toute sa production en filière Bio. En ovins, on a quelques marchés très spécifiques qui marchent très bien.
Et sur la technique ?
M.V. : En Bio, l’objectif n’est pas de faire des rendements comme en conventionnel, mais de produire avec ce qu’on a sur l’exploitation, avec les surfaces et les terres qu’on a… C’est d’être le plus autonome possible, de raisonner sur la globalité de l’exploitation et de se réappropprier les bases de l’agronomie, qu’on avait un peu oubliées.
L’agriculture biologique, c’est un retour en arrière ?
M.V. : Moi je pense que l’agriculture biologique, c’est plutôt une avancée. C’est produire avec ce qu’on a, plutôt que d’aller chercher des intrants qui coûtent de plus en plus chers et amènent à des systèmes qui ne fonctionnent plus. L’agriculture biologique n’invente pas d’outils mais elle redéfinit des rythmes de production. On ne veut pas opposer les agricultures ; il faut les deux. Et dans un département comme le nôtre où il y a peu d’AOP-AOC, le Bio est un label intéressant qui apporte une valeur ajoutée. Il y a encore de la place notamment en lait de vache, de brebis ou de chèvres, en ovins et en porcs. Et bien sûr en productions végétales, en céréales…
Un mot sur la journée Tech&Bio du 17 septembre…
M.V. : Cette journée technique n’est pas réservée aux seuls agriculteurs en bio. C’est une plateforme sur les techniques utilisées en bio, mais elles sont totalement reproductibles sur les exploitations conventionnelles et pourraient apporter énormément en systèmes conventionnels. Aujourd’hui, j’utilise des techniques en bio que j’aurais certainement dû utiliser quand j’étais en conventionnel. Tech&Bio est vraiment ouvert à tout types d’agriculture.

La Haute-Loire a passé la barre des 500 exploitations en Bio

Plus de 12,5 % des exploitations agricoles de Haute-Loire sont aujourd’hui conduites en agriculture biologique, soit 510 ou en conversion (chiffres Agence Bio).
On enregistrait 95 nouveaux engagements bio en n2016, dont 75% en lait, ce qui s’explique par une forte demande de la part des entreprises locales. En 2017 , ça baisse -même si on bénéficie encore un peu de cet engouement- avec 41 nouveaux engagements, puis 25 en 2018 et 36 en 2019.
En y regardant de plus près, sur les 510 exploitations, 158 sont en lait soit 12,5 % des livreurs de lait, 120 en bovins viande, ou encore 130 en productions végétales. On assiste à une augmentation des installations bio dans les productions végétales avec 22 engagements en 2019.

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