La Haute-Loire Paysanne 15 octobre 2010 à 09h53 | Par Véronique GRUBER

Service de remplacement 43 : une garantie en cas d'accident ou maladie

Denis Pignol, immobilisé suite à un accident du travail, ne peut plus compter sur sa femme, victime elle-aussi d'une fracture. Il fait appel au service de remplacement. N'ayant pas cotisé en 2010, la facture est plutôt élevé. Pour 2011, c'est sûr, cet exploitant va prendre sa cotisation "car on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie".

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Denis Pignol avec Jérémy Lèbre, l’un des salariés du GEDRA en poste à Savignac.
Denis Pignol avec Jérémy Lèbre, l’un des salariés du GEDRA en poste à Savignac. - © HLP

Denis Pignol élève un troupeau de 40 vaches laitières Abondance à Savignac sur la commune de Thoras. Ces derniers mois, cet éleveur a accumulé les coups durs dans le domaine de la santé.
En février dernier, Denis a glissé dans sa stabulation et a été victime d’une rupture du tendon de la coiffe de l’épaule. Un accident du travail qui l’a immobilisé immédiatement et qui l’empêche encore aujourd’hui d’exercer son métier d’éleveur. N’ayant pas renouvelé sa cotisation au service de remplacement 43 depuis 15 ans, Denis s’est tout de suite tourné vers sa femme Josiane, conjointe collaboratrice, pour assurer les tâches quotidiennes de la ferme.
«Nous nous sommes organisés de la manière suivante. Moi je décidais des tâches à réaliser (traite, alimentation du cheptel…) et elle les exécutait. Pendant les fenaisons d’été, elle a également travaillé seule» : explique Denis Pignol.

Le service de remplacement et sa femme prennent le relais

Les choses se sont un peu compliquées lorsque Denis a dû se faire opérer de son épaule. «N’étant plus là pour conseiller ma femme, j’ai alors préféré faire appel à une aide extérieure. Nous avions la possibilité d’embaucher un salarié pendant au moins 6 mois, mais nous avons préféré le service de remplacement car nous connaissions déjà ce service pour y avoir fait appel à l’occasion de la naissance de nos filles en 1987 et 1991. Et à l’époque, nous avions été satisfaits. D’autre part, avec le service de remplacement, nous n’avons pas à nous occuper de la comptabilité et de la gestion du salarié et surtout, si un quelconque problème survient avec le salarié, le groupement se charge de le régler rapidement », explique Denis.

Deuxième coup dur

Denis avait tout planifié. Un salarié travaillerait sur sa ferme durant 6 jours, le temps de son opération et jusqu’à son retour à Savignac. Sa femme prendrait alors de nouveau le relais après le départ du salarié. Mais le destin en a décidé autrement.
Le 28 août, alors que sa femme prend soin d’une vache malade couchée, elle reçoit un coup de tête de l’animal dans la jambe. Diagnostic : une double fracture du tibia péroné. Josiane est à son tour immobilisée et pour de longues semaines.
Face à ce coup du sort, Denis Pignol n’a eu d’autres choix que de faire de nouveau appel au service de remplacement.
Pour que cette exploitation fonctionne correctement, un salarié et demi a été mis à disposition ; un service qui coûte cher à cet éleveur car il n’adhérait pas au groupement jusqu’à présent. Il doit donc assumer la quasi intégralité du coût du service (voir encadré sur les coûts du remplacement agricole).
La facture du service de remplacement pour le mois de septembre s’élève entre 3 000 et 4 000 euros. L’arrêt de travail de Denis et de sa femme étant encore loin de prendre fin, Denis doit se préparer à payer des factures à peu près identiques pour les mois d’octobre et de novembre.
«C’est un coût très lourd pour la trésorerie de mon exploitation. Mais j’ai toujours économisé, d’ailleurs nous n’avons pas de tracteur neuf. Et pour l’instant, j’arrive à assumer cette charge de main d’oeuvre» explique Denis.
Depuis ces mésaventures, Denis a bien entendu payé sa cotisation au service de remplacement.
«Au 1er janvier 2011, il est certain que je reprendrai ma cotisation  car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans la vie !» avoue Denis.
Pour répondre encore au mieux aux besoins des agriculteurs victimes d’accidents ou de maladies, le service de remplacement propose à partir de 2011, deux options dans le cadre de l’aide apportée par Groupama (voir encadré ci contre).
Denis Pignol pense opter pour l’option 2  (dont la cotisation assurance annuelle s’élève à 229 euros) « car elle m’aurait bien aidé dans mon cas précis ».

Coût du remplacement agricole

• Dans le cas de Denis Pignol (non adhérent au service de remplacement 43) :
Coût d’une journée de remplacement : 146 euros
De ce total, Denis peut déduire les aides suivantes : 30 euros du Conseil Général (pendant 120 jours) ainsi que 11 euros émanant du Crédit Agricole (durant 20 jours)
Coût à la charge de Denis Pignol : 105 euros par jour

• Dans le cas d’un adhérent :
Coût d’une journée de remplacement : 146 euros
De ce total, l’adhérent déduit 11 euros du Crédit Agricole (pendant 20 jours) et 80 euros émanant de Groupama via la cotisation assurance proposée par le service de remplacement 43 (pendant 30 jours).
Coût à la charge de l’adhérent : 55 euros par jour
Denis Pignol aurait donc économisé 50 euros pendant 30 jours.

 

En 2011 : deux options au choix

Dans le cadre de l’aide attribuée par Groupama, le service de remplacement (dont l’adhésion annuelle s’élève à 48 euros) propose deux options au choix :
- une cotisation-assurance à 166 euros par an où l’agriculteur sera remplacé pendant 60 jours pour le motif accident à 80 euros d’aide par jour et durant 57 jours pour le motif maladie avec 60 euros d’aide.
- une cotisation-assurance à 229 euros par an où l’agriculteur est remplacé pendant 120 jours pour le motif accident à 80 euros d’aide, et pendant 117 jours pour le motif maladie à 60 euros d’aide.
Les tarifs annuels de la cotisation assurance présentés ci dessus couvrent une seule  personne ; plusieurs personnes peuvent être assurées
(Option 1 : 166 euros pour une personne, 332 pour deux personnes, 498 pour 3 personnes ; Option 2 : 229 euros pour une personne, 458 pour deux personnes, 687 pour trois personnes).
Notons que chaque adhérent doit faire connaître son choix avant le 15 octobre.

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