La Haute-Loire Paysanne 10 novembre 2010 à 15h28 | Par Suzanne MARION - Jérémy CONVERS

Ultimatum de la FDSEA aux chasseurs de sangliers er cerfs

Face à une situation jugée inacceptable pour les agriculteurs, la FDSEA a décidé de lancer un ultimatum aux chasseurs. Exceptionnellement réunis en section chasse, dans le cadre d'un conseil d'administration, les responsables syndicaux ont demandé, et obtenu une rencontre avec le Préfet de Haute-Loire et la Fédération départementale de la Chasse. Cette rencontre prévue de 24 novembre devra porter ses fruits en terme de régulation des populations de grands gibiers, sangliers et cerfs. Les agriculteurs sont à bout…

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La population de sangliers a doublé en 3 ans…
La population de sangliers a doublé en 3 ans… - © HLP

A situation d’urgence, mesure inhabituelle… Suite aux dégâts de plus en plus importants occasionnés chaque année par le grand gibier, Gilbert Guignand, président de la FDSEA, a provoqué une section chasse exceptionnelle à l’occasion du conseil d’administration, vendredi 5 novembre.
Gilbert Guignand a tout d’abord fait le point sur la situation, rapidement relayé par l’ensemble des délégués cantonaux FDSEA et Chasse, tous exaspérés. Lors de la saison 2004-2005 le montant des dégâts aux cultures occasionnés par les sangliers et les cerfs, et déclarés, dépassait tout juste 40 000 €. La note pour la saison 2008-2009 a explosé et atteint près de 175 000 €, soit plus de 4 fois plus. Les agriculteurs ne cessent d’appeler à la FDSEA, et ce tout au long de l’année, alors qu’avant les appels étaient concentrés lors des grosses périodes de dégâts.
Les sangliers, quelquefois noirs, quelquefois blancs, sont de plus en plus familiers. Ils se rapprochent des maisons d’habitation et sont même prêts à trouver refuge dans les bâtiments d’élevages, ou même, comme la semaine dernière à Aurec, s’aventurent sur un terrain de foot peu avant le coup d’envoi du match. Alors, les agriculteurs sont en droit de se poser la question qui s’impose : « mais que font les chasseurs ? »
Depuis la mise en place du schéma départemental de gestion du sanglier, force est de constater que ce système, basé sur la gestion locale du sanglier, ne fonctionne pas. Il n’est pas rare d’entendre que bien avant la fermeture de la chasse aux sangliers, certaines catégories ne sont plus chassées alors que tout est mis en œuvre dans les Unités de Gestions pour l’autoriser. De même, comment peut-on croire que sur les limites d’une commune, 24 points d’agrainages servent à protéger des cultures ?

24 novembre, ultime réunion

Suite à ce constat consternant, et face à l’exaspération qui monte dans les campagnes, la FDSEA et sa section spécialisée décident de poser un ultimatum. Ils ont demandé, et obtenu, une rencontre avec le Préfet et la Fédération départementale des chasseurs pour mettre fin à cette situation inacceptable. Lors de cette réunion, prévue le 24 novembre, seront abordés tous les points de discordes. Les agriculteurs dénoncent un encadrement actuel de la chasse au sanglier trop restrictif qui limite donc le tableau de chasse, et de gros problèmes liés à l’agrainage. Ils demandent aussi le passage d’experts après la récolte pour constater des dégâts non vus avant (milieu du champ par exemple). Enfin la FDSEA s’inquiète des risques sanitaires liés à la surpopulation de sangliers ou de cerfs, et s’interroge sur la traçabilité des animaux issus d’élevages.
Les chasseurs doivent prendre leur responsabilité en matière de gestion des populations de gros gibiers. Cette réunion du 24 novembre est pour le syndicalisme la rencontre ultime.

HUMEUR

Ultimatum !

Cette année on a dépassé les limites de l’acceptable pour les agriculteurs. Pendant des années, nous avons joué le jeu en participant aux Unités de gestion, mais les ACCA en font fi. En 3 ans la population de sangliers a doublé. Les cerfs sont de plus en plus nombreux et sur des secteurs plus vastes. Le montant des dégâts aux cultures déclarés sur le département a été multiplié par 4 en 5 ans.

Trop c’est trop ! Nous ne pouvons pas continuer à laisser impunément détruire le fruit de notre travail.
Si le prix du maïs est estimé trop élevé pour les éleveurs qui doivent acheter pour nourrir leur troupeau, il n’est en rien dissuasif pour les chasseurs qui agrainent généreusement !

Aujourd’hui, face au laxisme des chasseurs voire, trop souvent, à leur attitude proche de la “provoc”, nous avons décidé de réagir avec force et conviction.
Désormais, la coupe est pleine… les chasseurs devront la boire jusqu’à la lie…
Nous y veillerons.

Gilbert Guignand - Président de la FDSEA

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