La Haute-Loire Paysanne 03 mai 2012 à 13h57 | Par S.Marion

SDAE - Une intervention sur le don d’organes qui suscite émotion et réflexion

La section départementale des anciens exploitants de la FDSEA était en assemblée générale le 27 avril à St Paulien. Au programme : les retraites dossier prioritaire qui doit rester le cheval de bataille de la SDAE, et le don d’organes.

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Les anciens exploitants avaient pris place dans la salle de cinéma du chomeil à St Paulien.
Les anciens exploitants avaient pris place dans la salle de cinéma du chomeil à St Paulien. - © HLP

Les adhérents de la SDAE (Section Départementale des Anciens Exploitants Agricoles) de la FDSEA ont rejoint en nombre la salle de cinéma du Chomeil à St Paulien pour assister à l’assemblée générale de leur section.
La session a démarré avec l’intervention du Ministre Laurent Wauquiez venu livrer sa vision de l’agriculture de Haute-Loire pour les prochaines années et faire le point sur les avancées en matière de retraite. Sur ce dernier point qui intéresse plus particulièrement les anciens exploitants, le ministre a indiqué : «Des choses ont été faites et d’autres restent à faire. Durant 5 ans, il y a eu des évolutions intéressantes pour les retraites agricoles. La retraite de base a été revalorisée de 350 e par an. Le capital de l’exploitation a été exclu de l’assiette de recouvrement sur succession de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Je note aussi la suppression de la condition de la durée minimale d'affiliation dans le statut de chef d'exploitation pour bénéficier du montant minimal de pension et encore l'extension de la retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux. Notons également la réversion au conjoint survivant de 54% des points RCO…».
Jean-Claude Chalencon, président de la SRAE (Section Régionale des anciens exploitants) Auvergne-Limousin a signalé l’augmentation de 2,10% des retraites en avril 2011 et en avril 2012. Deux hausses qu’il juge bien insuffisantes : «Notre pouvoir d’achat diminue. Nous revendiquons l’application de la loi Fillon de 2003, c’est à dire, pour une carrière complète, on demande à toucher 75% du Smic».
La pension des agriculteurs retraités dont la carrière est complète est encore loin d’atteindre les 75% du SMIC (soit 825e). Jean-Claude Chalencon a fait le calcul devant la salle (voir encadré).

Les retraites : dossier prioritaire
Les anciens exploitants de la FDSEA réclament aussi une prise en compte des 25 meilleures années dans le calcul de leur retraite et souhaitent que le dossier de la dépendance soit réouvert au niveau national.
Jean-Claude Chalencon a évoqué tout le travail conduit autour des pétitions sur les retraites agricoles remises dernièrement aux candidats à la présidentielle, et a annoncé une prochaine rencontre avec les candidats à la députation à Aubière dans le Puy-de-Dôme ; l’objectif sera de sensibiliser les élus aux problématiques des territoires ruraux.
La défense des retraites reste le dossier prioritaire de la SDAE 43.
C’est ce qu’a indiqué le président de la section, Jean Beraud, dans son rapport moral : «la situation des retraites agricoles doit rester le cheval de bataille numéro un au sein de la SNAE. Les actifs au sein de la FNSEA doivent en prendre conscience et nous soutenir car l’augmentation demandée pour atteindre l’objectif des 75% du SMIC dans un premier temps et 85% dans les 5 ans à venir pour des carrières complètes, passe par l’augmentation de la RCO et de sa cotisation».
Les anciens exploitants se préoccupent de l’avenir de l’agriculture en favorisant les transmissions-installations : «les anciens doivent être compréhensifs et faciliter les démarches et installations des jeunes en acceptant de céder les terres et les exploitations à prix raisonnables» a expliqué Jean Beraud.
La disparition des services en milieu rural est une source d’inquiétude pour la SDAE. L’accès au très haut débit, la présence de structures d’accueil et de formation pour les enfants, la présence du corps médical à travers la création de maisons de santé, autant d’enjeux primordiaux pour les territoires ruraux sur lesquels la SDAE aimerait constater des améliorations.

 

Calcul d'une pension

Un agriculteur liquidant ses droits en 2012 à 60 ans + 9 mois et ayant côtisé une carrière complète soit 164 trimestres (41 ans), bénéficiera d’une retraite forfaitaire de 276,39 e, d’une retraite proportionnelle de 365,34 e et d’une retraite complémentaire obligatoire de 101,40 e. Le total mensuel perçu par les agriculteurs qui sont dans ce cas-là s’élève à 743,13 euros. «On est donc encore loin des 75% du SMIC qui s’élève à 825 e» a indiqué Jean-Claude Chalencon.

Cathy et Georges Fonton de l’ADOT 43.
Cathy et Georges Fonton de l’ADOT 43. - © HLP

Le don d’organes : parlez-en à vos proches

La SDAE avait invité Georges Fonton, président de l’association ADOT 43 (Association pour le don d’organes et de tissus humains). 
«Chaque année, sur 500 000 décès, 3500 personnes sont en état de mort encéphalique, un état rare et irréversible qui seule permet la greffe. Or, sur ces 3500 morts en 2011, 33 % ont refusé le don d’organes en s’inscrivant de leur vivant sur un registre national des refus et 1572 ont pu être prélevés, ce qui a permis de réaliser plus de 4945 greffes. Toutefois, à l’heure actuelle presque 16 000 personnes restent en attente de greffes et 300 personnes ont perdu la vie faute de greffes».
Que dit la loi ? La loi de 1976 (qui ne dit mot consent) a été complétée en 1994 par une nouvelle loi bioéthique qui conditionne le prélèvement d’organes au recueil du témoignage de la famille. C’est pour cette raison que Georges Fonton invite tout le monde à échanger sur le sujet avec des proches.

Pas d’âge pour donner
Il n’y a pas d’âge pour donner ou pour être greffé. Le don est gratuit, anonyme et le prélèvement s’effectue dans le respect du corps de la personne décédée.
Que peut-on donner ? Coeur, poumon, foie, pancréas, intestins, rein, cornée, peau, valves cardiaques, os, tandon, ligament et moelle osseuse. Sachez que de son vivant, il est possible de donner un rein, de la moelle osseuse ou une partie du foie.
Greffé du coeur suite à un infarctus, Georges Fonton a plongé la salle dans une profonde émotion en racontant son parcours difficile et par ailleurs plein d’espoir. Une intervention très enrichissante qui a certainement suscité la réflexion parmi les adhérents de la SDAE.

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