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Céréales : Zoom sur un chantier de mise en boudin de céréales immatures

Ce lundi matin 13 juillet, sur l’exploitation du Gaec de Sucheron à Roche-en-Régnier, nous avons assisté à un chantier de mise en boudin de céréales immatures.

Le chantier avance au rythme de 10 m de boudin à l’heure.

Ce lundi matin, la famille Maurin du Gaec du Sucheron à Roche en Régnier attend l’entrepreneur pour mettre 30 tonnes de céréales en boudin. Triticales et blés ont été moissonnés il y a deux jours, à un stade immature afin d’être stockés et conservés selon une méthode qui tend à se développer.
C’est l’entreprise Chapat de Rosières, la seule équipée d’une boudineuse pour le grain en Haute-Loire, qui intervient donc au Gaec. À son arrivée sur le chantier, M. Chapat installe l’équipement, tracteur et boudineuse, sur le lieu même où sera fabriqué le boudin. L’engin en place, il règle la position de la vis, et c’est alors à Jean-François Maurin d’approcher sa remorque remplie de grain qui devra suivre en parallèle la machine.
Tout est prêt ; le chantier commence. Le grain tombe dans un grand entonnoir, puis est repris par la vis qui l’amène dans la trémie sous laquelle se trouve l’aplatisseur. Le grain est donc aplati puis amené par une autre vis jusqu’au boudin préalablement solidement fermé à son extrémité. Lentement au rythme de 10 m de boudin à l’heure, la farine - à laquelle est ajouté un conservateur biologique ou pas au choix de l’agriculteur- entre dans le boudin qui est alors gonflé. Au long du chantier, l’entrepreneur comme l’agriculteur avanceront tout doucement pour qu’un boudin d’un mètre de diamètre environ se forme. Une fois toutes les céréales à l’intérieur, le boudin sera fermé et pourra se conserver tout l’hiver.
L’exploitant viendra alors prendre à la pelle l’équivalent d’une ration journalière et la mettre dans la mélangeuse pour complémenter ses vaches laitières.

3 ans de recul
Cela fait maintenant 3 ans, que les Maurin ont opté pour cette technique et ils en sont pleinement satisfaits. Les céréales récoltées avant maturité permettent de libérer les sols 15 jours à 3 semaines avant et ainsi d’implanter plus tôt les prairies. C’est aussi très intéressant en cas d’année humide comme l’an dernier, ou dans des zones d’altitude où les céréales ont parfois des difficultés à mûrir. Le stockage est facile et la distribution aussi. Jean-François Maurin précise que ces céréales sont stockées «prêtes à l’emploi». Seule précaution à prendre selon lui, il faut veiller à entretenir les abords du boudin posé à même un pré, pour éviter la prolifération de rongeurs qui pourraient abîmer le plastique.
En 2014, M. Chapat a mis plus de 2000 tonnes de céréales en boudin, mais pas seulement en Haute-Loire. Il travaille aussi dans le Puy-de-Dôme, l’Ardèche ou encore l’Isère. Avec sa boudineuse, il peut aussi travailler avec du maïs grain ou d’autres graines. L’an dernier, il a fait 1 000 tonnes de maïs dont 500 en Hte-Loire. Il précise que pour notre département le maïs grain était acheté à l’extérieur et non produit sur l’exploitation.
Côté coût, l’opération totale (aplatissage, mise en boudin et incorporation d’un conservateur) revient à 30 € du mètre linéaire dont 3 € pour le conservateur,  avec remise pour paiement comptant, auquel s’ajoute un forfait de 50 €.
M. Chapat qui a acheté sa machine en 2011 alors que cette technique n’était pas pratiquée en Haute-Loire, est satisfait du développement que cette activité connaît au sein de son entreprise. Et ses clients à l’instar de M. Maurin semblent satisfaits des résultats, tant sur le plan du temps de travail à la récolte, sur  la reprise de la «farine» ou encore sur l’intérêt dans la ration des laitières.

Suzanne Marion

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