La Haute-Loire Paysanne 09 mai 2019 à 15h00 | Par Véronique Gruber

Un sens « autre » à la ferme, avec l’installation de Magalie

Après une carrière d’aide soignante à l’hôpital, Magalie Maître est devenue agricultrice en 2017, en s’installant en Gaec avec son mari. Avec la vente directe, et bientôt la transformation laitière, Magalie complète l’activité de la ferme.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Magalie et Sébastien transforment leurs céréales meunières en farines.
Magalie et Sébastien transforment leurs céréales meunières en farines. - © HLP

■ Magalie Maître s’est installée en Gaec avec son mari, Sébastien, le 14 avril 2017 à Beaune-sur-Arzon. Ensemble, ils forment le Gaec des Orpins et leur ferme se prénomme “la Ferme de Belna” ; conduite en agriculture biologique, cette dernière rassemble des vaches laitières, des vaches allaitantes, quelques chèvres et des veaux de lait.  Le couple cultive 40 ha de céréales meunières, dont une partie est transformée par leur soin en farines, des lentilles vertes, des pommes de terre et ils pratiquent la vente directe sur les marchés, dans un magasin de producteurs et des Amap. Et dès cet automne, ils projettent de transformer 30 000 litres de lait en fromages et en produits frais. 
Magalie n’a pourtant pas du tout démarré sa vie active dans l’agriculture, même si l’idée de s’installer avec son père, agriculteur à Tiranges, l’avait un instant habitée à l’âge de 18 ans. “A l’époque, je voulais m’installer à ses côtés en vue de développer d’autres activités  type tourisme, visites à la ferme... Mais mon père n’a pas accepté, ne voyant pas trop d’avenir sur sa ferme”.


Aide soignante pendant 10 ans
Après son bac sciences médico-sociales, Magalie passe les concours d’infirmière et d’aide soignante qu’elle réussira tous les deux. Elle choisit finalement de devenir aide soignante, envue d’entrer plus rapidement dans la vie active. Elle pratiquera ce métier avec plaisir pendant 10 ans à l’hôpital Emile Roux au Puy. “Je me sentais utile et j’aimais être près des patients et échanger avec eux” indique-t-elle.
En 2013, alors que Magalie attendait son troisième enfant, son mari Sébastien, à l’époque installé avec ses parents sur la ferme familiale, a été invité par un intervenant de Cerfrance Haute-Loire à réfléchir au rempla- cement de ses parents qui s’apprêtaient à prendre leur retraite. Sébastien a tout de suite pensé à son épouse. “Il m’a téléphoné pour me demander si je voulais le rejoindre sur la ferme. Sans hésitation, J’ai répondu oui ”. Si au départ Magalie n’avait pas du tout réfléchi aux possibilités de s’installer avec son mari, son vœu enfoui de devenir agricultrice allait se réaliser...
Magalie a alors passé un bac CGEA à dominante élevage par corresponsance afin de pouvoir concilier vie de famille et études. “Ce bac m’a permis d’approfondir le fonctionnement de la ferme de Sébastien et de me rapprocher de Sébastien” explique-t-elle.


Projet de transformation de lait
Si au départ, son projet d’installation consitait à reprendre les moutons existants sur la ferme pour les transformer en caissettes de viande, ce scénario n’a finalement pas été possible. Magalie a alors très vite rebondi en se tournant vers la transformation du lait de vache. Une idée confortée par une étude de marché réalisée par Aurélie Sarda à la Chambre d’agriculture. Et pour cela, elle s’est formée au sein de l’ENIL d’Aurillac.
Une fois installée en Gaec avec l’ambition de transformer 30 000 l de lait, Magalie et Sébastien se sont lancés dans des travaux de construction d’un laboratoire de transformation, d’un local à pommes de terre et dans un agrandissement de leur bâtiment en vue d’accueillir les vaches et leur veaux.
En attendant la réalisation de ce chantier qui devrait se terminer cet automne, le couple a choisi de se lancer dans la transformation des céréales meunières en farines à l’aide de deux moulins en bois qu’ils ont achetés.
Magalie, qui sur le Gaec s’occupe plus particulièrement de la vente directe sur les marchés, des livraisons, de l’ensachage des farines, de l’élevage des chèvres et des tâches administratives, est à présent complètement épanouie : “Notre métier est  valorisant et passionnant et il me permet de tout conjuguer (vie de famille et passion). Je prends beaucoup de plaisir sur les marchés. Les marchés, c’est mon rayon de soleil de la semaine. Et lorsque les clients reviennent acheter des produits, c’est super encourageant !” dit-elle avec emphase. Même si la ferme de Belna est le fruit du travail de 2 paysans, pour Magalie “la ferme c’est avant tout Sébastien. Moi j’apporte un complément d’activité et un sens autre à la ferme”.

"Les marchés, c’est mon rayon de soleil de la semaine. 
Et lorsque les clients reviennent acheter des produits, 
c’est super encourageant !".
"Les marchés, c’est mon rayon de soleil de la semaine. Et lorsque les clients reviennent acheter des produits, c’est super encourageant !". - © HLP

Profil

• Magalie Maître s’est installée en avril 2017 avec les aides avec son mari Sébastien à Bruac (Beaune sur Arzon). Sur 156 ha (dont 40 ha de céréales) conduits en agriculture biologique, tous deux élèvent :
- 41 vaches abondances et montbéliardes (180 000 L de lait produits sur 275 000 L de droits à produire) ; lait livré à Sodiaal.
- des chèvres Saanen et Massif central (5 mères et 3 chevrettes) en vue d’une transformation en fromages
- 10 vaches allaitantes Aubracs
- Veaux de lait sous la mère (9 par an transformés à Polignac et vendus en caissettes)
- Transformation de céréales meunières en farines dont certaines sont décortiquées à la ferme.
- Production de pommes de terre

• Formation : Bac sciences médico-sociales, diplômée aide soignante en 2003, bac CGEA obtenu en 2015, plusieurs formations suivies à l’ENIL en 2016.

• La Ferme de Belna, agréée en agriculture biologique, produit des farines à partir de blés anciens (blé rouge de Bordeaux, petit épeautre, grand épeautre et seigle), du sarrasin et de la lentille.
Magalie vend ses produits sur les marchés de Chomelix (été), de Craponne et d’Aurec sur Loire et au local des producteurs d’Ambert. Elle assure la livraison de quelques Amap et de la maison de retraite de St Paulien  (en pommes de terre et lentilles).

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Haute Loire Paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui