La Haute-Loire Paysanne 06 mars 2009 à 10h34 | Par Véronique GRUBER

Solidarité tempête, une aide morale et physique

Trois agriculteurs ou anciens agriculteurs du réseau FDSEA/JA de Haute-Loire se sont rendus dans les Landes pour aider des agriculteurs victimes de la tempête "Klaus". L'un d'eux témoigne…

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Les bois ont subi d’importants dommages. (© FDSEA des landes) Sur place, les besoins en main d’oeuvre sont importants. Les dégâts considérables témoignent de la violence de cette tempête.

Des bâtiments agricoles et des maisons d’habitation réduits en miettes, des toits totalement arrachés, des parcelles de bois entières dévastées…, c’est face à ce terrible spectacle que 3 membres du réseau FDSEA-JA de Haute-Loire (Jean-Marc Chausse, Eugène Aubert et Jérémy Cottier) se sont retrouvés en se rendant dans l’un des départements du sud-ouest pour apporter leur aide aux agriculteurs victimes de la tempête du 24 janvier dernier.     
L’un de ces trois bénévoles, Jean-Marc Chausse, éleveur de volailles et de limousines et producteur de fruits rouges à St Romain Lachalm, nous a raconté son séjour dans les Landes.

Le choc des images

Choqué par les premières images de dégâts diffusées à la télévision suite au passage de la tempête, Jean-Marc Chausse n’a pas hésité une seconde dès qu’il a appris qu’une opération solidarité avait été mise en place par la FDSEA de Haute-Loire via la FNSEA.
«Lorsque l’on a vu ces images de bâtiments agricoles détruits, avec ma femme Christelle, nous avons tout de suite pensé aux victimes et à toutes ces années de travail réduites à néant par cette catastrophe climatique. Notre réaction  s’explique peut-être par les difficultés que nous avons nous-mêmes rencontrées lors de mon installation en 1998. En effet, j’ai dû tout créé, racheter du terrain, construire moi-même les bâtiment pour les Limousines et les canards et lancer dans sa totalité la production de fruits rouges (plantations, installation de tunnels et abris). Alors, voir tous ces bâtiments à terre, cela m’a fait mal au coeur !» explique-t-il.
Bien décidé à apporter son aide aux victimes, Jean-Marc Chausse a rejoint deux autres bénévoles Eugène Aubert, retraité agricole de Roche-en-Reigner, et Jérémy Cottier, JA de Rosières qui projette de s’installer.
Le 16 février dernier, les trois bénévoles ont parcouru 650 km (7h30 de voyage) pour rejoindre Montsoué dans le département des Landes.

Dans les Landes : face à un terrible spectacle

«Une fois sur place, nous avons été accueillis par la présidente du syndicat local chargée de nous conduire chez un couple d’agriculteurs victimes : Patrice et Aline Brethoux».
C’est une fois arrivés sur l’exploitation que Jean-Marc Chausse et ses compatriotes ont réellement pu constater l’ampleur des dégâts. «Chez eux, deux bâtiments de stockage étaient au sol ; sous la force du vent, les murs en parpaings n’avaient pas résisté  et les toits avaient été arrachés. Des arbres étaient tombés sur les clôtures des parcs à volailles et les bois étaient totalement détruits. L’armée était déjà intervenue une demi journée avant notre arrivée. Ces agriculteurs nous ont raconté que des vents de 180 km/h s’étaient abattus sur leurs terres provoquant l’arrachage des toits de leurs 2 bâtiments mobiles de volailles» explique Jean-Marc Chausse avec effroi.
Fort heureusement, ces éleveurs landais n’ont pas enregistré de pertes importantes sur leurs animaux (15 000 pintades et poulets des landes par an) qu’ils ont réussi à déménager dans des bâtiments restés intacts.
«Dans ce secteur, certaines maisons d’habitation ont été entièrement dévastées. De nombreuses routes sont restées barrées pendant des jours et les Brethoux n’ont pas eu d’eau ni d’électricité durant 10 jours. Selon les endroits, certaines exploitations agricoles ne refonctionneront pas tellement les dégâts sont lourds !».
Durant quatre jours, du 16 au 19 février, les trois bénévoles altiligériens (chacun équipé de sa propre tronçonneuse) ont apporté leur aide à ce couple d’agriculteurs victimes. «Notre avons surtout fait du bucheronnage pour dégager les clôtures écrasées par les arbres.  Nous avons également ouvert les parcelles qu’ils souhaitent  rapidement semer en maïs. En revanche, nous n’avons pas touché à leurs bâtiments car ils attendaient le passage des experts en vue d’une indemnisation. Après notre départ, il restait encore beaucoup à faire sur cette exploitation !» souligne-t-il.

Un geste de solidarité très apprécié

Les agriculteurs landais ont beaucoup apprécié le geste de solidarité des trois altiligériens. «Ils étaient très heureux à notre arrivée ; je pense honnêtement qu’ils se sentaient dépassés et démoralisés face aux dégâts et au travail à accomplir. En se rendant chez eux, on leur a apporté autant sur le plan moral que physique. Le jour de notre départ, ils se sentaient prêts à poursuivre la remise en état».
Pour Jean-Marc Chausse, cette expérience aura été très enrichissante. «Nous avons été très bien accueillis. Logés et bien nourris (avec les délicieuses spécialités locales !). Ce séjour nous a beaucoup apporté car il nous a permis de découvrir un autre pays et d’autres techniques de travail (en particulier dans le domaine du canard).

Encore de gros besoin dans les Landes et le sud-ouest

J-M. Chausse est heureux d’avoir participé à cette opération de solidarité. «C’est bien que le monde agricole soit solidaire. Pour ma part, je ne l’ai pas fait pour qu’on me le rende. Mais, on ne sait jamais, un jour, je pourrais avoir besoin de ce type d’aide ! Participer à cette aventure nous aide également à relativiser tous nos soucis, on s’aperçoit que  l’on n’est pas toujours les plus malheureux !». Et d’ajouter : «A présent, cela serait bien que d’autres personnes décident d’aller les aider car il y a encore de gros besoins dans ce secteur du sud-ouest».
Durant son séjour dans les Landes, l’exploitation de Jean-Marc Chausse a pu fonctionner grâce au concours de sa femme, conjointe collaboratrice. «Je me suis absenté en hiver, une période plus calme pour mon exploitation ; j’ai pu également compter sur ma femme qui a assuré tout le travail nécessaire».
«Mon mari avait tout préparé à l’avance ; l’alimentation des volailles et des Limousines était prête à donner. Pour le foin, Jean-Marc avait amené les bottes rondes qui étaient prêtes à dérouler. J’ai donc surtout fait de la surveillance d’animaux» explique Christelle, mère de trois enfants.
Jean-Marc Chausse et ses deux camarades de l’opération solidarité sont repartis des Landes les bras chargés de cadeaux (foie gras, magret, vin local…). Les contacts ont été gardés et la perspective d’un nouveau séjour chez les Brethoux est loin d’être impossible, avec un objectif davantage touristique cette
fois-ci.

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