La Haute-Loire Paysanne 12 avril 2012 à 17h03 | Par S.Marion

Syndicalisme - "Je représente les éleveurs et les productions de mon territoire"

Evelyne Boulet vient d’attaquer son troisième mandat de déléguée cantonale FDSEA de Lavoûte-Chilhac. Elle décrit ses responsabilités, son parcours et livre sa vision du syndicalisme.

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Evelyne Boulet est vice-présidente de CERFRANCE Haute-Loire (membre désigné par la FDSEA), présidente de l’APIV43, vice-présidente du GIE USROM et co-responsable de la société Energéquitable Lavoûte-Chilhac.
Evelyne Boulet est vice-présidente de CERFRANCE Haute-Loire (membre désigné par la FDSEA), présidente de l’APIV43, vice-présidente du GIE USROM et co-responsable de la société Energéquitable Lavoûte-Chilhac. - © HLP

Le 31 mars dernier, Evelyne Boulet est repartie pour un troisième mandat de déléguée cantonale FDSEA de Lavoûte-Chilhac. Cette fois-ci, elle partagera cette responsabilité avec François Ceret. Originaire du canton de Pinols, Evelyne a d’abord été co-exploitante dès l’installation de son mari André en 1981 à St Privat du Dragon. En 1990, elle s’installe à son tour et crée l’Earl des moutons blancs avec André. En 2006, l’une de leurs trois filles, Anaïs, les rejoindra sur l’exploitation familiale devenu Gaec de Souleyte.
Evelyne a vite poussé la porte du syndicat FDSEA de sa commune pour s’informer et parce que le syndicat correspondait à ses idées. Jusqu’à ce qu’en 2006, à l’occasion de l’une des réunions cantonales de Lavoûte-Chilhac, le président  du syndicat de sa commune lui demande si elle accepterait de remplacer le délégué cantonal qui souhaitait mettre un terme à ses responsabilités.
«Je me suis alors interrogée : suis-je capable ? Je me suis finalement dit : Pourquoi pas ! Je l’ai pris comme une expérience. A l’époque, mes enfants étaient grands, j’ai donc pu dégager un peu de temps pour m’impliquer dans le syndicalisme» explique Evelyne Boulet.
«J’ai donc accepté et j’ai été bien accueillie. Mais cela n’a pas été facile car nous ne sommes pas formés pour devenir délégué cantonal et en plus on prend les dossiers en cours !» indique-t-elle.
Evelyne qui connaissait bien les moutons mais assez peu le lait, a dû s’informer et déchiffrer tous les sigles qu’elle ne connaissait pas. «J’avais une mission à remplir et il fallait que je m’accroche pour défendre mon canton».

Une interface
Evelyne Boulet définit son rôle de la manière suivante : «En tant que déléguée cantonale, je suis l’interface entre les présidents des syndicats et le conseil d’administration départemental de la FDSEA. Je représente les éleveurs et les productions de mon canton. Mon rôle est de faire remonter les attentes et les difficultés de mes collègues agriculteurs auprès du conseil d’administration de la FDSEA».
Mais pour elle, ce sont les présidents de syndicats qui occupent le rôle le plus important au niveau du canton : «ce sont eux qui sont au contact de la base de la pyramide sur laquelle repose tout l’édifice du syndicalisme : les adhérents. Et il ne faut pas oublier les animateurs de la FDSEA qui nous coachent et qui sont au contact de l’information».
Pour cette responsable syndicale, le syndicalisme doit s’accompagner d’une convivialité qu’elle juge «nécessaire si l’on veut avancer. Cela rapproche les adhérents et cela crée une ambiance de confiance». «Sur le canton de Lavoûte-Chilhac, nous sommes très attentifs à la diversité de notre territoire et c’est pour cette raison que nous organisons des réunions par secteur» ajoute-t-elle.
Evelyne Boulet juge la FDSEA incontournable, c’est pour elle le dénominateur commun de toutes les OPA. «Cette bonne entente «intelligente» entre OPA  oeuvre dans l’intérêt des agriculteurs du département».
Et lorsqu’on la questionne sur le rôle du syndicalisme majoritaire en Haute-Loire, elle répond par une autre question : «Où en serions-nous si nous n’avions pas de syndicalisme agricole ? Comment organiserait-on des commandes de paille en période de sécheresse ? Comment mobiliser les agriculteurs sur un territoire lorsqu’un problème survient ? Défendre, fédérer et communiquer, tel est le rôle du syndicalisme».

Rappeler la réalité
du terrain
Evelyne attache beaucoup d’importance au rôle de contre-pouvoir du syndicalisme face aux décideurs nationaux et européens ; ces derniers «ne connaissent souvent pas les structures, ni les territoires ni les agriculteurs et pourtant ils nous dictent notre conduite. Par exemple, sur la conditionnalité des aides, on nous a imposé des contraintes pas toujours en phase avec la réalité du terrain». Autre exemple éloquent, «en ovin, nous avons changé trois fois de système d’identification en 7 ans ! Le syndicalisme est là pour rappeler constamment la réalité du terrain aux décideurs».
La mobilisation syndicale peut avoir un impact sur les décisions prises en matière agricole et plus le problème est grave, plus la mobilisation est forte. Ce fut le cas sur notre canton en 2011 autour du dossier sécheresse. Pendant la crise du lait, la FDSEA-JA a su garder son bon sens et son intégrité ; elle n’a pas fait miroiter aux éleveurs des prix du lait illusoires. Et si la totalité des producteurs a pu être collectée, c’est grâce au travail du syndicalisme majoritaire».
Pour Evelyne Boulet l’échelon cantonal FDSEA «c’est avant tout une équipe composée des représentants des communes, des responsables de sections, des présidents de syndicats communaux et du délégué cantonal. C’est un travail d’équipe, on est jamais seul. Et je ne suis qu’un maillon de la chaîne».
Son statut de femme parmi une majorité de responsables agricoles masculins ne l’a jamais dérangé : «je participe aux réunions syndicales en tant qu’agriculteur et je ne me positionne pas en tant que femme. Je suis leur collègue de travail. Mais, je regrette qu’il n’y ait pas plus de femmes qui prennent des responsabilités syndicales».
En tant que déléguée cantonale, Evelyne conseille aux jeunes qui s’installent de ne pas s’isoler, de rester toujours informés et d’être ouverts. «J’aimerais que la nouvelle génération soit positive et qu’elle soit fière de son métier».
Quant à l’avenir, Evelyne est persuadée que l’on aura besoin de nos zones pour alimenter la population mondiale : «Notre département restera agricole et contribuera à nourrir la population comme d’autres départements».

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