La Haute-Loire Paysanne 22 mai 2019 à 15h00 | Par Véronique GRUBER

Sodiaal veut défendre la valorisation du lait de ses coopérateurs

La section Haute-Loire de la coopérative Sodiaal a tenu son assemblée générale le 17 mai à St Paulien. Avec sa nouvelle marque “Les Laitiers responsables”, Sodiaal entend obtenir une meilleure valorisation du lait au bénéfice de ses producteurs.

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De gauche à droite : Bruno LeCharte, Damien Garnier, Jérôme Aubert, Jean-Michel Javelle, Jean-Paul Picquendar et Rémi Broncy, président de la section Cantal.
De gauche à droite : Bruno LeCharte, Damien Garnier, Jérôme Aubert, Jean-Michel Javelle, Jean-Paul Picquendar et Rémi Broncy, président de la section Cantal. - © HLP

Le 17 mai, les producteurs de la section Haute-Loire qui livrent leur lait à la coopérative Sodiaal, ont assisté en nombre à l’assemblée générale statutaire de leur section. Présidée par Damien Garnier, cette section qui ne concerne qu’une partie de notre département (l’autre dépend de la section Velay-Pilat) rassemble 600 producteurs, dont le volume de production avoisine les 200 millions de litres.
C’est face à une assistance un peu tendue que les responsables de la coopérative, Damien Garnier, Jérôme Aubert (Sodiaal Massif-Central), Jean-Michel Javelle (région Sud-Est), Bruno Lecharte (directeur bassin Sud), ont présenté les résultats de l’activité de la coopérative.
En 2018, Sodiaal a collecté 4,7 milliards de litres de lait auprès de 11 096 exploitations. Parmi les 31 sections que compte la coopérative, celle de la Haute-Loire appartient au bassin Grand Sud, au sein duquel Sodiaal a récemment harmonisé le mode de paiement du lait.
Sodiaal Union collecte le lait et assure la transformation de ce dernier via ses différentes filiales dans les domaines suivants : fromages ; lait, crème et beurre ; nutrition spécialisée ; ingrédients ; ultra-frais et surgelés. Selon Bruno Lecharte : «Un mix produits qui, au final, fait la richesse de la coopérative».
En 2018, une année peu favorable à la consommation de produits laitiers sauf pour le fromage, la coopérative a réussi à conforter un prix du lait à +3€/1000 L par rapport à 2017, si bien que le prix du lait (tous types de lait - lait bio, AOP, lait entier- et ristournes comprises) a atteint 346€/1000 L.


À propos du prix du lait
Dans une conjoncture 2019 bien plus favorable, les producteurs n’ont pas manqué de signaler que certaines entreprises payaient mieux le lait ! Mais pour Jérôme Aubert «il s’agit d’opérateurs qui maîtrisent leur collecte et se délaissent d’une collecte trop coûteuse pour se tourner vers les marchés spot. De notre côté, nous collectons tout le monde et toutes les quantités». Les producteurs présents se sont également interrogés sur la capacité de la coopérative à dégager davantage de résultat.
Toujours sur le prix du lait, Sodiaal a évoqué les États Généraux de l’Alimentation (EGA). Pour Jean-Michel Javelle : «On s’est battus pour les EGA. C’est un bel outil qu’on doit savoir utiliser et tous les acteurs de la profession laitière doivent jouer le jeu».
Sodiaal a profité de ce temps d’échanges avec ses producteurs pour tracer ses perspectives d’avenir.


Développer le lait infantile
La coopérative vise une meilleure valorisation du lait pour ses producteurs.
Elle compte pour cela mettre le paquet sur le lait infantile : un lait très bien valorisé. En rachetant l’usine Synutra dans le Finistère en mars 2019, la coopérative entend dédier ce site à Nutribio et doubler ses volumes de lait infantile.


La marque “Les laitiers responsables”
Fin 2018, Sodiaal a lancé la démarche “Les laitiers responsables” qui repose sur 4 engagements : des vaches élevées au pâturage, le bien-être animal, un lait issu de vaches nourries sans OGM, une meilleure rémunération garantie des éleveurs.
«Pour chaque litre de lait “Les laitiers responsables” vendu, 40 centimes sont répartis entre tous les producteurs de notre coopérative Sodiaal» a expliqué Jean-Paul Picquendar, directeur des laits segmentés chez Sodiaal. «On se doit de défendre de la valeur pour nos associés coopérateurs par le biais de cette marque» a ajouté Jean-Michel Javelle. En parallèle à cette démarche, la coopérative entend poursuivre son développement sur le lait bio.
«Et que fait-on du lait issu de troupeaux qui ne pâturent pas et qui sont hors filière “sans OGM” ?» s’offusque une productrice ! «Nous avons de quoi utiliser tous les laits et il y a une vraie complémentarité entre les laits au sein de Sodiaal» a  répondu Jérôme Aubert.
Certains producteurs ont ouvertement accusé Sodiaal de devenir une coopérative inhumaine et éloignée des producteurs. Sur ce point Jérôme Aubert a souligné : «une coopérative, par définition, c’est presque une Cuma. Dès que sa taille devient considérable, on parle de groupe coopératif et cela choque. Pourtant, sans cette taille-là, on est tous morts ! On a besoin de la mutualisation de toutes les zones et de nos différents produits».
Quant à son métier des surgelés, une activité qui affiche des résultats positifs mais qui nécessite très peu de lait, Sodiaal s’interroge sur son devenir en son sein. «C’est un métier très concurrencé qui s’est restructuré et qui va nécessiter  des investissements dans notre parc d’usines» a expliqué Bruno Lecharte, directeur du bassin Sud.

Sodiaal en chiffres
11 096 exploitations
Plus de 20 000 sociétaires
9 100 salariés
70 sites industriels
4,7 milliards de litres de lait collectés
71 départements de collecte
31 sections
Section Haute-Loire : 600 producteurs

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