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maïs
Conditions météorologiques sèches favorables pour s’engager dans le désherbage mécanique

La Chambre d'agriculture propose un point technique sur le désherbage mécanique en culture de maïs. Stade de culture et d'adventices, le matériel et la rentabilité du chantier...

Les meilleures efficacités du désherbage mécanique sont obtenues lors des passages très précoces.

Le désherbage mécanique est un sujet d’intérêt pour tous les agriculteurs, face aux restrictions des herbicides autorisés, aux attentes sociétales et aux défis environnementaux. La réussite du désherbage mécanique en 4 points clés. 

À quel Stade de la culture de maïs ?

Les meilleures efficacités du désherbage mécanique sont obtenues lors des passages très précoces :

- soit en prélevée de la culture et par conséquent sur des adventices au stade filament blanc. Le germe du maïs ne doit avoir plus de 1 cm pour ne pas risquer de casse avec la herse étrille. Le semis sera préférentiellement réalisé à 3 cm de profondeur.

- soit en post levée précoce dès 4-5 feuilles du maïs, 

- entre la levée et 4 feuilles du maïs, mais attention, les dommages peuvent être importants, de même après 10 feuilles,

À noter : le faux semis sur labour en avril, 3 semaines avant le semis, est un levier non négligeable dans la stratégie de désherbage mécanique. 

Pour quels types et stades des adventices ?

Les dicotylédones sont les plus faciles à gérer avec le désherbage mécanique. Les graminées, disposant d’un système racinaire plus fasciculé, sont plus résistantes. Les vivaces restent toujours compliquées à éliminer dans la culture.  

Il faut viser le passage à l’aveugle en pré levée du maïs, au stade filament blanc des adventices, pour obtenir le maximum d’efficacité avec le passage de la herse étrille. Les efficacités seront très bonnes jusqu’à 2 - 3 feuilles des mauvaises herbes. Les performances régresseront au-delà de 4 - 5 feuilles. Ensuite, c’est le binage qui prend le relais.

Avec quels matériels ? Choix et réglage

Les 3 types d’outils de désherbage mécanique ont leur place dans la gestion des adventices sur le maïs. 

• La Herse étrille est l’outil le plus polyvalent, adapté de la prélevée jusqu’au stade 8 feuilles. Elle permet un travail sur toute la surface du sol.  Elle fonctionne par arrachement et recouvrement des plantules grâce aux vibrations des dents sur les 3 premiers centimètres le sol. Opter pour un diamètre de dents de 7 mm. Simple d’utilisation, les réglages sont au nombre de deux : inclinaison et pression des dents puis vitesse d’avancement. Elle est recommandée en sol caillouteux. On retrouve 2 types de herses étrilles. Celles montées sur panneaux indépendants. Et celles à dents indépendantes montées avec des ressorts individuels, type Treffler. Dans ce cas, l’efficacité est accrue vue que toutes les dents travaillent avec la même agressivité. 

Les facteurs de réussite : 

- un sol bien nivelé pour pouvoir agir sur toute la surface du sol, 

- peu de résidus en surface de la culture précédente,

- une terre bien ressuyée, au moins en surface,

- des adventices jeunes. 

La herse étrille est capable de régler le désherbage, en 2 passages précoces, à l’aveugle et en post levée précoce dès 4 feuilles du maïs.

La houe rotative assure deux opérations en une : elle est à privilégier sur des sols sensibles à la battance. Elle réalise un décrottage en surface et le désherbage des plantules, grâce aux extrémités en forme de cuillère de ses roues étoilées. Le réglage s’opère selon la profondeur de travail et la vitesse d’avancement du tracteur.  

• La bineuse est à proscrire en pré levée au risque de compromettre la bonne implantation de la culture. En revanche, elle prend le relais de la herse étrille sur des adventices bien développées, si le travail d’étrillage n’a pas bien fonctionné. La vitesse d’avancement sera de l’ordre de 3 à 5 km/h au stade 4 à 5 feuilles du maïs et de 6 à 10 km/h au stade 8 feuilles.

Les facteurs de réussite consiste à équiper chaque élément de plusieurs accessoires complémentaires pour parfaire le désherbage :

1er rang,  dents à pattes d’oies larges qui se recroisent dans l’inter-rang ; 2ème rang,  dents de herse pour finir le travail d’inter-rang ; 3ème rang,  dents en forme d’étoile, type dents Kress, pour travailler sur  le rang de maïs.                                      

Les bineuses avec système d’autoguidage avec caméra, type GARFORD, ajustent la direction de la machine. Cette technologie assure une plus grande précision et permet des vitesses d’avancement jusqu’à 12 km/h et donc de plus grands débits de chantier. En revanche ces machines sont plus onéreuses à l’achat. 

Pour quelle rentabilité ? Temps de travail et coût des chantiers

Pour parler de l’intérêt et de la rentabilité du désherbage mécanique, il est nécessaire de chiffrer les temps de travaux et les coûts des chantiers. Le tableau ci-contre compare 3 itinéraires :

- un désherbage chimique classique complet en prélevée,

- un désherbage mécanique avec 2 passages de herse étrille,

- un désherbage mécanique avec 2 passages de bineuses.  

Pour les débits de chantiers : l’avantage va au traitement chimique, avec moins d’une demi-heure /ha avec un pulvérisateur de 15 m de large. Il ne faut donc pas négliger l’exigence du désherbage mécanique, qui passe pratiquement
1 heure avec 2 passages de herse étrille et 1h30 dans le cas de 2 passages de bineuse. 

Concernant les coûts de chantier, c’est le matériel + la traction + la main-d’œuvre du chauffeur, qui sont évalués (coûts d’utilisation CUMA).  L’itinéraire avec 2 passages de herse étrille est le moins coûteux : autour de 75-85 €/ha. Les 2 passages de bineuse sont les  plus onéreux dans une fourchette de 90 à 100 €/ha. Et le traitement chimique herbicide complet est en situation intermédiaire, entre 85 et 90 € /ha. 

Bernard Daudet  - Conseiller à la Chambre d’agriculture de Haute-Loire

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