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Il est encore possible de semer des céréales en février

Dans le Brivadois et la vallée de la Loire, les semis d’automne n’ont pu être réalisés en raison de conditions météorologiques défavorables. Bernard Daudet, conseiller à la Ch. d’agriculture, propose des solutions alternatives.

Les conditions météorologiques de cet automne ont empêché certains semis de céréales en Haute-Loire. Peut-on dresser un bilan précis des conditions de semis dans notre département ?
Bernard Daudet : «La plupart des semis se sont réalisés dans de bonnes conditions. Les céréales sont entrées dans la période hivernale à un stade de 3 feuilles à début tallage, leur permettant de résister au mieux aux conditions difficiles. Les sols recouverts de neige n’exposent pas les céréales à de grands risques. En revanche, les parcelles souffrant d’excédents d’eau, provoqueront des asphyxies racinaires et pertes de pieds sur les blés, triticales et orges.
Dans le secteur du brivadois et la vallée de la Loire, zones où l’on sème plus tardivement, un quart des semis d’automne n’ont pu être réalisés à temps».

Existe-t-il des solutions de rattrapage pour les agriculteurs qui n’ont pas pu réaliser leurs semis de céréales ?
Bernard Daudet : «D’après Arvalis-Institut du Végétal dans sa parution «Choisir2007-automne»,  si en janvier il est encore possible de semer pratiquement toutes les variétés de blé tendre, la question devient plus délicate au mois de février. A partir de cette période, il faut en effet s’assurer que les besoins en vernalisation (voir encadré ci-dessous) de la variété pourront être satisfaits».


Et à présent, quelles variétés conseillez-vous de semer ?
Bernard Daudet : «Tout d’abord, quelle que soit la variété ou l’espèce, la date de semis optimale d’une céréale de « printemps » se situe entre le 15 et la fin février. Plus on s’éloignera de cette date et plus le potentiel de rendement sera affecté. Pour ce type d’implantation, les conditions au moment des semis sont cruciales pour assurer un enracinement satisfaisant.
Pour les blés : en fin janvier-début février, il ne faut plus semer les variétés hiver à très hiver comme Charger, Claire, Forban, Shango, Lancelot, Caphorn.
Les variétés ½ hiver comme Apache, Soissons, Isengrain, Orvantis et Cézanne peuvent encore être semées jusqu’à la première semaine de février.
Pour les triticales : Wilfried, Trimour, Bienvenu peuvent se semer jusqu’à fin février au plus tard.
A partir du 15-20 février, il est préférable de retenir des variétés plus alternatives comme Andalou, Aubusson, Sponsor et les nouveautés Palédor ou Richepain. Il est important de choisir une variété dont la précocité est adaptée à votre région.
A partir de début mars, il est préférable de s’intéresser aux variétés de printemps qui sont plus adaptées à des semis tardifs, toutefois les variétés les plus alternatives comme Cézanne peuvent encore être semées en début de mois. Pour des réimplantations si tardives, le choix d’une espèce de printemps, telle que l’orge, est bien souvent le plus judicieux.
Comme il est impossible de savoir si les conditions climatiques permettront une levée rapide et que la vernalisation se réalisera dans de bonnes conditions, choisir une variété alternative ne peut se faire sans risque.
Blé de printemps : Joslin, Tecnico, Furio, Epos, Cadenza
Orge de printemps : Prestige, Atraction, Cérés.
Notons qu’à ce jour,  les disponibilités en semences sont faibles, contactez donc votre fournisseur au plus tôt.
En alternative, sur des terres non ensemencées en céréales, la culture de maïs reste également une solution pour le printemps 2009.

Bilan météo automne-hiver

Les conditions météorologiques ont été plutôt sèches de septembre 2008 à la mi-octobre.
A partir de la deuxième quinzaine d’octobre, suivie des fortes averses du 2 novembre, le bilan hydrique est resté excédentaire tout l’automne. Cet hiver connaît des conditions neigeuses fréquentes et abondantes. Au dessus de 1000 m d’altitude, les sols sont recouverts depuis mi-décembre.

Zoom sur la vernalisation

Arvalis-L’institut du végétal définit la vernalisation de la manière suivante : «La vernalisation est un processus nécessaire, indispensable, et préalable au passage de l’état végétatif à l’état floral. Il est acquis par un séjour de la plante à des températures basses, l’optimum se situant entre 3°C et 11°C.
Au delà, le processus est acquis d’autant plus lentement que la température s’éloigne de ces 2 seuils, pour s’annuler à des températures >17°C ou <-4°C. Quand la température est par ailleurs trop élevée, il est alors possible que des phénomènes de « dévernalisation » opèrent : une partie de ce qui a été acquis par la plante est perdue, et il faut attendre de nouveau des jours vernalisants pour atteindre l’état acquis préalablement. En outre, la vernalisation ne peut débuter que si le grain a germé, ce qui signifie qu’en cas de semis en conditions très sèches, si le grain ne germe pas, tout se passe comme si la date de semis était retardée. Selon les variétés de blé, les besoins en jours de vernalisation varient de 15 jours (variétés alternatives) à 60 jours (variétés très hiver). Cette caractéristique variétale est décrite par une note d’alternativité donnée par le GEVES. Les variétés de blés sont classées de très hiver à alternatives puis à printemps».

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