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Interview
Enseignement agricole : les sénateurs lancent une mission d'information

La mission d’information du sénat sur "l’enseignement agricole, outil indispensable au cœur des enjeux de nos filières agricoles et alimentaires" a démarré le 2 mars. Le point avec son président Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme.

Député Jean-Marc Boyer, 63

Le 3 février dernier, les sénateurs officialisaient la création d'une mission d'information sur l'enseignement agricole. Pourquoi cette démarche ?
L’enseignement agricole est un sujet particulièrement important pour nos jeunes, pour nos territoires et pour l'avenir de nos filières agricoles et alimentaires. Il constitue un véritable atout pour notre pays. Au regard des enjeux qui s’imposent aux professionnels de l’agriculture, aux filières agricoles et alimentaires, il nous est apparu important de voir comment l’enseignement agricole pouvait y répondre. Nous avons pour cela besoin de disposer d'un panorama précis de l'enseignement agricole aujourd'hui et de recueillir des éléments d'analyse prospectifs. Tous les établissements agricoles (lycées, enseignement supérieur, MFR…) sont visés par la démarche. Cette mission d’information est aussi l’occasion de (re)situer la place de l'enseignement agricole dans le système éducatif français. Sur le plan pédagogique comme en matière d'organisation, l'enseignement agricole a toujours été précurseur. Son fonctionnement par spécialités, axé notamment sur l’alternance, les stages et l’immersion dans le monde professionnel, est " envié " par l’Éducation nationale qui régulièrement cherche à copier son fonctionnement.  Ainsi par exemple, la réforme du Baccalauréat ne fait que transposer ce qui existe depuis une vingtaine d'années dans l'enseignement agricole.


Concrètement comment va se dérouler cette mission d’information ?
L’idée est de partir des besoins des filières pour définir la nature d’un enseignement agricole qui soit adapté et capable de relever les défis qui font face à l'agriculture. Nous allons commencer par auditionner différents acteurs : l’INRAe, la DRAAF, les représentants des syndicats agricoles, les coopératives, les établissements d’enseignement agricole, des anciens élèves ingénieurs… la liste est longue ! Nous avons débuté le 2 mars avec l’audition de la Déléguée régionale de l’Enseignement et de la Recherche afin de faire un premier tour d’horizon et voir ses orientations pour l’enseignement agricole. 
Un questionnaire va également être envoyé dans tous les établissements agricoles afin qu’ils se prononcent sur leurs filières et sur l’avenir qu’ils souhaitent donner à leurs structures pour répondre aux nombreux défis :  réchauffement climatique, transition écologique et énergétique, bien-être animal, demandes sociétales, nouvelles consommations, etc...


Allez-vous faire des propositions à l’issue de ces auditions ?
Idéalement, nos travaux devraient aboutir d'ici la fin du mois de juin. Nous présenterons alors nos préconisations en assemblée afin qu'elles puissent être  prises en compte dans la préparation du projet de loi de finances pour 2022. Cela nous laisse environ trois mois pour mener des auditions et effectuer des déplacements sur le terrain, sous réserve de l'évolution de la situation sanitaire.
Dans une vie antérieure vous avez été enseignant au sein du système éducatif agricole. Vous connaissez donc bien le sujet.

Qu’attendez-vous de cette mission d’information ?
Je souhaite que ce travail aboutisse à davantage de cohésion entre l’enseignement et les attentes de la société. Il existe souvent un décalage entre l'orientation donnée et les besoins réels. De nombreux titulaires de certains cursus de formation ont du mal à trouver un emploi, faute de débouchés à l'issue de leur formation. Il faut donc travailler sur l'adéquation entre les besoins anticipés et le contenu des formations. Plus globalement, j'attends de cette mission qu'elle accompagne demain les jeunes dans les différents métiers issus de l'agriculture et des filières en proposant des évolutions dans l'enseignement agricole.
 

 

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