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Inclusion
Handicap et travail en agriculture : des adaptations existent

Le monde agricole, au même titre que la société, se veut inclusif et trouve des solutions d’adaptation pour pouvoir accueillir dans les différentes filières des personnes en situation de handicap.

Travailleur handicapé dans une serre.

Toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont réduites suite à l’altération d’une ou plusieurs de ses fonctions physiques, sensorielles, mentales ou psychiques, peut être reconnue comme travailleur handicapé. " Dans 80 % des cas, le handicap est invisible ", explique Nicole Saunier, chargée d’études et de développement au sein de l’Agefiph (association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) dans le Rhône. Pour intégrer une personne handicapée au sein d’une entreprise agricole ou agroalimentaire, des solutions d’adaptation sont nombreuses face aux multiples formes de handicap, et ce, malgré les idées reçues. Une personne ne pouvant pas rester longtemps en position debout peut bénéficier, par exemple, d’un siège assis-debout. Autre exemple, un jeune agriculteur devenu paraplégique à la suite d’un accident a fait aménager sa salle de traite pour pouvoir poursuivre son activité de façon autonome. Ou encore une jeune agricultrice, qui, à la suite d’une opération de la hanche, s’est munie d’un taxi-lait (chariot pour transporter le lait) pour la soulager dans ses tâches quotidiennes. " Dans ces cas-là, l’Agefiph va alors participer à la prise en charge du surcoût engendré par le handicap ", prévient Nicole Saunier. Avant de rappeler : " Tout handicap ne demande pas systématiquement un aménagement de poste. Mais il est important que chaque DRH (directeur des ressources humaines) ou référent handicap s’assure que l’employé en question n’ait pas besoin d’un aménagement ou d’un accompagnement particulier ", poursuit-elle.

Handicap et licenciement

Face au licenciement, les salariés handicapés sont protégés par l’article L. 122-45 du Code du travail qui interdit tout licenciement d’un salarié " en raison de son état de santé ou de son handicap ". Une loi qui les protège même en cas d’aggravation du handicap. Dans ce cas, la médecine du travail pourra proposer des adaptations de l’emploi occupé voire des pistes de reclassement professionnel. D’ailleurs, l’employeur a le devoir de mettre en place toutes les dispositions nécessaires (aménagement de poste, modification d’horaires de travail, etc.) afin de préserver le maintien de l’emploi de ces personnes. Cependant, si ce type d’aménagement n’est pas possible à mettre en place, ou si l’état de santé de la personne handicapée se dégrade, l’employeur peut demander un licenciement pour inaptitude. Celui-ci interviendra après un avis de la médecine du travail.

Une obligation d’emploi

Toute entreprise de plus de vingt salariés est tenue de compter – parmi ses employés – a minima 6 % d’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) de leur effectif total ", ajoute Nicole Saunier. " Les entreprises qui ne respectent pas cette obligation devront verser à l’Urssaf une contribution. Celle-ci sera ensuite reversée à l’Agefiph, permettant à l’association de financer le surcoût que peut engendrer le handicap d’une personne au sein d’une entreprise (équipements techniques, intervention humaine, etc.). Depuis la réforme de la loi handicap au 1er janvier 2020, tous les employeurs – même ceux qui comptent moins de vingt salariés - doivent déclarer les travailleurs handicapés pour mieux identifier et répondre à leurs besoins ", précise le ministère.

Une rémunération équitable

Un travailleur handicapé doit être considéré comme n’importe quelle personne qui souhaite mettre ses compétences au service d’une entreprise. La rémunération doit se faire dans un souci d’égalité et d’équité ", rappelle Nicole Saunier. 

Ainsi, le salaire d’une personne en situation de handicap ne peut pas être inférieur à celui fixé par le Code du travail, et donc inférieur au salaire minimum de croissance (Smic).

Des aides pour soutenir l’alternance et l’apprentissage

Pour encourager les employeurs à recruter une personne handicapée en contrat de professionnalisation ou en contrat d’apprentissage, l’Agefiph propose des aides financières. Le montant maximum est de 5 000 € pour un contrat de professionnalisation et de 4 000 € pour un contrat d’apprentissage. " Il s’agit d’une prime incitative ", annonce Nicole Saunier. Pour percevoir ces aides, l’entreprise doit assurer à une personne en situation de handicap un contrat d’une durée de 6 mois minimum, avec au moins 24 heures de travail hebdomadaire. Ces aides sont cumulables avec les aides à l’emploi et à l’insertion professionnelle, délivrées par l’État ou les conseils régionaux, comme l’aide à l’accueil, à l’intégration et à l’évolution professionnelle, l’aide à l’adaptation des situations de travail, aides à la formation pour le maintien de l’emploi, etc.

 

Zoom sur ...

Un DuoDay© à la FDSEA Haute-Loire

Pour favoriser l'insertion des personnes handicapées dans le milieu du travail et créer de nouvelles opportunités professionnelles pour elles, le Secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées et ses partenaires l’Agefiph, le FIPHFP, Cap Emploi, Pôle Emploi, le réseau des Missions Locales et l’Algeei, organisent chaque année l'opération DuoDay©. La quatrième édition a eu lieu pendant la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées (SEEPH) le 18 novembre dernier. 

DuoDay© consiste, pour une personne en situation de handicap, à composer, le temps d’une journée, un duo avec un professionnel pour découvrir son poste, ses missions et son environnement de travail. La FDSEA de Haute-Loire participait à cet événement en vue de faire découvrir ses métiers (administratifs et agricoles) et accueillait Jeanne Louche-Derval, une jeune femme de 27 ans atteinte d’une maladie chronique, qui la conduit à suivre un traitement qui la fatigue, ce qui complique son entrée sur le marché du travail. Depuis 2017, Jeanne travaille bénévolement au sein de l'asssociation Jeunes Pousses - Le P'tit Café, un lieu d'accueil et d'animations au Puy-en-Velay, et elle aimerait à présent intégrer le monde du travail "ordinaire". C'est en s'inscrivant à Pôle Emploi qu'elle s'est vue proposer une participation à DuoDay©. "Je voulais découvrir un emploi administratif. Je me rends compte que les tâches peuvent être variées et je pense que cela me plairait. En plus je trouve que travailler en équipe, c'est convivial et puis j'aime voir du monde'" explique Jeanne avec le sourire.

Du côté de la FDSEA, la directrice Anne Rogues a indiqué que le syndicat agricole était inscrit sur la plateforme DuoDay© depuis 2019 : "Je tenais à ce que le monde du handicap entre dans l'entreprise et dans l'agriculture. Il s'agit d'intégrer les personnes handicapées au même titre que les autres, même si dans une entreprise à petit effectif comme la nôtre, nous n'avons aucune obligation en la matière. Je trouve que l'on pourrait travailler davantage en inclusion avec le handicap dans le monde du travail ; le handicap fait partie de la vie et il devrait faire partie de la vie professionnelle aussi !". Et d'ajouter : "en agriculture, la voie du handicap reste à exploiter".

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