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Diversification
De nouvelles cultures pour diversifier le revenu des exploitations agricoles

Les productions végétales offrent des possibilités de diversification intéressantes aux agriculteurs de notre département et en particulier sur le Brivadois.

Du Sarrasin comme diversification des exploitations.

Le 19 janvier les agriculteurs du secteur du Brivadois avaient rendez-vous au lycée agricole de Bonnefont pour découvrir les pistes de diversification possibles à l'occasion d'une journée organisée par la Chambre d'agriculture de Haute-Loire en partenariat avec le comité de développement du Val d'Allier. "Certaines filières émergentes sur le territoire, se développent et principalement dans les cultures. Ces filières, souvent structurées, pourraient être une solution de diversification sur de petites surfaces et pourraient intéresser des exploitants en activité ou des jeunes sur le point de s'installer" a indiqué Mikaël Vacher, responsable de l'antenne, en guise d'ouverture de cette journée.

Des filières dont le marché est porteur
4 entreprises et groupe coopératif, le groupe Euréa, les entreprises Sabarot et Rochias et la distillerie Saint Hilaire, sont venus présenter les filières qui bénéficient à l'heure actuelle d'un marché porteur et qui offrent de réelles opportunités de développement sur le territoire du Brivadois.
Le groupe coopératif Euréa représenté par Jules Rolland et Denis Charruel, ont mis en valeur 6 filières qui répondent à des cahiers des charges bien précis et capables de conforter la rémunération des exploitants agricoles ; c'est le cas du Lin Oléagineux, du Tournesol Oisellerie, du Sarrasin, de la filière CRC® (Culture Raisonnée Contrôlée), des Lentilles et des Céréales meunières. Le Lin Oléagineux, implanté à l'automne ou au printemps, dispose de sérieux atouts : "il permet l'allongement de la rotation, c'est un bon précédent de culture et une culture nettoyante qui nécessite moins d'intrants et peu d'eau" explique Jules Rolland qui signale par ailleurs sa mauvaise résistance aux adventices en hiver et sa médiocre adaptation aux sols peu profonds au printemps. Le lin oléagineux est acheté par Valorex pour la filière Bleu Blanc Cœur.
Autre culture intéressante, le Tournesol Oisellerie qui bénéficie d'une demande stable de la part des pays du nord de l'Europe. Cette culture, qui dispose d'un itinéraire cultural similaire au Tournesol Oléique, nécessite d'implanter un minimum de 2 ha. Le Sarrasin (variété Zita exclusivement) destiné à l'alimentation humaine présente de nombreux atouts : peu d'intrants nécessaires, peut être implanté en culture principale de printemps derrière un Méteil ou Ray Grass ensilé/enrubanné, pouvoir nettoyant de la parcelle, déblocage du phosphore dans le sol, valorisation des terrains plus légers. Euréa conseille l'implantation d'un minimum de 4 ha.
Euréa propose aussi des filières CRC®, des contrats meuniers en Blé, Blé Améliorant et en Seigle, tous assortis d'une survalorisation, et trie et conditionne la Lentille Verte du Puy de plus de 200 producteurs.

Relocaliser durablement les filières
Portée par l'engouement des consommateurs pour l'origine France et les labels de qualité, la société Sabarot cherche à relocaliser durablement la production de céréales et de légumineuses en Haute-Loire et in fine "à créer de la valeur pour nos clients" a souligné Damien Enjarry directeur de Sabarot Agriculture ; des filières qui recrutent et pourraient bien séduire des producteurs du secteur du Brivadois. C'est notamment le cas de la Lentille Verte du Puy, du Petit Épeautre du Velay et de l'Orge perlée du Velay. "La France importe
33 000 T de lentille et en exporte 4 000 T. Le potentiel de développement de la production en France est donc important. Sur une zone bien définie, on a l’AOP Lentille Verte du Puy, mais il y a aussi une place pour les lentilles de France (verte ou blondes). Une culture intéressante pour les rotations et source de revenu avec un rendement moyen de 14 qx de moyenne en 2022. La filière France implique moins de contraintes qu'en AOP en termes de dates de semis, de fertilisation et d'irrigation".
L'entreprise s'investit dans la démarche HVE 3, avec 51 producteurs certifiés, et propose des contrats de Blé de qualité (Blé filière Suisse et Blés anciens). Elle expérimente la culture de graines de Courges et se dit prête à tester la culture de Pois Chiches en Haute-Loire.

Pourquoi pas des plantes aromatiques ou de l'ail ?
Basée à Saint-Hilaire, le laboratoire de distillation du végétal Helpac part lui aussi à la conquête des producteurs du secteur en ciblant des besoins potentiels sur 5 plantes aromatiques : la Camomille Romaine, la Sauge Sclarée, le Thym, le Romarin Verbenone et la Melisse.
La camomille romaine, qui nécessite une irrigation lors de certaines phases critiques, peut générer des rendements en bio de 3 à 5 kg/ha pour un prix d'achat de 1 500 €/kg et un rendement de 15 kg/ha/Prix achat : 400 €/kg en conventionnel. 
La Sauge, espèce bisannuelle dont le rendement en huile essentielle s’accroît avec la maturité, donne un rendement moyen de 20 kg/ha en bio (attention rendement volatile) pour un prix achat de 190 €/kg.
Le thym (Thymol et Linalol) nécessite une irrigation à l'implantation selon le climat et pour obtenir 2 récoltes par an. En bio, le thym Thymol donne 10 à 20 kg/ha et un prix achat de 420 €/kg, le rendement moyen du Linalol atteint 10 à 20 kg/ha pour un prix achat de 420 €/kg.
Le Romarin Verbenone a les mêmes exigences que le thym en termes d'irrigation ; en bio, son rendement atteint 15 à 20 kg/ha pour un prix achat de 250 €/kg.
La Mélisse, qui ne doit pas manquer d'eau avant floraison, donne un rendement de 3 kg/ha pour un prix achat de 1800 €/kg.
Ce fut ensuite le tour de l'entreprise Rochias, installée à Issoire, de présenter sa filière émergente : l'ail destiné à la déshydratation. L'entreprise, qui transforme 3 000 t d'alliacées par an, entend développer une production locale pour ce produit. Les expérimentations conduites en 2022 sur cette culture rémunératrice dans la durée, ont permis de retenir une variété (Narcyl Blanco) qui dispose d'un rendement moyen de 7 t/ha, avec 8 t/ha pour les meilleures parcelles. Une culture jugée rentable (prix de vente 2022 à 1,7€/kg et marge nette de 2 900 €/ha) mais sans investissement en matériel...
Il revient à présent aux agriculteurs qui souhaitent diversifier leurs sources de revenu de faire un choix entre toutes ces pistes.
 

 Il a dit…
Yannick Fialip, président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire :
Cette journée met en avant 4 filières qui induisent 4 défis :
- ramener de la valeur ajoutée sur les exploitations en diversifiant les productions,
- répondre aux nouvelles attentes des consommateurs en introduisant de nouvelles cultures dans nos fermes orientées sur l'élevage,
- climatique : le climat change et impose de s'orienter dans des productions plus résistantes au manque d'eau et qui permettent aussi de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier,
- La nouvelle PAC impose plus de diversité dans l'assolement et dans la rotation des cultures, alors autant opter pour des cultures rentables.

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