La Haute-Loire Paysanne 15 mars 2012 à 16h29 | Par S.Marion

Sanitaire - Vigilance sur le Virus de Schmallenberg (SBV)

Plusieurs centaines de cas d'infection par le virus Schmallenberg ont déjà été mis en évidence en France. Un premier cas a été diagnostiqué en Haute-Loire ; le bovin venait de Haute-Marne et il entrait juste sur le département. Ce «nouveau» virus est à surveiller de près.

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Le virus a été diagnostiqué dans 670 élevages en France.
Le virus a été diagnostiqué dans 670 élevages en France. - © GDS

Le virus Schmallenberg (SBV) a été identifié pour la première fois fin 2011 chez des ruminants (ovins, bovins et caprins) en Allemagne, aux Pays-Bas. Les premiers cas ont été mis en évidence en France au 25 janvier 2012.
Au 9 mars 2012, 1 614 cas sont recensés en Europe dont 670 élevages en France. Un premier cas en Haute-Loire vient d’être diagnostiqué. Ce cas est rattaché au département de la Haute-Marne car le bovin en question venait d’être livré avant d’avorter en Haute-Loire.
Ce nouveau virus, jamais identifié jusqu'à maintenant, s’apparente à une famille de virus connus (Orthobunyavirus). Ce virus est très vraisemblablement transmis par des insectes piqueurs, des Culicoïdes mais peut-être aussi par des moustiques. Le risque de transmission à l’homme est très improbable (aucun élément en ce sens actuellement).

Quand suspecter le virus de schmallenberg ?
Le virus de schmallenberg entraîne à priori des symptômes bénins sur les adultes (hyperthermie ; diarrhée…). Par contre, l’infection des femelles en gestation engendre des avortements et/ou des malformations et des symptômes nerveux sur les nouveau-nés. 
La grande majorité des cas sont décrits chez les ovins mais les bovins et caprins sont aussi sensibles à la maladie.

Conduite à tenir en cas de suspicion
La vigilance concerne l’ensemble des ruminants mais plus particulièrement les ovins. En cas de naissance d’un agneau, veau ou chevreau malformé, il est essentiel de contacter son vétérinaire sanitaire qui fera les prélèvements nécessaires sur la mère ainsi que sur les avortons et les jeunes présentant des malformations ou des troubles nerveux.
Les frais de prélèvements et d’analyses sont entièrement pris en charge par l’Etat.
La déclaration des cas doit permettre de mieux connaître cette infection pour y faire face.
Il n’y a aucune restriction réglementaire en cas de suspicion ou de confirmation de la maladie.

Informations disponibles sur www.gds43.fr

QUESTIONS/RÉPONSES :

Un virus nommé « Schmallenberg »

Qu’est ce que cette maladie ?
La  maladie  est  provoquée  par  un  virus  appelé  « Schmallenberg »  (du  nom  de  la  ville allemande où ont été identifiés les premiers cas dans ce pays). Ce virus émergent aurait une transmission vectorielle (moustique ou moucheron) qui s’apparenterait  à  celle  de  la  fièvre catarrhale du mouton. L’infection à virus Schmallenberg a été détectée chez des ruminants domestiques : bovins, ovins et caprins. En Allemagne, un bison a également été trouvé infecté.

Comment se manifeste la maladie ?
Deux formes cliniques distinctes ont été rapportées : d’une part des signes cliniques de diarrhées fébriles,  pertes de production laitières (sur les vaches laitières) à l’été et à l’automne sur des vaches et veaux, et d’autre part des fœtus ou des nouveaux-nés présentant des malformations et des troubles neurologiques chez des agneaux, chevreaux et veaux depuis décembre 2011.
Les  malformations  observées  chez  les  nouveaux-nés depuis le début de l’année en France reflètent une contamination des animaux au cours de l’été et de l’automne 2011.

La maladie fait-elle l’objet de recherche ?
La  maladie provoquée par le virus de Schmallenberg étant une  maladie  nouvelle,  des investigations  sont  nécessaires pour mieux  la  connaître. La  communauté  scientifique, en lien avec les organisations professionnelles et les pouvoirs publics, s’est mobilisée pour lancer  des  programmes  de  recherche,  destinés  à  mieux  appréhender  les  modalités  de diffusion, le mécanisme d’action du virus, mettre  au  point  des  outils  diagnostiques  et  des
vaccins.

