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Ch. Agriculture
Estimation de l'impact de la hausse des charges sur les exploitations du département

Chambre d'agriculture Outre le tour habituel de l'actualité agricole, la session du 26 novembre a permis d'aborder la problématique de l'inflation des prix agricoles sur les revenus des agriculteurs altiligériens.

Yannick Fialip président de la Chambre d'Agriculture de Haute-Loire et Christian Buffière directeur, à la tribune.

Depuis un peu plus d'1 an, les charges des exploitations explosent littéralement. Quelle que soit la production animale, on observe une augmentation marquée de l'indice des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA) qui mesure les variations des prix d'achat supportés par les exploitations agricoles. En tenant compte de cet indice, la Chambre d'agriculture a quantifié cette inflation des prix avec une variation de +50% pour les carburants, +40% pour les engrais, +12% pour les aliments du bétail et pour les fournitures d'élevage et surfaces. Même s'il est encore trop tôt pour évaluer l'impact sur les trésoreries mensuelles, en tenant compte de l'évolution des prix de vente sur 1 an des agriculteurs (+5 à 7 % pour le lait ; +4% pour la viande bovine ; +9% en viande ovine), les services "production animale et végétale" de la Chambre d'agriculture ont réalisé des simulations sur des exploitations-types de Haute-Loire.

La hausse des charges citée ci-dessus devrait impacter négativement le revenu disponible des éleveurs laitiers. "Dans le cas d'un Gaec à 2 associés, 65 vaches sur 117 ha de SAU, un volume produit de 461 123 L et un revenu 2020 par UMO de 33 865€ (avant charges sociales), on estime à -7%, soit - 2434 € la perte de revenu" indique Patrice Mounier chef de service élevage, en signalant une grande variabilité selon les systèmes (plus ou moins intensifs).

En ovin viande, exploitation en individuel de 68 ha, 360 brebis et 90 agnelles, productivité de 1,6 agneau/brebis, un revenu par UMO de 25 161 €, la flambée des charges serait visiblement compensée par l'augmentation des prix de vente. Ainsi sur ce type de fermes, le revenu disponible sort positif (1776 € soit +7%).

Bovins viande : les plus impactés

C'est finalement les exploitations en bovin viande qui seraient les plus impactées. La simulation de la Chambre d'agriculture concerne un Gaec de 1,8 UMO et 2 parts PAC, de 120 ha, 75 vaches limousines avec une production de génisses de boucherie et de broutards, un revenu de 21 243€. Pour ce type d'exploitation, les variations de charges aboutissent à une perte de revenu de 2 708€, soit -13%.

Patrice Mounier a ensuite livré quelques pistes d'adaptation qui peuvent être mises en œuvre par les éleveurs. à court terme, il s'agit notamment de "vendre les animaux improductifs, de valoriser au mieux les stocks présents (valoriser la fumure organique au plus juste, faire des impasses de fertilisation, optimiser ses rations), de rationaliser l'utilisation du tracteur et de maximiser le pâturage". à moyen terme, il invite à anticiper les achats d'intrants, saisir les opportunités (en ayant recours aux sous-produits, substituts à la paille...), à utiliser les calculateurs de prix d'équivalence pour aliments-engrais, à grouper les achats et à caler un montant fixe pour les achats d'intrants. D'autres pistes d'adaptation ont été mises en évidence comme le calcul du lait autonome (quel prix du tourteau pour quel prix du
lait ?), l'intérêt de repousser les broutards et d'engraisser les femelle  (en filière contractualisée) et améliorer la productivité numérique de la troupe ovine par une meilleure maîtrise de la reproduction.

Fertilisation : des impasses possibles

En production végétale, c'est Mathias Déroulède qui a livré des pistes d'adaptation face à l'explosion des cours des céréales et des engrais. Quelle stratégie de fertilisation des cultures adopter ? En fonction du prix du blé, le conseiller préconise de réduire les doses d'azote pour viser l'optimum économique en veillant toutefois à conserver l'apport d'azote au stade épi 1 cm. "En sortie d'hiver, l'impasse de fertilisation azotée est possible en cas de reliquat azoté élevé" ajoute le conseiller. Il est par ailleurs possible de couvrir les besoins en potassium et phosphore grâce aux effluents d'élevage. Toutefois, sachez que pour les céréaliers ou ceux qui ont un atelier élevage peu important, l'impasse est possible en fertilisation phosphatée dans la plupart des situations" ajoute-t-il.

à plus long terme, le conseiller préconise de réduire le travail du sol pour diminuer la consommation de fioul, d'implanter des couverts végétaux ou dérobées en interculture pour remobiliser les éléments minéraux du sol, d'implanter des prairies temporaires multi-espèces avec présence de légumineuses pour réduire le recours aux engrais azotés et, si cette configuration de prix se maintient, il peut s'avérer pertinent de semer des cultures à faible besoin d'engrais azotés (lentille, pois chiche, orge de printemps, petit épeautre sarrasin...).

à présent, "il revient à chaque agriculteur d'arbitrer au mieux ses choix entre ces différentes pistes d'adaptation" a souligné le président de la Chambre d'agriculture Yannick Fialip. Pour Jean-Julien Deygas, président de l'EDE : "il faudrait peut-être réinciter les agriculteurs à faire des analyses d'effluents et de reliquats".

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