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Volailles
Dans le flou pour la vente des chapons

À Chilhac, François Seret élève des chapons, des volailles festives dont la demande est encore atone à seulement trois semaines de Noël... Témoignage.

François Seret installé à Chilhac, avec ses chapons.

À Chilhac, François Seret élève un troupeau de bovins allaitants (50 mères Aubracs) et des volailles Label Rouge en intégration avec les volailles fermières d'Ardèche. L'atelier volaille n'est pas récent sur cette exploitation : "Je me suis installé en 1995, à l'époque avec ma mère, et le premier poulailler a été monté en 1996 ; le deuxième a suivi en 1998".
Aujourd'hui, François Seret est installé en individuel sur l'Earl de Rabioulet et il élève toujours des volailles, une production qui lui apporte entière satisfaction. "Cet atelier me procure un bon complément de revenu et puis j'aime cette production, notamment car j'en maîtrise à peu près la technique. Pour l'éleveur l'objectif reste d'obtenir du poids de volaille avec un minimum d'aliment. De plus c'est un atelier qui comporte bien des atouts : le fonctionnement par bandes permet de se rattraper sur la suivante si un problème survient. Le fait d'être en intégration assure les débouchés de l'atelier. C'est une production indépendante de la météo et qui nécessite peu de foncier. Et j'avoue que lorsque je vois un joli chapon, je suis content de moi !" indique-t-il.

Garder les chapons 15 jours de plus

L'élevage n'a pour l'instant pas été impacté par la crise sanitaire liée à la Covid-19, "J'ai eu une chance phénoménale car la veille du premier confinement j'ai vidé mes bâtiments... et la mise en place des prochains lots était déjà programmée".
Quant au deuxième confinement, il pose la question du devenir des chapons pour les fêtes de fin d'année, "on est encore dans le flou. Si les grands rassemblements familiaux n'ont pas lieu, cela va être compliqué de consommer des chapons qui, plumés et vidés, pèsent entre 3,6 kg et 3,8 kg ! Je risque donc de garder les chapons 15 jours de plus sur mon exploitation, ce qui va réduire leur valorisation ".
François Seret dispose de 2 bâtiments tunnels de 400 m2 qui accueillent des lots de poulets et de chapons conduits en label rouge. Le groupement des volailles fermières d'Ardèche lui fournit les lots de poussins de 1 jour ainsi que le planning alimentaire (aliments de démarrage, de croissance et de finition). Les poulets sont élevés sur une période minimale de 81 jours et de 150 jours pour les chapons (castrés à 4 semaines sur l'exploitation).
Ses volailles disposent d'un parcours extérieur arboré de 8 800 m2 par bâtiment. "Les poulets doivent sortir en extérieur à partir de leur 42e jour d'élevage et les chapons sortent du 42e jour jusqu'au 125e jour, ensuite ils entament leur période d'engraissement à l'intérieur". Le label rouge impose la présence de 25 arbres par parcours extérieur ; une exigence dont François Seret a tiré partie en plantant des fruitiers (pommiers, pruniers, noisetiers, cerisiers) qui le lui rendent plutôt bien en terme de récoltes...  François Seret est payé en fonction d'un prix de base auquel le groupement ajoute un bonus en fonction du poids des animaux : "Je vends un poids de volailles et le groupement me retient un poids d'aliment. Les prix varient selon les lots et les saisons".

Apprendre à vivre avec la grippe aviaire

Quant à la grippe aviaire, il a également joué de chance puisque ses chapons sont entrés en claustration pour engraissement en même temps qu'est tombée l'obligation de confinement des volailles.  "Il va falloir apprendre à vivre avec cette maladie. Mais en Haute-Loire, nous avons la chance de ne pas être un territoire de passage pour les oiseaux migrateurs. Le risque est moins important".

 

Elle a dit
Claire Souveton, responsable de la filière volailles au sein de la FDSEA

"Pour l'instant la demande des bouchers et des GMS en volailles festives ne s'affole pas à cause de la crise sanitaire actuelle ; car pour consommer ce type de volailles il faut être au minimum 6 adultes ! Et les grands rassemblements ne seront certainement pas d'actualité cette fin d'année... Et dans le cas où la demande ne serait toujours pas au rendez-vous d'ici Noël, on pourra compter sur la découpe des volailles ou encore la congélation. Le deuxième confinement de la population française n'a pas eu de conséquences négatives sur la demande en volailles. Les consommateurs continuent à manger du poulet car cela reste la viande la moins chère ! Certes les restaurants sont fermés mais les cantines scolaires ont repris.
Quant à la grippe aviaire, les volailles étant confinées, les éleveurs appliquant les règles de biosécurité et cette maladie n'étant pas transmissible à l'homme, cela devrait bien se passer.
Que vous soyez 6 ou 10 à table pour les fêtes de fin d'année, achetez des chapons, des dindes et autres pintades chaponnées ! En espérant qu'en 2021, tous ces virus disparaîtront !" ajoute-t-elle.

 

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