Une immunité naturelle existe-elle chez un animal infecté ?
Les animaux infectés développent une réaction  immunitaire qui est d’ailleurs exploitée pour le développement d’un test diagnostique, sérologique faisable à partir d’une prise de sang.
Cependant  des  travaux  de  recherche  sont  nécessaires  pour  savoir  à  partir  de  quand  et comment cette réaction protège les animaux.

Pendant combien de temps un animal reste-il contagieux ?
Les premiers résultats indiquent que lors d’infections expérimentales le virus ne peut pas être détecté plus de 2 à 5 jours dans le sang, ce qui suggère que les animaux ne seraient pas contagieux plus de quelques jours. Toutefois  cela doit être confirmé par d’autres résultats,  notamment  en  ce  qui  concerne  les petits des mères affectées.

Ce virus peut-il se transmettre à l’homme ?
Aucun cas de contamination humaine n’a été signalé parmi les individus exposés (éleveurs, vétérinaires,  techniciens d’élevage). Les virus les plus proches génétiquement du virus Schmallenberg ne provoquent pas de maladie chez l’homme.

Des mesures réglementaires sont-elles appliquées dans les élevages infectés ?
Il n’existe pas de réglementation spécifique à cette nouvelle maladie. Compte  tenu du faible risque  de  transmission  de  cette  maladie  vectorielle  en  hiver,  aucune  restriction  particulière
n’est appliquée dans les exploitations infectées. Toutefois, il est rappelé que d’une façon générale, les animaux malades ne doivent pas être déplacés.
Par ailleurs, un dispositif de surveillance clinique (surveillance évènementielle) permettant de détecter  la  présence  du  virus  Schmallenberg  en  France  métropolitaine  a  été  mis  en  place dès le début janvier 2012 par la DGAl.

Existe-t-il un vaccin contre le virus Schmallenberg ?
A  ce  jour,  il  n’existe  aucun  vaccin  contre  le  virus  Schmallenberg.  Cependant  des programmes de recherche sont déjà en cours.

Les vétérinaires ont-ils été informés de la conduite à tenir en cas de suspicion ?
Oui,  les  vétérinaires  ont  été  informés  de  même  que  les  éleveurs.  Un  dispositif  de surveillance  clinique  (surveillance  évènementielle)  permettant  de  détecter  la  présence  du virus Schmallenberg en France métropolitaine a été mis en place dès le début janvier 2012 par la DGAl.  L’objectif principal du dispositif de surveillance évènementielle est de connaître la distribution géographique  de  la  maladie  pour  les  principales  espèces  de  ruminants  domestiques  et, comme objectif secondaire, de suivre dans le temps l’évolution  quantitative  du  nombre  de troupeaux infectés.

Des prélèvements sont-ils réalisés dans les cheptels suspects ?
Oui. Un prélèvement de cerveau est réalisé sur le cadavre de nouveau–né présentant des symptômes évocateurs du virus Schmallenberg en vue d’analyse et une prise de sang est réalisé sur la mère.  

Y a-t-il des conséquences sur les échanges intra-communautaires et les exportations vers les pays tiers, d’animaux issus de cheptels infectés ?
La  commission  européenne  considère  que  les  mesures  de  restriction  sont  inutiles.  En revanche,  pour  les  exportations  vers  les  pays  tiers,    plusieurs  pays  ont  décidé  des restrictions  pour  les  ruminants  et  certains  produits  de  ruminants.  Les  autorités  sanitaires françaises  et  la  Commission  européenne  travaillent  à  limiter  ces  divers  embargos.  Les mesures  d'embargo  prises  par  les  pays  tiers,  ainsi  que  les  actions  mises  en  oeuvre  par  la
DGAL pour y répondre peuvent être consultées sur le site public Exp@don (https://www.teleprocedures.office-elevage.fr/expadon/presentation/accueil.aspx)

Document élaboré avec le concours de la Direction Générale de l'Alimentation (DGAl) et la DDSCPP43

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