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Grande désorganisation du marché en porcs

Maurice Imbert, président de la section porcine de la FDSEA43 fait un point sur la filière au niveau national et en Haute-Loire, soulevant de nombreuses interrogations pour les semaines à venir.

Le porc entre dans une période de grande incertitude.

»Les flux commerciaux sont complètement désorganisés» lance Maurice Imbert président de la section porcine de la FDSEA de Haute-Loire, faisant le point sur la filière porcine au niveau national et local. Si jusqu’à la semaine dernière, le marché du porc s’était maintenu avec même un élan de reprise en ce début d’année 2020, la situation tend à amorcer une baisse. Fin 2019, les cours étaient à 1,40 pour arriver à 1,55 €/kg au15 mars. 
Il explique : «La Chine importe toujours, mais en France on n’est pas bien placé sur l’export. L’activité dans les ports est perturbée, les grosses salaisonneries sont fermées, on arrive à Pâques une période peu propice pour le porc, et en grande distribution après la ruée sur les rayons au début du confinement, la consommation est en chute…».
On entre donc dans une période de grande incertitude, selon  Maurice Imbert. «Pour moi, ça va baisser» dit-il en s’interrogeant notamment sur le prix des matières premières qui va augmenter comme c’est déjà le cas sur le tourteau. Qu’en sera-t-il des céréales ? Autres interrogations. «La Chine, qui porte le marché, est toujours très demandeur. Mais ses principaux vendeurs, l’Allemagne et l’Espagne, vont-il continuer d’exporter ou vont-il jouer un peu plus le protectionnisme ? Et du côté de la consommation, le porc, une viande pas chère, prend un peu le pas sur le boeuf et l’agneau, des viandes pascales traditionnellement». Tous ces paramètres posent aujourd’hui questions sans donner de réponses.
De nombreuses interrogations
Sur le plan local, Maurice Imbert souligne que «cette période de Pâques est toujours compliquée pour la viande de porc, mais les éleveurs n’ont pas de stock dans leurs porcheries». Néanmoins, là aussi, «les flux sont totalement désorganisés». Et de faire le point  : «les salaisons situées en bord de routes accusent une forte baisse de leur chiffre d’affaires car il n’y a pas de flux, pas de passage. De même, ces boucheries avaient bien travaillé, avec la profession et les collectivités, sur la restauration collective, et là aussi c’est arrêt total. Les boucheries de bourg semblent mieux tirer leur épingle du jeu en tant que commerces de proximité. Les grosses salaisonneries sont à l’arrêt. Quant à la Grande distribution qui s’est fait dévalisée en début de crise, maintenant ça bricole un peu…».
Voilà pour l’analyse à ce jour par le président de la section, qui note une grande incertitude pour l’avenir à plus ou moins long terme. Mais par ailleurs, il tient à souligner des effets positifs de cette situation qui a poussé certains opérateurs à se réorganiser et à commercialiser différemment.
Ainsi, plusieurs bouchers ou vendeurs directs se sont tournés vers internet pour capter des commandes et ils organisent des livraisons y compris pour du frais. 

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