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En vidéo > Lentille : Une machine d’un autre temps testée pour sauver la récolte de lentilles

Faucher et andainer la lentille, laisser sécher quelsues jours et reprendre au pick-up… une solution envisagée pour palier le fléau des matricaires et bleuets… puis abandonnée.

Sur le plateau volcanique entre St Rémy et Vergezac, une machine d’un autre temps est intervenue dans un champ de lentilles. Faucheuse andaineuse utilisée d’ordinaire pour la récolte des pois de conserve, de plantes médicinales,  des semences de betteraves, carottes, mâches… elle était ce jeudi 4 août sur les terrres vellaves pour un essai sur lentilles.À situation exceptionnelle, solution particulière… Cette année les lentilles sont envahies de marguerites et bleuets. À l’approche du champ bleu et blanc, on cherche les plants de lentilles tant ils sont enfouis sous les mauvaises herbes. Face à cette situation, les Ets Sabarot sous la houlette d’Antoine Wassner en collaboration avec Bernard Badon entrepreneur de travaux agricoles, ont pris l’initiative d’expérimenter une technique de récolte non pas novatrice, mais qui n’a plus cours aujourd’hui face à la moissoneuse batteuse. Ils ont ainsi fait appel à Daniel Baumont marchand, réparateur, constructeur de machines agricoles, installé dans le Loir et Cher, et sa machine d’un demi siècle environ.L’objectif, c’est d’optimiser la récolte. Il s’agit de faucher la parcelle, mettre en andain lentille et mauvaises herbes et laisser sécher 5 ou 6 jours avant de récolter avec un pick-up. Une fois l’andain sec, il serait plus facile d’isoler la lentille de la mauvaise herbe et de la trier.En effet, dans les conditions actuelles, la récolte telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui s’avère difficile. La lentille est récoltée avec énormément de mauvaises herbes humides. Ces dernières collent à la graine de lentille et sont ensuite très difficiles à éliminer. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faudrait sécher la récolte très vite au sortir de la machine et par petites quantités pour essayer de sauver un maximum de rendement : du temps de travail et des coûts très importants pour un résultat très médiocre en quantité. L’entrepreneur Bernard Badon, essai à l’appui, montre que la moisson est compliquée du fait de bourrages de la machine notamment.

Essai au champ

Bref, avant l’essai de cette machine, tous (collecteur, entrepreneur, producteurs) sont unanimes : «C’est une de nos dernières chances pour essayer de récolter des lentilles cette année». Et cette saison qui selon les premières estimations afficherait des rendements moyens de l’ordre de 4 à 5 qx/ha, fait suite à 3 mauvaises années. Les stocks sont inexistants, il est donc impératif pour la filière et pour ne pas décourager les productuers, de «sauver ce qui peut l’être».Confiant, Daniel Baumont entre dans le champ et fait un premier tour… Très vite, du côté de ceux qui suivent l’essai, c’est la déception. «La machine coupe trop haut. La lentille reste au champ car la barre de coupe lui passe au dessus». Daniel Baumont ne renonce pas et procède à quelques réglages sous les regards de ceux qui attendent beaucoup de cette expérience. Nouvel essai… C’est un peu mieux mais insuffisant.Verdict. De l’avis de tous, cette faucheuse andaineuse n’est pas la solution. Gilles Roche des Ets Sabarot conclut : «Cette démonstration n’est pas concluante pour cette année. Néanmoins, on a noté de bonnes bases. Et avec son propriétaire, on va travailler à améliorer la machine pour une autre année…». À suivre… Quant à la récolte 2016, il faudra tout faire pour «récupérer le plus de lentilles possible et les sécher au plus tôt». Si l’expérience n’a pas réellement marché, elle a eu au moins le mérite de laisser entrevoir des perspectives pour l’avenir et de montrer que face à une situation exceptionnelle, la filière tente de trouver des solutions…

Suzanne Marion

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