La Haute-Loire Paysanne 24 octobre 2019 à 14h00 | Par Véronique GRUBER

S’installer et développer l’atelier porcin du Gaec

Sylvain Bard, salarié sur le Gaec de Clamonet, deviendra bientôt le troisième associé de cette exploitation familiale qui produit du lait et des porcs. D’ici deux ans, le Gaec devra de nouveau évoluer avec le départ en retraite d’un associé.

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Sylvain Bard : "Être agriculteur, c’est prendre ses propres décisions et avoir le privilège de travailler pour soi».
Sylvain Bard : "Être agriculteur, c’est prendre ses propres décisions et avoir le privilège de travailler pour soi». - © HLP

À 28 ans, Sylvain Bard fils d’agriculteurs, est sur le point de s’installer après quelques années de salariat dans une coopérative agricole et sur l’exploitation familiale qu’il rejoindra  bientôt : le Gaec de Clamonet à Lorlanges. D’ici fin 2019, il sera associé au même titre que son père Serge et son cousin Julien. L’exploitation, sur laquelle sa mère Martine est conjointe collaboratrice, est à ce jour orientée sur deux productions : le lait (avec 55 vaches Prim’Holstein pour une référence de 367 000 L livrés à Sodiaal) et les porcs avec 90 truies productives. Les Bard sont naisseurs, engraisseurs et multiplicateurs et livrent leur production à la CAPP (Coopérative Agricole des Producteurs de Porcs) du groupe Altitude.
Anticiper le départ en retraite de son père
Sur cette ferme, le porc a toujours été présent et les associés s’emploient aujourd’hui à la conforter ! Le projet d’installation de Sylvain porte d’ailleurs sur cette production. «Avec mon installation, nous avons prévu d’agrandir l’atelier porc, en passant de 90 à 240 truies. Pour cela, d’ici quelques mois, nous allons faire construire 2 nouveaux bâtiments près de l’ancienne porcherie. Nous voulons agrandir les postes naissage et engraissement et conserver la multiplication à son niveau actuel» explique Sylvain qui anticipe en évoquant le futur départ en retraite de son père dans 2 ans. «Notre projet avec Julien, c’est d’arrêter le lait au départ de mon père et de mettre en place un atelier de vaches allaitantes (moins gourmand en main d‘oeuvre) pour occuper le bâtiment des vaches laitières et valoriser les parcelles non mécanisables. Le bâtiment des vaches laitières est ancien et nécessiterait d’être reconstruit à neuf» explique-t-il. Julien et Sylvain ont réfléchi à leur organisation du travail une fois qu’ils ne seront plus que deux : «Avec le lait et les porcs, Julien et mon père, avaient du mal à se libérer des week-end et à prendre des congés. Or, avec Julien, nous tenons à nous dégager du temps, à terme un week-end sur deux et partir quelques jours en vacances, ce qui devrait être possible avec les porcs et les vaches allaitantes».  
Développer l’atelier porc
Les Bard misent donc sur le porc, une production que Sylvain a appris à aimer sur l’exploitation et lors de ses 4 années de salariat dans la coopérative porcine de Coste Chaude, en tant que responsable du pôle reproduction puis du pôle maternité. «“La production porcine est intéressante notamment pour son côté technique. Pour s’en sortir, il faut être pointu et les cycles courts du porc permettent d’obtenir des résultats rapidement. Je suis plutôt confiant en l’avenir car on peut compter sur les débouchés de notre coopérative et sur son soutien». Quant au salariat, s’il a été très formateur pour lui, il préfère le statut d’agriculteur, qui lui permet «d’avoir le privilège de travailler pour soi. Un statut qui a ses bons comme ses mauvais côtés ! J’ai toujours voulu être agriculteur et je ne m’imaginais pas travailler ailleurs».
Même si ces éleveurs n’ont jamais ressenti de réticences particulières de la part du voisinage direct à l’égard de la production porcine en général, les Bard ont décidé d’aller au delà des exigences de la réglementation  sur le bien-être animal pour le futur logement des truies en maternité : «Nous avons prévu 6 m2 par truie au lieu de 4,40 m2/truie (prévus par la réglementation). Dans la même optique, l’autre bâtiment disposera d’une aire paillée en vue de produire du porc haut de gamme sous l’appellation “Capelin” ». Autant d’évolutions pour anticiper une future demande de la part des consommateurs... Ces derniers veillent à travailler dans le respect de leurs voisins : «Nous n’épandons pas les week-end et jamais à proximité des villages».
Malgré son travail très prenant, le parcours d’installation qui se termine et son projet en cours de rénovation d’une maison d’habitation, Sylvain arrive à s’échapper de la ferme pour rejoindre le Sporting Club Brivadois pour la pratique du rugby. Un sport qui lui permet de souffler et d’évacuer le stress, tout comme les sorties entre amis.

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