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Éleveurs, participez à la consultation sur le Plan national Loup 2018-2023

Le nouveau Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage pour les années 2018-2023 est soumis à consultation publique depuis le 8 janvier et jusqu’au 29 janvier 2018.

Participez à la consultation publique sur http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/

«Si nous éleveurs ne le faisons pas, personne d’autre ne le fera» lance Claude Font en charge du dossier prédation à la Fédération Nationale Ovine. Il incite ainsi les agriculteurs à participer à la consultation publique sur ce Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage pour les années 2018-2023, mise en place, lundi 8 janvier, sur le site du Gouvernement http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/. Cette consultation est ouverte jusqu’au 29 janvier 2018.
95 % des gens qui réagissent sur ce site sont des «pro loup» qui ne connaissent pas ou mal la problématique de la cohabitation avec l’élevage. Voilà pourquoi, pour les responsables professionnels, «il faut faire entendre la voix des éleveurs» et parler des conséquences dramatiques des attaques de loup sur les troupeaux mais aussi sur les hommes et les femmes qui subissent la prédation. «Ces agressions sont insupportables tant sur un plan professionnel et économique (les éleveurs voient leur travail mis à sac), que sur un plan personnel voire familial». Et Claude Font d’ajouter : «et quand en plus, on nous dit qu’on est subventionnés ou indemnisés, c’est une nouvelle agression…». Parce que l’indemnisation ne couvre pas la détresse des éleveurs…
Dire la souffrance des brebis attaquées par le loup, montrer le désarroi des éleveurs impuissants face à ces attaques car ils ne peuvent pas se défendre, c’est aussi l’objectif de cette consultation publique qui donne la parole à tous.
Une fois encore, Claude Font vous invite à vous rendre sur le site et à donner votre avis. C’est simple et ça peut apporter un contre-poids pour rééquilibrer les commentaires trop souvent en faveur du loup au nom de la biodiversité, en occultant la problématique de la prédation sur les troupeaux, et donc l’avenir d’une agriculture pourtant traditionnelle et relativement respectueuse de l’environnement, et en phase avec les attentes sociétales.
Message de Nicolas Hulot
Sur le site du Ministère de la Transition écologique https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/, le ministre Nicolas Hulot défend son nouveau plan loup qui doit répondre à un double objectif : «Assurer la  viabilité de l’espèce sur notre territoire et protéger les éleveurs et les troupeaux». Il a publié une vidéo, lundi dernier, à l’occasion de l’ouverture de la consultation publique sur ce Plan national d’actions sur le loup et les activités d’élevage pour les années 2018-2023, dans laquelle il rappelle que le 1er objectif, «non négociable», est de protéger le loup. Le Gouvernement vise donc «au moins 500 loups avant la fin du quinquennat» et pour cela il préconise, sous couvert de recommandations de scientifiques, des prélèvements «jamais supérieurs à 10 à 12 % de la population» soit «40 individus en 2018».
Le second objectif de ce plan, «à parité avec le premier» dit-il, c’est la protection des éleveurs et des troupeaux. Et le Ministre qui se dit conscient du désarroi des agriculteurs et des souffrances des brebis : «le bien-être d’une brebis est, de mon point de vue, aussi important que le bien-être du loup», souhaite «faire de l’accompagnement des éleveurs et du renforcement des mesures de protection des troupeaux, une priorité absolue». Pour lui, «la protection doit devenir un préalable à toute intervention sur la population de loup», et «l’obligation de se protéger doit être mise en place avec les éleveurs qui souhaitent bénéficier du système d’indemnisation en cas de dommage».
Sur ce point, la profession refuse la conditionnalité des indemnisations aux mesures de protection, qu’elle jugent innéfficaces face à un prédateur qui s’adapte et contourne les systèmes de clôtures. De même, les éleveurs veulent pouvoir défendre leurs troupeaux dès la première attaque, et cela passe par l’autorisation de tirs de défense et ce, non soumis à  la volonté du Préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes, préfet coordonnateur de ce Plan, qui décide en fonction du nombre de prélèvements et du nombre de loups.

Nouveau Plan dès février
Dans son message video, en ligne sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot présente «la cohabitation avec la grande faune, et en particulier avec le loup», comme «un enjeu majeur pour la préservation de la biodiversité de nos territoires» et «une responsabilité très importante pour notre pays». Il fait même un parallèle avec les animaux sauvages de la jungle, soulignant «on ne peut pas exiger des pays africains ou asiatiques qu’ils protègent leurs lions, leurs éléphants, si nous-mêmes en France, on n’est pas capables de cohabiter avec le loup ou avec l’ours». Et de conclure : «la biodiversité, c’est notre avenir. En protégeant la biodiversité, on protège l’humanité».
Derrière les mots du Ministre, la profession note que c’est bien la première partie du Plan qui est mise en avant, à savoir «la protection du loup», la protection des éleveurs et des troupeaux ne venant qu’après. Le plan prévoit un accompagnement des éleveurs, un renforcement des mesures de protection, mais rien de nouveau pour stopper l’évolution exponentielle du nombre d’attaques et de victimes. De son côté, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation explique que «la nécessaire conjugaison de protection de la biodiversité d’une part et des activités économiques d’élevage et d’entretien du territoire grâce au pastoralisme d’autre part, rendent nécessaires la prise en compte et le respect des impacts environnementaux, humains et économiques».
À l’issue de cette consultation, le nouveau Plan et le dispositif réglementaire associé entreront en vigueur au début du mois de février 2018 après avis du Conseil national de la protection de la nature.
Alors, il est encore temps de faire entendre la voix des éleveurs. Alors que les instances professionnelles continuent leur lobbying, il vous appartient, vous agriculteurs et agricultrices, de participer en nombre à cette consultation publique. Vous avez jusqu’au 29 janvier…

Lu sur le site…
Une éleveuse de brebis, en GAEC sur le Causse de Sauveterre en Lozère, a publié un témoignage criant de vérité. En détaillant la réalité au quotidien de son élevage et des mesures qu’elle doit prendre pour se protéger contre le loup, elle dénonce l’incompatibilité entre le loup et le pastoralisme : «Le loup engendrera à terme l’arrêt du pastoralisme. Le loup créera l’enfermement des troupeaux en bergerie. Le loup fera fuir les futurs paysans prêts à s’installer. Le loup tuera nos emplois…».

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