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Besnoitiose
Dans le Brivadois, un éleveur laitier a été lourdement touché par la besnoitiose bovine

La besnoitiose bovine, maladie parasitaire spécifique des bovins, émergente en France et en Europe, commence à faire des victimes dans les cheptels de Haute-Loire.

Un dépistage départemental (exploitations laitières et allaitantes) est actuellement en cours (en parallèle des prophylaxies annuelles obligatoires). 90 000€ seront consacrés par le GDS43 à ce dépistage.

Les problèmes commencent en 2017… mais quelle en est l’origine ? « De mémoire, le premier épisode de forte fièvre est apparu en 2017 sur des génisses prêtes à vêler fraîchement introduites. Une mortalité anormale est constatée sur ce lot de 10 génisses : une première mortalité dans le mois suivant l’achat, puis 4 et aujourd’hui il ne m’en reste plus qu’une ! Mais il faut attendre le printemps 2020 pour constater un nouvel épisode de montée de fièvre marquant et accompagné cette fois d’une vague d’avortement successif » explique l’éleveur laitier du Brivadois.
Au printemps 2020, ce dernier constate un nombre anormalement élevé d’avortements (30 sur l’année sur 65 VL), une nette baisse de la fécondité mais aussi des montées de fièvre récurrentes sur plusieurs de ses animaux. Les bêtes ne paraissent pas en forme, leur production chute d’environ 1000 kg/VL sur l’année. Il fait alors appel au conseil technique de son GDS et à son vétérinaire sanitaire. Plusieurs hypothèses sont alors émises. Les signes cliniques et la période de l’année vont guider les investigations vers la besnoitiose. La suspicion est avérée après une analyse sérologique positive réalisée dès le mois de septembre 2020. 45 bovins sur 66 animaux testés réagissent, soit près de 70% du troupeau ! La besnoitiose frappe effectivement le troupeau de l’éleveur. « Quand on commence à voir apparaître les premiers signes cliniques, c’est que 40 à 50 % du cheptel est déjà atteint », indique
Olivier Pelletrat, vétérinaire à Brioude et président du GTV Haute-Loire. Un véritable coup de massue. Le troupeau est atteint en quasi-totalité. Les vaches sont vides. Le taureau acheté il y a peu semble être devenu stérile, conséquence directe de la maladie. La production laitière chute de manière significative. Cette situation plonge l’exploitation dans le rouge.
« En cette année 2020, on a vendu seulement 21 veaux pour nos 65 laitières. Même au sortir des pics de fièvre, les vaches laitières ne reprennent plus une lactation normale malgré les traitements prodigués (antibiotiques à forte dose). 10% de production en moins dès la première année et une tendance qui ne cesse de continuer à la baisse. Près de 15 % de production en moins aujourd’hui. De 440 000 l de lait /an en 2021, on passe à 380 000 l /an aujourd’hui. Mon exploitation est fortement touchée économiquement : 8 000 € de perte sur la vente des veaux et 24 000 € sur le lait » indique l’éleveur.
Depuis, la situation clinique s’est aggravée avec des difficultés à traire, des mammites en recrudescence et forcément une baisse significative de la qualité du lait. Passage en prix B suite à une augmentation du taux cellulaire et butyrique, soit une perte de 30 à 40 € sur le prix payé aux 1000 litres pour cette fin d’année 2022. L’impact financier est plus que douloureux. L’éleveur ajoute : « Un nombre grandissant de laitières est impacté aujourd’hui par des trayons et des quartiers œdématiés : rougeurs, chaleurs, œdèmes hyper-sensibles. La traite devient difficile. Une laitière positive à la besnoitiose, c’est, pour mon exploitation : une baisse de production en quantité et en qualité, une baisse de la reproduction, une perte sur la vente des veaux, des traitements coûteux. On est passé de moins de 8 000 € de frais vétérinaire annuel à plus de 12 000 € depuis 2020. Bref, la besnoitiose est la cause de pertes économiques importantes sur l’exploitation ! Si je n’avais pas été si proche de la retraite ou avec un repreneur, je me serais engagé dans l’assainissement de mon troupeau dès le début ! ».
 

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