La Haute-Loire Paysanne 14 mai 2014 à 11h57 | Par XAVIER NICOLLE (Interbev Limousin)

VIANDE BOVINE - La Turquie, le nouvel Eldorado pour la viande bovine ?

À l’initiative des huit Comités régionaux d’Interbev participant au Sommet de l’élevage, une délégation de professionnels s’est rendue en Turquie, mi avril.

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Une délégation d’éleveurs et de techniciens français s’est rendue en Turquie.
Une délégation d’éleveurs et de techniciens français s’est rendue en Turquie. - © ©DR

Plus d'info avec l'interview de Philippe Chazette, président d'Interbev Limousin, dans la Haute-Loire Paysanne du vendredi 16 mai.

 


A
u programme de cet echange, des visites d’ateliers d’engraissement, d’abattoirs, d’ateliers de decoupe, de boucheries et de grandes surfaces ont permis de se rendre compte de la realite de la filiere viande de ce pays en plein developpement (7e economie agricole mondiale, majoritairement vegetale), malgre une situation geopolitique complexe et fragile.

Le poids de la religion n’est pas sans consequences sur cette filiere. Pays laïc, mais a tres forte dominante musulmane, l’abattage se pratique selon le rituel halal, mais avec des exigences moindres qu’en France. Sans etourdissement, l’egorgement des animaux se pratique par un «sacrificateur» musulman sans pour autant, etre un Imam et a condition que le «sang coule». D’ailleurs, les clients ne sont pas exigeants, tant que l’abattoir leur fournit un document justifiant que la viande ou l’animal est halal.

Dans un contexte de penurie d’animaux, alors que les besoins sont estimes a 200000 animaux maigres selon les operateurs turcs, la Turquie presente un debouche potentiel pour des animaux vivants principalement. En effet, la strategie des operateurs locaux et des dirigeants politiques est de conforter les activites d’engraissement et d’abattage pour preserver leur elevage et developper de la valeur ajoutee localement. De plus, les distributeurs communiquent de plus en plus aupres des consommateurs sur l’origine «locale», sans la rigueur de notre etiquetage... Les circuits de distribution transitent majoritairement par les boucheries traditionnelles, qui occupent 60 % des part de marche, alors que le reste est commercialise par la GMS et la restauration. Par ailleurs, les animaux engraisses sont essentiellement issus du cheptel laitier local pour fournir des carcasses de 300 kg maximum. En cas d’ouverture des frontieres, attendue prochainement, les importations concerneraient donc plutot des animaux offrant une bonne rentabilite aux engraisseurs turcs et devraient etre regulees afin de ne pas fragiliser leur filiere. Cette position, maintes fois reaffirmee, a conduit les participants a conclure sur le besoin de reconsiderer l’offre française pour ce debouche (poids et categories d’animaux, races, etc.) et son volume potentiel.

Ce deplacement, qui a suscite de nombreux echanges et debats entre les participants, fera l’objet d’un compte rendu et d’une presentation a l’occasion d’un prochain College regional d’Interbev.



XAVIER NICOLLE (Interbev Limousin)

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