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Installation
Accompagner, soutenir, former des agriculteurs bien dans leur métier

Avec un peu plus de 800 installations aidées en 2020, Auvergne Rhône-Alpes caracole en tête des régions où l’on installe le plus. Le fruit d’une politique dynamique qu’il convient de conforter, selon JA Aura en session régionale.

Nicolas Chatard jeune agriculteur installé dans le Puy-de-Dôme en maraichage

La session régionale installation des Jeunes agriculteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes a pris une forme inédite cette année. En raison du contexte sanitaire, seul un petit groupe de participants a pu être accueilli à l’ISVT au Puy-en-Velay en Haute-Loire, tandis qu’une soixantaine d’acteurs du monde agricole les a rejoints en visio-conférence. Sur le fond, ce temps fort du réseau JA a en revanche tenu toutes ses promesses avec des données riches d’enseignements, des initiatives possiblement inspirantes, et un focus détaillé sur l’installation en zone de montagne. 66% de la ferme Auvergne-Rhône-Alpes se situe en effet en zone de montagne, ce qui structurellement génère des handicaps qu’il convient selon Laurine Rousset, présidente des JA Haute-Loire, " d’atténuer à travers l’ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels) de manière à produire sur un pied d’égalité avec la plaine ". En 2020, pour son département, cette productrice de lait installée en agriculture biologique avec sa mère, a recensé 60 installations aidées pour un montant moyen de DJA (Dotation jeune agriculteur) de 48 000 euros.

Le défi du renouvellement des générations

Au niveau régional, selon les projections réalisées par les JA grâce aux données de la DRAAF et les remontées du réseau, on devrait clôturer l’année avec 812 installations aidées (dont près de 500 en zone de montagne), ayant bénéficié d’une DJA moyenne de 44 329 euros (voir graphiques). C’est près d’une centaine d’installations de plus qu’en 2019, ce qui fait d’Auvergne Rhône-Alpes, la région de France où l’on installe le plus.
Pour Clément Rivoire, vice-président des JA en charge de l’installation, ces bons résultats ne doivent pas occulter une réalité implacable, celle des 2 300 départs annuels à la retraite d’agriculteurs dans la région : " On est encore très loin d’un départ pour une arrivée. La moitié des agriculteurs de la région sont à dix ans de la retraite. Cela doit nous interroger et nous conduire à répertorier les mesures efficaces en faveur de la politique à l’installation ". Un sentiment partagé par Pierre Picard, président des JA Aura, pour qui " l’installation ce n’est pas uniquement la DJA, c’est tout le parcours et l’accompagnement qui s’en suit pour être en capacité de guider les jeunes vers un modèle d’agriculture vivable et rentable ".
Désormais plus qu’une piste, l’installation de jeunes hors du cadre familial tend à alléger les départs massifs à la retraite d’exploitants se retrouvant sans successeur.

Près de 40% de hors-cadre

En dix ans, la part des installations hors-cadre a ainsi progressé de 10% dans la région, si bien qu’aujourd’hui 40% des jeunes qui s’installent le font en dehors du cadre familial. Cette proportion est particulièrement élevée dans l’Ain, l’Ardèche, l’Isère et le Rhône, et comparativement plus en retrait dans les quatre départements de l’ex région Auvergne. " L’axe rhodanien constitue un fort pôle de consommation. Les petites unités de maraîchage, de transformation… et les diverses opportunités de vente directe donnent l’avantage aux installations hors-cadre ", analyse Clément Rivoire.
À l’heure de l’installation, la question du débouché est évidemment fondamentale. Il conditionne la manière d’appréhender le modèle d’exploitation, résumé en une formule par Nathalie Velay du pôle économie de Cerfrance Alliance Massif central : " Au moment de l’installation, il s’agit d’être clair sur sa stratégie : volumes, échelle, valorisation…" Si, quelle que soit la voie empruntée, l’équilibre doit être la règle, force est de constater que l’un des critères qui pèse dans la balance est celui de la zone d’installation.

Des installations plus coûteuses en montagne

En plaine ou en montagne, les coûts d’installation divergent. Les équipes de Cerfrance Alliance l’ont démontré à travers une étude comparative sur des exploitations laitières de Mayenne-Sarthe et d’Auvergne. " Au démarrage de l’activité, il faut 40 euros d’actif en plus pour produire 1 000 litres de lait en zone de montagne par rapport à la zone de plaine ", explique l’économiste. Sur les coûts de production, là aussi, des écarts subsistent à tous les étages (alimentation, bâtiment, mécanisation…), partiellement compensés par les aides et le produit viande. " Au sein d’un même bassin de production, on a constaté des écarts pouvant aller jusqu’à 100 euros/1 000 litres. En cause : la technique, les équipements, l’intensification plus ou moins maîtrisée des facteurs… ", suggère Nathalie Velay, pour qui l’enjeu de rentabilité reste universel.

 

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