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Plan de Relance
« Ces 1,2 milliard d’euros représentent une belle opportunité que nous devons saisir »

Présenté le 3 septembre, le plan national de relance vise à redonner du souffle à l’économie française en période de crise du Covid-19. Le point avec Gilbert Guignand, président de la chambre d’Agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Gilbert Guignand, président de la chambre régionale d’agriculture Auvergne-Rhône-Alpes.

Quels sont les principaux objectifs du volet agricole du plan national de relance ?
Gilbert Guignand : " Le volet agricole du plan de relance comporte trois grandes lignes directrices. La première, c’est la reconquête de la souveraineté alimentaire. On y retrouve notamment un plan protéines végétales de 100 millions d’euros (M€) et une enveloppe de 250 M€ dédiée au bien-être animal. La deuxième ligne directrice est la transition agroécologique. En ce sens, 80 M€ sont alloués aux circuits courts par le développement de programmes alimentaires territoriaux.
Quelque 130 M€ sont également consacrés au plan de modernisation des abattoirs et 135 M€ à la conversion des agro-équipements. Notons aussi les 100 M€ alloués au pacte biosécurité et au bien-être animal et les 50 M€ du programme " Plantons des haies !". La troisième ligne directrice, c’est celle de la lutte contre les effets du changement climatique avec notamment 100 M€ d’investissements pour la protection face aux aléas climatiques et 150 M€ pour le renouvellement forestier. "


Comment se décline ce plan en Auvergne-Rhône-Alpes ?
G.G. : " En région, l’accompagnement financier va principalement abonder les cofinancements des soutiens du second pilier de la Pac et notamment les aides à l’investissement. D’une certaine manière, c’est un peu " premier arrivé, premier servi " même si plusieurs enveloppes ont déjà été fléchées sur certaines régions en particulier. En ce qui nous concerne, 7 M€ sur les 80 M€ alloués aux programmes alimentaires territoriaux nous sont par exemple destinés. Sur les 130 M€ consacrés à la modernisation des abattoirs, 11 M€ sont aussi consacrés à notre région. Au niveau de la biosécurité et du bien-être animal, 12 des 100 M€ au niveau national nous reviendront. On peut aussi évoquer les 5,8 M€ consacrés à la gestion des aléas climatiques sur une enveloppe nationale de 100 M€. "


Comment va se dérouler la mise en place de ce plan au niveau régional ?
G.G. : " Elle se fera avec l’ensemble de nos partenaires : la FRSEA, les Jeunes agriculteurs et les chambres départementales d’agriculture. La circulaire d’application sera signée dans les prochains jours et nous disposerons alors de toutes les précisions, ce qui nous permettra de rentrer concrètement dans la phase de déploiement de ce plan. Nous commencerons à communiquer auprès des agriculteurs, soit à la fin de l’année, soit en début d’année prochaine de manière à acter le lancement opérationnel de ce plan. Dans chaque département, des conseillers d’entreprises seront spécifiquement formés pour répondre à toutes les questions. Concrètement, pour les dossiers déposés rapidement, l’argent devrait arriver à partir du mois de juin. "

Quelles sont les demandes formulées par la profession par rapport à ce plan de relance ?
G.G. : " Notre souhait, c’est que ce plan soit simple à décrypter pour tout le monde. Le pire pour les agriculteurs serait de se retrouver face à une montagne administrative et nous serons particulièrement vigilants sur ce point. Le financement pourra passer par des appels à projets de FranceAgriMer avec des taux d’aide de 30 à 40%. Nous espérons qu’ils seront simples à monter, que les agriculteurs pourront procéder à des auto-diagnostics sans avoir à avancer des moyens supplémentaires. Les 1,2 milliard d’euros représentent une belle opportunité que nous devons saisir mais nous pouvons aller plus loin, il y a d’autres aides à aller chercher dans les 100 milliards d’euros du plan de relance. Nous sommes concernés par des volets hors-agricoles, comme la partie emploi-formation et l’aide à l’embauche des jeunes. Ce plan de relance est aussi tourné vers l’investissement et il existe d’ailleurs de nombreuses aides à la rénovation énergétique des bâtiments, à la décarbonation et au développement des énergies renouvelables à solliciter. Des soutiens énergie via l’Ademe seront d’ailleurs déployés et nous devrons être en première ligne sur ces dossiers. "

 

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