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Fin Gras du Mézenc
"Développement et pérennité de l'AOP, un travail de chaque jour"

Cette année encore, l'AG de l'AOP, le 12 octobre à Chaudeyrolles, affiche de bons résultats, avec 1 222 animaux commercialisés et un prix au kilo de carcasse de 5,85 €.

Animaux Fin Gras du Mézenc au pâturage.

C'est en affichant sa fierté que Bernard Bonnefoy président de l'Association Fin Gras du Mézenc a ouvert l'assemblée générale 2020. Dans son allocution d'accueil, il s'est dit fier de cette filière viande de qualité aujourd'hui connue et reconnue, fier de " ses " éleveurs qui ont relevé la tête après l'annonce du confinement dès les premières semaines de la saison 2020 et fait preuve de solidarité entre eux et avec les bouchers et restaurateurs, et fier de son pays, le Massif du Mézenc qui offre des paysages plébiscités par les touristes.
En préambule aux travaux de l'assemblée générale, le président ne pouvait passer sous silence, la particularité de cette année plombée par la crise de la Covid-19. La saison avait bien commencé avec la journée de découverte le 27 janvier puis le pot-au-feu d’ouverture de saison le 23 février… mais le confinement a mis un frein à toutes ces animations programmées. Face à l’adversité, sur le plateau, on a l’habitude de retrousser les manches et de se serrer les coudes, et c’est ce qu’a fait l’association. " Par précaution, nous dit Bernard Bonnefoy, nous avons fait une demande à l’INAO pour repousser la date de fin de commercialisation de 2 mois. Si ça nous a permis, à nous éleveurs, d’écouler nos animaux, ça a surtout permis aux restaurateurs de proposer du Fin Gras à leurs clients dès la fin du confinement et jusqu’en juillet ".


Effectifs stables
1222 animaux ont été commercialisés cette année sous l’appellation, soit encore une progression de 52 têtes par rapport à 2019. " Le nombre d’animaux commercialisés en AOP semble se stabiliser " reconnaît-on, mais ce constat est à mettre en corrélation avec 4 départs en retraite, des exploitations qui avaient engraissé 35 animaux en 2019. Heureusement, 4 nouvelles exploitations viennent d’être habilitées pour la production de viande de bœuf AOP Fin Gras du Mézenc ; un rééquilibrage espère-t-on. Sur l’hiver 2019-2020, 107 exploitations faisaient suivre des animaux sous la marque, même si 97 seulement avaient des animaux en cours d’engraissement.
En moyenne, les éleveurs produisent 12,73 animaux par exploitation, une moyenne qui continue de progresser. Les animateurs de l'association soulignent que "un peu plus de la moitié de la production supplémentaire provient d'exploitations engagées depuis peu dans l'AOP et par conséquent en phase de développement". Une analyse de bon augure pour les années à venir, semble-t-il, d'autant que les élevages engagés depuis longtemps poursuivent aussi leur évolution même si elle est moins importante que les années précédentes. En terme de qualité, les Fin Gras du Mézenc affichent toujours un beau tableau de note. Que ce soit selon la grille spécifique FGM en vif et en carcasse, ou selon la classification “EUROP“, les animaux tiennent le haut du tableau. Ainsi, 83% des animaux commercialisés cette année sont classés en R et 17% en U en conformation, et l'état d'engraissement est dans 85% des cas noté en 3.
Comme le président l'a dit dès l'ouverture de l'AG, cette saison 2020 a été perturbée sur la commercialisation, "en particulier chez les bouchers et les restaurateurs qui se sont trouvés dans une situation d'incertitude". L'association a donc pris de multiples initiatives pour palier ces situation compliquée. Si la vente se fait principalement via les grossistes, puis les bouchers, la vente directe représente 5% et continue sa progression. Ainsi "cette année, 6 exploitations ont valorisé la totalité de leur production en vente directe", chiffre à mettre en lien, selon l'association, avec "la crise sanitaire qui a conduit certains éleveurs à utiliser cette voie pour écouler quelques animaux afin de rendre service à leur boucher".


5,85 € le kilo de carcasse
La moyenne des prix de vente des animaux Fin Gras du Mézenc (prix payé à l'éleveur) est de 5,85 €/kg de carcasse (5,84 € en 2019 ; 5,82 en 2018 ; 5,81 en 2017 ; 5,77 en 2016 ; 5,70 en 2015). Pour affiner l'analyse, notons que 88% des animaux ont été vendus à un prix supérieur ou égal à 5,50 €/kg de carcasse, et 20% ont été vendus à plus de 6,10 €. Comme chaque année, les bouchers paient en moyenne plus cher les animaux : 6,09 € contre  5,68 € pour les grossistes. Un écart de 40 cts qui peut s'expliquer, selon l'association, par la qualité (les bouchers ont acheté 25% de génisses classées U et 75% de R, et les grossistes 13% de U et 87% de R), le transport et les opérations de promotion.
L'âge moyen à l'abattage en 2020 était de 33,4 mois soit un mois de plus qu'en 2018. Le poids moyen était de 371,23 kg contre 372,72 en 2019 et 370,43 en 2018. Depuis 3 ans, les éleveurs notent une stabilisation de ce poids autour de 370 kg, alors que depuis 2011 il était plutôt de 360 à 365 kg. 5 abattoirs se partagent le travail sur la zone AOP, avec en tête Yssingeaux (38%) qui affiche une nette progression et prend la première place devant Le Puy (33%), puis Aubenas 19%), et enfin Langogne (6%) et Privas (3%) qui baissent de respectivement 13 et 22%.
Toujours très motivés, et la forte participation à l'assemblée générale le prouve, les éleveurs de Fin Gras du Mézenc "bien secondés par une équipe administrative dynamique" comme l'a souligné le président, continuent à porter haut et fort l'image du Massif du Mézenc et de son élevage. Et ça paye. "On a encore eu beaucoup de monde sur le Massif cet été, note Bernard Bonnefoy. La première chose que les gens viennent consommer chez nous, c'est les paysages, le fruit de nos élevages". Mais le président veut voir plus loin et souhaite lancer une réflexion sur l'avenir de cette filière AOP, pour que les jeunes qui s'installent continuent sur cette lancée et puissent correctement vivre de leur métier. "Quand un consommateur achète un produit, il achète une agriculture" lance le président, pour donner le fil rouge sur lequel l'association va devoir travailler. Si l'AOP Fin Gras du Mézenc a beaucoup évolué ces dernières années, les enjeux auxquels elle est confrontée aussi. C'est pourquoi, le président insiste sur la nécessité de "préserver les piliers fondamentaux et indissociables" sur lesquels elle est assise : la qualité des animaux, l'investissement et la mobilisation des acteurs de la filière, la préservation de l'image et de la notoriété de l'AOP.

 

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