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Denormandie
« J’appelle les agriculteurs à prendre part massivement au recensement agricole »

Une nouvelle campagne de recensement agricole va démarrer le 1er octobre. Interrogé par Agra Presse et un pool de journalistes de la presse agricole départementale le 28 septembre, le ministre de l’Agriculture insiste sur l’importance pour les agriculteurs d’y répondre favorablement, considérant qu’il s’agit d’un « acte civique ».

Julien Denormandie Ministre de l'Agriculture

Dix ans après la dernière vague de 2010, votre ministère va lancer une nouvelle campagne de recensement des agriculteurs. Quelle vont être ses modalités ?
Le recensement commencera le 1er octobre et se terminera fin mars 2021. Il concerne les 420 000 exploitations françaises. Chaque chef d’exploitation va recevoir un courrier ou un courriel, qui lui fournira les identifiants pour aller sur le site recensement agricole2020.fr où il pourra remplir le questionnaire. Nous avons voulu faire un questionnaire simple, facile, en partie pré-rempli en utilisant les données de la PAC. Pour 350 000 exploitations, l’agriculteur fera sa déclaration en ligne. Pour les quelque 70 000 exploitations restantes, nous ferons – si l’agriculteur l’accepte évidemment – des entretiens plus qualitatifs, qui permettront d’aller un cran plus loin, de bénéficier du ressenti. J’appelle les agriculteurs à prendre part massivement à ce recensement, c’est un acte civique qui n’a comme autre finalité que de pouvoir adapter nos politiques au bénéfice justement des personnes interrogées.

Qu’attendez-vous du recensement agricole ?
C’est un événement incroyablement important, car c’est ce qui doit nous permettre de définir des politiques publiques qui sont les plus adaptées aux réalités du terrain. Au-delà de la masse des données, ce qui m’intéresse le plus, c’est de savoir, territoire par territoire, quelle est véritablement la situation. J’en attends un outil d’aide à la décision publique pour être sûr que les décisions que nous prenons correspondent à la réalité des territoires. Par exemple, nous sommes en train de discuter de cet incroyable défi qui est au cœur de toute la politique de souveraineté et d’indépendance que je prône depuis mon arrivée : le défi démographique, le renouvellement des générations d’agriculteurs. À chaque fois que je me déplace sur le terrain, j’entends le même chiffre dans tous les territoires : 50% des exploitations vont cesser leur activité dans les cinq à dix ans qui viennent. Cela prouve bien qu’il y a besoin de plus de finesse. Cela change tout de savoir si le défi est immense dans un territoire et un peu moins dans un autre, s’il est à 5, 7 ou 10 ans.

Au-delà de cette dimension territoriale, le nombre global d’agriculteurs sera aussi très commenté. Pensez-vous qu’il doit cesser de diminuer ?
Un pays ne peut pas être fort sans une agriculture forte, et il ne peut pas y avoir d’agriculture sans agriculteurs. Ceci étant dit, y a-t-il un nombre prédéfini d’agriculteurs dans notre pays ? Je ne pense pas que ce soit le bon angle, car ce nombre dépend des évolutions, des moyens de production, des modèles... Jamais je ne m’inscrirai dans une opposition entre modèles. Je trouve complètement décalés, pour ne pas dire absurdes, ceux qui disent que le seul modèle c’est l’export ou, que le seul modèle ce sont les circuits courts. Si nous voulons une France forte, une agriculture forte, nous avons besoin des deux.

Quelle est votre position dans le débat sur la répartition des aides Pac à l’actif ?
C’est une question légitime et nous avons le débat sur la définition au niveau européen. S’il y a une difficulté sur la définition de l’actif, l’idée de soutenir les exploitations qui génèrent de l’emploi, mais aussi qui font vivre nos territoires, est une idée que je porte au niveau européen.

Extrait de l'interview publié sur la Haute-Loire Paysanne du 9 octobre 2020

 

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