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Choisir une stratégie pour son exploitation et s’y tenir jusqu’au bout

Le 5 février, Cerfrance Haute-Loire a présenté les chiffres de la ferme Haute-Loire et les conduites stratégiques à tenir dans une perspective à 10 ans.

Le président Gilles Boyer a ouvert le café-conférence à la Maison de la Providence au Puy.

À l’occasion de la parution de la 5e édition de son cahier de références économiques agricoles pour la campagne 2017-2018 et du livret des perspectives, Cerfrance Haute-Loire proposait un café conférence sur le thème suivant : «des choix tactiques aux orientations stratégiques».
Face aux élèves des trois lycées agricoles du département, aux agriculteurs et responsables d’OPA du département, Nathalie Velay animatrice de la cellule veille économique de l’Alliance Massif-Central et Angèle Herbet, chargée d’études à Cerfrance Haute-Loire ont dressé un état des lieux de la ferme Haute-Loire en 2017-2018. Avec un EBE de 58 800 € (33 400€/UTH), des écarts de performances importants et des annuités qui consomment 43% de l’EBE, «la ferme Haute-Loire se débrouille bien et investit (annuité moyenne de 23 700€)».

La ferme Haute-Loire se porte bien et investit
La Haute-Loire se caractérise par une absence d’autofinancement. Les agriculteurs préférant faire appel aux banquiers... L’endettement reste à surveiller dans 16% des exploitations. La trésorerie de la ferme Haute-Loire est juste à l’équilibre avec un excédent de 1 000 € après auto-financement,  prélèvement, charges et produits exceptionnels. La technicité et la performance économique se sont fortement améliorées, toutefois les agriculteurs prennent des risques en investissant. «Des choix qui peuvent s’avérer payants» selon Nathalie Velay qui note par ailleurs 2 faits marquants qui devraient peser sur les trésoreries dans les prochains mois : les aléas climatiques de 2018 et l’augmentation des charges de carburant.
Pour finir, «la consolidation des trésoreries est un enjeu dans 4 entreprises sur 10».
Après ce panorama de la ferme Haute-Loire, les intervenantes ont donné les tendances pour 2018-2019 par grandes productions, en prenant soin de cibler les questions tactiques à se poser pour appréhender l’avenir (voir encadré).  
En bovins viande, la tendance générale est la baisse modérée de l’EBE (-3% soit 41 500 €) due aux charges qui vont consommer les excédents.  Nathalie Velay table sur une rémunération permise  de 12 300 €/UTH. 
En ovin viande, elle prévoit une petite érosion de 3% de l’EBE (39 200 €) et une rémunération permise de 10 300 €/UTH et des écarts très importants entre exploitations.
En bovins lait, Angèle Herbet évoque une tendance à l’augmentation des volumes produits, ce qui devrait accroître les charges d’alimentation (car fourrages de moins bonne qualité en stocks). Même si les prix du lait devraient progresser, «l’équilibre production-coût alimentaire sera déterminant». En 2018-2019, l’EBE devrait atteindre 53 000 € pour une rémunération permise de 24 200 €/UTH ; des résultats prometteurs mais avec de gros écarts de performance entre les exploitations.
En bovins lait bio (sur les 5 départements de la zone Alliance Massif-Central), Angèle Herbet table sur un marché en croissance avec une demande qui n’est pas prête de faiblir. Dans ce contexte porteur, elle prédit des résultats prometteurs avec
un EBE de 60 300 € et une rémunération permise de 27 200  €/UTH. Là aussi, de gros écarts de rémunération sont à prévoir.

Perspectives à 10 ans… 4 stratégies agricoles au choix

Nathalie Velay et Angèle Herbet ont dévoilé les perspectives pour l’activité agricole d’ici 10 ans. Selon elles, «on s’oriente vers une agriculture plurielle avec 4 grands moteurs d’évolution (politique, économique, technologique et sociétal)».
Elles incitent les agriculteurs à analyser les opportunités qui se dégagent sur leur territoire et à s’interroger sur ce qu’ils souhaitent faire.
Sur les 4 grandes stratégies qui se dessinent, elles conseillent aux agriculteurs d’en choisir une et d’éviter de faire marche arrière une fois le choix fait.
Première stratégie : l’Avantage compétitivité est une stratégie de développement des volumes qui consiste à être compétitif pour s’en sortir
Deuxième stratégie : l’Avantage contractuel correspond à une stratégie de segmentation-contractualisation ;  il s’agit d’agriculteurs qui optent pour des produits standards avec au moins une source de valeur ajoutée distinctive (sans OGM, sans antiobiotique...).
Troisième stratégie : l’Avantage système est une stratégie de filière différenciée basée sur les pratiques (bio, diversification...).
Quatrième stratégie : l’Avantage clientèle est une stratégie d’engagement vers le consommateur. Elle consiste à se rapprocher du client par les circuits courts.
Ces 4 stratégies vont toutes cohabiter sur notre territoire. Mais quelle stratégie choisir et surtout quelle est la recette pour la Haute-Loire ?
Selon Angèle Herbet, «il n’y a pas de véritable recette car la bonne stratégie c’est juste de faire un choix». C’est pourquoi elle incite les agriculteurs à s’interroger sur leurs objectifs et leurs préférences. «À chaque décision prise, il faut se demander si son projet va dans le bon sens. Mais surtout, aller jusqu’au bout d’une stratégie, car la demi-mesure ne fonctionne pas bien».

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