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Montagne
"Il faut valoriser nos produits de montagne avec une reconnaissance officielle"

Jean-Pierre Vigier s'est rendu lundi dernier à Salzuit au Gaec éponyme pour parler de sa mission parlementaire sur le lait de montagne dans un contexte de campagne électorale.

La famille Boulet et ses voisins ainsi que les responsables agricoles du département autour du député et conseiller régional Jean-Pierre Vigier sur l'exploitation du Gaec de Salzuit.

Ambiance conviviale ce lundi soir 14 juin sur l'exploitation de la famille Boulet, Roland le père, Vincent le fils et sa compagne et future épouse Séverine, tous trois associés du Gaec de Salzuit situé sur la commune éponyme. Dans le cadre de la mission d'information sur la production laitière en zone de montagne, dont il est le co-rapporteur, Jean-Pierre Vigier, Député, avait convié la presse sur le terrain, pour aborder -avec des agriculteurs du secteur, et en présence, entre autres, de Thierry Cubizolles président de la FDSEA, de Yannick Fialip, Président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et de Mikaël Vacher élu Chambre et par ailleurs candidat à l'élection départementale- les dossiers agricoles et en particulier la filière laitière. Bien sûr les campagnes électorales du moment pour élire les représentants des Régions et des Départements, les 20 et 27 juin prochains, se sont invitées en filigrane, à cette rencontre.
D'entrée, madame le Maire, Pascale Noël, s'est dit ravie de se trouver sur cette exploitation, "une belle ferme propre" et tenue par des "bosseurs". "J'encourage ces éleveurs à poursuivre dans cette voie… C'est une belle image pour notre commune". Vincent Boulet a rapidement présenté le Gaec de Salzuit, aujourd'hui aux mains de 3 associés depuis le départ en retraite de sa maman il y a 3 ans ; à 66 ans, Roland devrait lui aussi bientôt quitter le gaec mais rien ne presse pour lui qui craint alors de s'ennuyer. L'exploitation laitière compte 75 laitières qui produisent un quota de 720 000 litres de lait commercialisé auprès de la coopérative Sodiaal. Les 175 ha servent à nourrir le troupeau avec 60 ha de céréales (une partie est commercialisée), du maïs et le reste en herbe. Une exploitation assez représentative de la Haute-Loire.

"On est au milieu du gué"

Cette exploitation a donc servi de support pour aborder, avec le député, les problèmes agricoles avec en particulier la problématique de la rémunération des producteurs de lait et plus largement des producteurs. Ainsi Jean-Pierre Vigier a fait un point sur sa mission sur la production laitière en zone de montagne : "aujourd'hui, on est au milieu du gué".
Le prochain rendez-vous est en octobre lors du Congrès de l'ANEM (Association nationale des Élus de la Montagne) dont il est vice-président. C'est à cette occasion, qu'il présentera avec sa co-rapporteure Pascale Boyer (​LREM, Hautes-Alpes), les conclusions de leur rapport en présence du Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien
Denormandie. Il veut que "ce rapport ne reste pas au fond d'un tiroir" et insiste, soulignant que ce sera le sujet principal de ce Congrès. Ainsi, il prévient : "Monsieur le Ministre si vous ne faites rien (Ndlr : après avoir pris connaissance de ce rapport), vous en porterez la responsabilité".
Dans ce rapport, l'état des lieux montre que pour le tiers des exploitations qui commercialisent leur lait sous AOP ou IGP, "ça ne va pas trop mal". Quant au reste de la filière, si "elle est essentielle, elle reste fragile". Le rapport montre bien qu'en montagne c'est toute la filière (production, collecte, transformation) qui a un coût supérieur aux zones de plaine, et pourtant le prix de vente est le même, de l'ordre de 310, 320 €.
Alors se posent plusieurs questions. "Pourquoi le lait de montagne n'est-il pas reconnu à sa juste valeur, alors que les vaches sont élevées à l'herbe, que le lait est de qualité… ?" Alors qu’Évelyne Boulet souhaite parler de produits de montagne plutôt que de se limiter au lait de montagne, Jean-Pierre Vigier dit vouloir élargir son rapport pour effectivement englober tous les produits de montagne. Autre question : "pourquoi la loi Egalim reconnaît la spécificité des produits fermiers mais pas ceux de montagne ?" Il rappelle que la notion de Montagne est reconnue au niveau européen, que certaines entreprises utilisent cette dénomination, mais qu'aucune rétribution n'y est associée.

"Il faut valoriser nos produits de montagne"

Le message que Jean-Pierre Vigier a voulu porter ce soir à Salzuit, c'est : "il faut qu'on arrive à valoriser nos produits de montagne avec une reconnaissance officielle ; il n'est pas normal que le lait de montagne, un lait de qualité, soit payé le même prix que du lait d'ailleurs". Lors des nombreuses auditions réalisées par les 2 députés lors de cette mission, 4 points ont clairement été identifiés et ce par tous les acteurs rencontrés : "la valorisation, le surcoût, l'investissement bâtiment et l'attractivité du métier". Dans ce rapport, sont donc préconisés des exonérations fiscales et sociales pour compenser les surcoûts, des aides spécifiques à l'investissement et des efforts de communication, de formations pour redonner de l'attractivité à ce métier, mais aussi et surtout la reconnaissance de la spécificité Montagne".

"Ouvrez vos fermes…"

Les échanges ont ensuite débordé sur des problématiques rencontrées régulièrement par les agriculteurs, notamment au sujet de l'image de ce métier. Si le député a redit aux agriculteurs que "la grande majorité des citoyens aiment les agriculteurs", ces derniers se sentent trop souvent la cible de critiques et de d'acharnements administratifs, agacés par "des minorités donneuses de leçons qui voudraient leur expliquer comment faire leur travail".
Des témoignages et un ras-le bol que l'élu comme les responsables professionnels présents connaissent bien. S'ils demandent encore une fois, un allègement de la sur-administration française et un peu plus de bon sens de la part des contrôleurs et autres agents administratifs, ils invitent aussi les agriculteurs eux-même à faire la promotion de leurs pratiques et de la qualité de leurs produits. "Ouvrez vos fermes…" lance Jean-Pierre Vigier, persuadé qu'il faut montrer et expliquer. Et à l'issue de cette rencontre, le député a affirmé être "fier de (nos) agriculteurs dont le métier est noble", rappelant que l'agriculture est le maillon fort de la ruralité. Il insiste aussi sur la complémentarité entre villes et campagnes et sur l'importance de développer l'économie des territoires pour maintenir des services, rappelant que "l'agriculture est génératrice d'emplois" avant de conclure "c'est la vie de nos territoires ruraux".

 

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