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Avant son installation et après, Mickaël Forestier mise sur la formation

Mickaël Forestier est installée en Gaec avec sa mère sur le plateau volcanique à St Haon en Haute-Loire où ils élèvent des limousines qu’ils commercialisent en partie en vente directe de viande.

Mickael Forestier et Evelyne sa maman, associés du Gaec La Ferme du Velay sur la commune de St Haon, avec leurs limousines.

À 30 ans Mickaël Forestier a pris un virage professionnel pour revenir s’installer agriculteur sur la ferme familiale en Gaec avec sa mère Evelyne. Un projet longuement réfléchi après 10 ans d’expérience comme ouvrier boucher et un pas de côté logique pour ce jeune qui a su attendre le bon moment pour réunir deux passions, l’agriculture et la boucherie. En effet, le Gaec La Ferme du Velay à Mazemblard sur la commune de St Haon, a choisi l’élevage d’une soixantaine de vaches allaitantes avec des veaux gras, et quelques porcs, et un atelier de découpe et transformation de produits carnés avec vente directe, sans oublier quelques hectares de Lentilles Vertes du Puy. De quoi largement occuper les deux associés.


Projet mûrement réfléchi
Si Mickaël a toujours eu l’idée de s’installer, il a néanmoins pris le temps de faire les choses bien et d’aller voir ailleurs avant de revenir sur la ferme de ses parents. En amont du départ en retraite de son père, il s’est donc inscrit pour préparer un BPREA par correspondance à Langogne, tout en construisant son projet.
Au cours du dispositif préalable à l’installation, le jeune homme n’a pas cessé de se former : gestion de l’exploitation, conduite d’un troupeau allaitant… «Pour moi, la formation est très utile, indispensable même et pas seulement avant de s’installer. On croit toujours avoir les connaissances, mais on s’aperçoit que l’on peut toujours s’améliorer» insiste-t-il. Et c’est pour cela que même après son installation en mai 2018 en Gaec avec sa mère, Mickaël a poursuivi dans cette direction en suivant des formations diverses comme la lutte contre les campagnols, ou encore l’hygiène pour un atelier en agro-alimentaire. «J’en ferai d’autres, dit-il, mais il faut avoir le temps».
Le jeune exploitant est demandeur d’appui pour faire tourner son exploitation au mieux. Il travaille donc avec la Chambre d’agriculture pour avoir un conseil neutre et avisé, en plus des visites des commerciaux. Il est également membre de JA43, «pour partager des expériences et discuter du métier avec d’autres jeunes qui ont les mêmes questions, les mêmes problématiques et les mêmes attentes».


La formation, c’est pour le fils et… la maman
Et dans cette quête, Mickaël a entraîné sa maman qui s’est elle aussi formée notamment sur l’activité transformation. «Mon mari et moi, on était content qu’il revienne. On faisait du lait et j’en avais un peu ras le bol, et on faisait aussi de la vente directe de Lentilles» explique-t-elle contente d’avoir changer de production. «Mais je n’y connaissais rien en transformation, alors j’ai fait la formation avec lui… À l’atelier, j’emballe, lui dirige et prépare c’est son travail. Et pour moi, le plus dur, c’est la vente». Derrière ces mots et cette modestie, on sent une fierté pour cette maman qui a évolué pour continuer l’agriculture avec son fils. Et ce dernier salue le mérite de son associée qui «à 58 ans a accepté de se former, de changer».
Mickaël a réussi à réunir ses deux passions dans son projet. Et au fil du temps, avec Èvelyne chacun a trouvé sa place. Ils élèvent une soixantaine de Limousines, des veaux gras et depuis cette année quelques porcs, afin de répondre à la demande de leur clientèle. Ils ont repris un atelier de transformation disponible à environ 10 km de la ferme, qu’ils ont réaménagé. À l’heure actuelle, ils passent 1 génisse et 1 veau par mois, et 3 à 4 porcs. Ils travaillent sur commandes et essayent quelques marchés, St Paulien et Cayres cet été, et un magasin de producteurs au Col de la Chavade aux confins de la Haute-Loire en Ardèche.
Avant de s’installer Mickaël a travaillé avec l’appui du CFPPA d’Yssingeaux pour les démarches administratives notamment, et d’autres organismes pour chaque phase de son projet. «En Haute-Loire, on a toutes les informations, tous les appuis… à nous d’aller les chercher» note-il. Curieux et désireux de mettre toutes ses chances de son côté, il n’a donc pas hésité à frapper à toutes les portes.


Apprendre à communiquer sur le métier
Deux ans après son installation, son seul “regret“, c’est justement ce manque de formation initiale en agriculture. «Si c’était à refaire, j’accentuerais ma formation au départ. Il y a des choses que j’aurais pu anticiper si j’avais eu les connaissances, les compétences… J’ai appris le métier de boucher, pas celui d’agriculteur. Il me manque de la technique pour les soins aux animaux et pour les cultures» regrette-t-il.
C’est pourquoi, ce jeune homme est avide de formations spécifiques pour s’améliorer, et aller plus loin. Ainsi, aujourd’hui, il souhaiterait suivre un stage pour mieux communiquer avec le public qu’il est amené à rencontrer sur les marchés ou à la ferme. Car parler de son métier et de ses pratiques, Mickaël Forestier est amené à le faire régulièrement et au cours d’initiatives auxquelles le Gaec s’est inscrit comme les opérations ponctuelles “L’été à la Ferme“ ou De ferme en ferme“, avec la Chambre d’agriculture. Les deux associés aiment à ouvrir les portes de leur exploitation, pour «créer du lien, et installer une relation de confiance entre les agriculteurs et les consommateurs».
Des idées, des envies, le jeune agriculteur en a plein. Son frein aujourd’hui, c’est le temps de travail. Car en plus de l’exploitation, il est un jeune papa qui souhaite aussi consacrer du temps à sa famille.

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