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En vidéo > Loup : L’impact du loup sur l’élevage et les doutes sur sa réintroduction font débat

À l’initiative de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’Agriculture, une soirée films-débat sur le loup a réuni une centaine de personnes ce lundi soir au Puy-en-Velay.

De gauche à droite : Anthony Fayolle JA43, Thierry Cubizolles FDSEA43, Laurent Duplomb Ch.d’Agriculture et Bruno Leconte éleveur vosgien et réalisateur amateur.

Le loup est en France, officiellement depuis novembre 1992 dans le Mercantour, et sa présence se chiffre à plus de 9 000 ovins tués par année. Car c’est bien, selon les experts les attaques de troupeaux qui sont les premiers indices de la présence de ce grand carnivore.Ce lundi soir à l’Immeuble interconsulaire au Puy-en-Velay, la FDSEA, les JA et la Chambre d’Agriculture avaient convié Bruno Leconte éleveur vosgien, cinéaste amateur qui a fait du loup le personnage principal de plusieurs films. «Les lourdes conséquences du retour du loup» puis «Retour naturel ou réintroduction des loups ? À vous de juger !», ces deux documentaires ont été présentés à un public d’une petite centaine de personnes issues en grande majorité du monde agricole.

Soirée en deux temps

Une rapide introduction de la soirée par Laurent Duplomb, Thierry Cubizolles et Anthony Fayolle, représentants les 3 instances organisatrices, a permis de situer le contexte actuel et la position des agriculteurs du département face à la problématique loup. «On est là pour défendre notre métier, nos élevages…» insiste Thierry Cubizolles qui voit à travers cette opération de communication, une occasion de «rééquilibrer le débat». Quant à Anthony Fayolle, il souligne «les paradoxes» auxquels nous sommes confrontés pour défendre à la fois le pastoralisme, la biodiversité, des paysages ouverts, une agriculture extensive…Et c’est bien sur ces images que commence le premier film «Les lourdes conséquences du retour du loup» par un micro-trottoir à Paris, mettant en contradiction les points de vue des citoyens qui veulent du loup, et des brebis élevées en plein air en montagne. Et ce qui saute aux yeux, c’est la désinformation. Alors le réalisateur va s’efforcer de montrer la réalité à laquelle sont confrontés les éleveurs face au loup, à l’aide de témoignages factuels et d’études incontestables.On suit alors des éleveurs dans les montagnes du Mercantour, secteur particulièrement touché par des attaques. On mesure tout le travail supplémentaire  nécessaire pour mettre en place des clôtures de protection, qui avec le temps deviennent perméables pour le loup qui s’adapte. On compte sur les Patous ou les Bergers d’Anatolie pour surveiller les troupeaux, avec pour conséquences des problèmes de cohabitation avec randonneurs, vététistes et autres amoureux de la nature. On s’offusque à l’idée que les troupeaux doivent tous les soirs regagner des bergeries de fortune (exemple dans un blockhaus) pour y passer la nuit en sécurité au lieu de paître tranquillement dans les alpages, et tous les matins remonter dans les patûrages les plus hauts, tandis que le berger devra sortir le fumier à la fourche. On note l’absurdité de la situation qui compromet la notion même d’estive et d’élevage à l’herbe. Et enfin on ressent toute l’amertume, le désarroi et le découragement de ces éleveurs qui ne peuvent plus faire le métier qu’ils aiment. Au delà des images, un rapide  calcul montre la perte sèche due au loup sur un troupeau de moutons ayant subi une attaque.

 

Prédation : témoignage de Claude Font suite à la soirée films/débat sur le loup from Excepto on Vimeo.

Le loup est plus malin

Et si la situation est aujourd’hui dramatique ce n’est pas parce que les éleveurs n’ont rien fait. Au contraire, ils se sont protégés. ils ont mis en place toutes les mesures à leur disposition. Mais le loup est malin, il s’adapte. Comme le dit Laurent Garde, Docteur en écologie et en anthropologie : il «va apprendre à déjouer les barrières que l’on interpose avec le troupeau…» Et de rappeler l’expérience du rat qui se joue des obstacles et devient de plus en plus intelligent pour atteindre la nourriture… «C’est exactement ce qu’on a fait avec le loup. La récompense c’est la brebis, les obstacles c’est la clôture…//… on a appris pendant des années au loup à déjouer les obstacles pour obtenir la récompense».


Mensonges et hypocrisie

Le second documentaire, film très long mais très détaillé, fouillé, renseigné… apporte au fil des témoignages, écrits pour la plupart, un éclairage éloquent sur la question de la réintroduction du loup en France : naturelle ou aidée par l’homme. Et là on entre dans un embroglio de mensonges, d’hypocrisie, de non-dits tant sur le plan européen que français, avec des acteurs qui actionnent de multiples ficelles pour cacher la vérité sur l’arrivée du loup dans notre pays. Comment, quand, où, par qui ? À toutes ces questions, Bruno Leconte essaie de répondre. Il a mis bout à bout de nombreuses preuves qui mettent le doute sur ce que tous les animateurs des parcs animaliers profèrent, à savoir que le loup est revenu «naturellement» chez nous en provenance de l’Italie et en traversant l’arc alpin… Dans la salle, en tout cas, ce lundi, c’est quasi à l’unanimité que les participants pensent que le loup a été réintroduit par l’homme. À l’unanimité sauf un, M. Atman connu sur le département pour être un farouche défenseur du loup, qui dit qu’il «réfute des éléments montrés dans le film» sans pour autant citer précisément ces éléments. Autre sujet qui interroge, c’est l’origine de ces loups. Loups sauvages ou loups hybrides ? Là aussi, de nombreux documents sont mis en avant par l’éleveur cinéaste pour essayer de faire la lumière sur cette question.Au vu de l’ensemble de ce documentaire, qui en a laissé plus d’un sans voix, on ne peux s’empêcher, pro ou anti-loup, de douter de la véracité des informations que l’on nous a fournies depuis 1992, voire avant.Ces deux films, qui sont le résultat d’un très important travail d’investigation par Bruno Leconte,  ont mis en lumière un certain nombre de faits qui tendent à montrer une volonté des instances gouvernementales de réintroduire le loup en Europe. Ceci dit, aujourd’hui la question est de savoir comment faire cohabiter ce grand prédateur qui préfère se nourrir de brebis faciles à attraper plutôt que de gibier, avec des troupeaux de moutons élevés dans de grands espaces escarpés. Et là, personne n’a la réponse. Les éleveurs de Haute-Loire bien qu’aujourd’hui peu concernés directement, sont néanmoins inquiets pour l’avenir de leurs élevages mais aussi des zones de moyennes montagnes.Chacun est reparti avec un sentiment de colère, de frustration, d’incompréhension et d’inquiétude pour l’avenir.

Suzanne Marion

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