La Haute-Loire Paysanne 28 mai 2010 à 17h08 | Par Sophie BAUDIN

Succès populaire pour "Nature Capitale" sur les Champs Elysées

20 ans après la mythique Grande Moisson, "Nature Capitale" a rassemblé ce week-end (22 et 23 mai) près de 2 millions de personnes sur les Champs Elysées à Paris. Les parisiens ont répondu en nombre à l'invitation de Jeunes Agriculteurs et France Bois Forêt pour prendre un bol de nature sur la plus belle avenue du monde.

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Le rendez-vous donné par les Jeunes Agriculteurs les 23 et 24 mai à Paris a eu un écho très positif, portant haut les couleurs de l’agriculture française des années 2010.
Le rendez-vous donné par les Jeunes Agriculteurs les 23 et 24 mai à Paris a eu un écho très positif, portant haut les couleurs de l’agriculture française des années 2010. - © Réussir / N.Ouvrard

C’est sous un grand soleil, que les Parisiens ont répondu massivement à l’invitation des Jeunes Agriculteurs  et de France Bois Forêt, à prendre un bol de nature sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, lors du week-end de Pentecôte les 22 et 23 mai.
L’événement “Nature Capitale”, dont la scénographie est de l’ancien créateur de la grande moisson, il y a 20 ans, Gad Weil, à l’origine du projet, a attiré près de deux millions de parisiens, visiblement contents de voir leur avenue devenue toute verte. Même Nicolas Sarkozy s’est offert un bain de foule.

“On est tous des agriculteurs”

“On est tous des agriculteurs !”   a lancé le ministre de l'Agriculture, lors de l'inauguration. Bruno Le Maire était accompagné du ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. “L'agriculture est au cœur de Paris. La forêt est au coeur de Paris (...) je souhaite que cela soit le symbole de notre conception de l'agriculture”, a lancé Bruno Le Maire, soulignant une fois de plus que ce secteur ne devait pas être considéré “comme une activité latérale » mais devait être « au cœur de notre vie”.
Une jolie formule pour un événement esthétique et symbolique, en manque de messages. Mise à part la présence de Jeunes Agriculteurs sur le parcours et la distribution de tracs intitulé “l’agriculture est capitale pour les générations futures”, il n’était pas évident pour le visiteur de comprendre ce qu’il voyait en raison d’une signalétique presque inexistante et surtout d’appréhender les enjeux de l’agriculture du futur.
Les petites maisons le long de l’avenue, siglées “Nature capitale” n’étaient destinées qu’à vendre des essences de pins ou d’arbre ou des parties du plateau végétal. En effet, un tiers du budget de l’opération (plus de 4  millions d’euros) devait être bouclé grâce aux “essaimeurs” qui pouvaient, s’ils le souhaitaient acheter des morceaux de parcelles.
Mais où sont les agriculteurs ? s’interrogeait une visiteuse, venue dimanche au plus fort de la cohue alors que trois quarts de l’avenue des Champs-Élysées étaient transformés en forêt.
Il fallait patienter et fendre la foule jusqu’au bas de l’avenue pour espérer accéder à une parcelle de colza, de blé, de plants de bananiers ou de vignes, encerclées par des visiteurs de plus en plus nombreux.

Bain de foule du président

Nicolas Sarkozy a lui aussi pris un bain de foule, avec pour cible les agriculteurs dont les représentants  syndicaux l’ont accueilli, le 24 mai. “Vous avez vu tout ce que je fais en ce moment”, “Pour peser sur les prix nous on sera avec vous !” : à chaque arrêt, Nicolas Sarkozy lâche une phrase de réconfort aux représentants d'un monde agricole actuellement dans une crise profonde.
“Il faut, à un moment donné venir voir, de quoi on a besoin”, résume William Villeneuve, président des JA, qui a fait office de guide pour la visite.
Depuis la défaite de sa majorité aux régionales, Nicolas Sarkozy multiplie les signes et les déplacements en direction des agriculteurs, électorat traditionnellement votant à droite.
Il était en visite encore le 21 mai chez un producteur de fraises du Lot-et-Garonne quelques jours après avoir supervisé à l'Elysée la signature d'accords enjoignant la grande distribution à limiter ses marges sur les prix des fruits et légumes en cas de crise.
Mais les visiteurs de cette manifestation retiendront que la plus belle avenue de monde s’est habillée de vert pour 2 jours. Le reste est une autre histoire… que les organisateurs n’ont pas souhaité leur raconter.

Une dizaine d'altiligériens ont fait le déplacement.
Une dizaine d'altiligériens ont fait le déplacement. - © HLP

La Haute-Loire était représentée par une dizaine de Jeunes Agriculteurs

• Mickaël Vacher, secrétaire général des JA 43, faisait partie du petit groupe présent sur laes Champs Elysées. Il donne ses impressions :
« Du moment ou j’ai su qu’une manifestation de cette ampleur aurait lieu à Paris, j’ai été partant à la fois pour y participer et pour motiver un maximum de JA. J’avais beaucoup entendu parler de la grande moisson organisée il y a 20 ans. “Nature Capitale” est un évènementiel du même acabit, mais en 20 ans les agriculteurs et les idées ont évolué. A l’époque, ce sont les acquis de la mécanisation qui avaient été mis en avant avec ce grand champ de blé sur les Champs tandis que là, on insistait davantage sur les respect de la biodiversité, l’environnement... Nous étions 10 JA de Haute-Loire à Paris, avec une forte représentation des cantons de Pradelles, Allègre et Paulhaguet. Pour nous, cela restera un très grand moment ; personne ne s’attendait à un tel enthousiasme. Les contacts que nous avons eu avec les Parisiens furent exceptionnels, avec un soutien de leur part comme on en a rarement vu, beaucoup de fécilitations et d’encouragement à poursuivre ainsi notre travail. Cela faisait vraiment plaisir à voir et à entendre. C’est même dommage que nous n’ayons pas été plus nombreux à faire le déplacement car les échanges avec le public nous ont permis de percevoir une autre vision de notre travail. Ce fut une bonne surprise car ce qui en ressortait était très positif. Et puis il y avait le spectacle : les Champs Elysées étaient noirs de monde, l’affluence était si importante que les arrêts de métro de l’avenue ont dû être fermés au cours de l’après-midi ! À mes yeux, le temps fort restera le repas du dimanche soir. Les échanges que nous avons eu avec les autres organisateurs et les Parisiens m’ont personnellement beaucoup apporté. »

• Jean-Baptiste Bérard JA du canton de Pradellesa lui aussi livré son ressenti : « Enormissime, gigantesque. De toutes les manifestations auxquelles j’ai participé, Nature Capitale restera la plus marquante. Au niveau communication sur le métier, on ne pouvait pas rêver mieux. Le soutien des Parisiens donnait vraiment du baume au coeur car cela contrastait avec la vision habituelle de l’agriculteur montant à Paris pour protester. On peut tirer notre chapeau aux bénévoles et organisateurs car gérer 600 JA et 2 millions de personnes, c’est un travail de titans. Ce que je retiendrai comme le plus beau moment, c’est lorsque nous sommes descendus en bas de l’avenue et que nous avons pu observer cette grande foule ».

Propos recueillis par Charlotte Oudin

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